BALADE ENTRE LES TOMBES
A Walk Among the Tombstones - Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Balade entre les tombes »
Genre : Policier
Réalisateur : Scott Frank
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 114 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 16 février 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Balade entre les tombes »
portoflio
LE PITCH
Matthew Scudder, ancien flic devenu détective privé, est engagé par un trafiquant de drogue pour retrouver les kidnappeurs et assassins de sa femme. Tueur en série ? Crime mafieux ? Matthew va devoir éclaircir une histoire bien plus sombre qu’il ne le pensait.
Partagez sur :
peur sur la ville

Qui aurait cru il y a une dizaine d'années que Liam Neeson serait désormais associé à gunfights, poursuites et punchlines mortelles ? Sûrement autant de monde que ceux qui pourraient l'imaginer de nos jours dans autre chose qu'un ersatz de Taken.

La recette est simple. On prend Neeson, on lui kidnappe sa fille, on lui vole son passé, on le met dans un avion détourné... autant de situations que l'on associait à une époque à Wesley Snipes, Steven Seagal, mais pas Oscar Schindler. Et pourtant il suffit de jeter un coup d'œil très rapide à sa filmographie récente pour se rendre compte qu'il joue régulièrement dans des rôles très éloignés de Bryan Mills. De Le Territoire des loups à Albert à l'Ouest en passant par Battleship, il serait complètement faux de dire que Neeson joue toujours la même chose. C'est pourtant comme ça que certains films sont encore vendus. C'était le cas de Balade entre les tombes. Image sombre, un flingue à la main, il est facile pour le spectateur de se dire que Neeson va taper des albanais ou est en recherche de 100g chouquettes après qu'un boulanger suspicieux ait tenté de lui refiler du pain aux noix à la place. C'était sans compter sur Scott Frank, qui si il ne signe ici que son second film en tant que réalisateur, a tout de même écrit Minority Report, Hors d'Atteinte et Wolverine : Le combat de l'immortel et compte bien faire de cette adaptation d'un polar hard-boiled un film « à l'ancienne ».

 

the vigilante


S'ouvrant sur le passé de son protagoniste, Balade entre les tombes, annonce tout de suite dans quelle cour Neeson et Scott Frank vont jouer. Présent au mauvais endroit au mauvais moment, l'officier Matt Scudder va dessouder sans cligner des yeux des braqueurs se trouvant dans le bar où il vient régulièrement s'alcooliser. Tel Harry Callahan et son hot-dog magnumisant à tout va, Scudder arrose la rue de son colt .45 sans se soucier de ce qui l'entoure. Une courte séquence d'introduction indiquant clairement les influences et les intentions de Scott Frank : revenir à l'époque du polar 70's et de ses héros à la fois tourmentés, profonds et charismatiques. Quelques années plus tard, ayant quitté la police, devenu détective privé, habitué des Alcooliques Anonymes, Scudder accepte de retrouver les assassins de la femme d'une jeune et prospère trafiquant de drogue. Bien que situé à l'aube du passage à l'an 2000, le spectateur peut tout de suite s'imaginer à un croisement entre le cinéma de Sidney Lumet et les romans de détectives à la Raymond Chandler. Scudder est à l'opposé d'un personnage comme David Mills. C'est un dur à cuire certes, mais un personnage empli de doutes avant tout. Un homme dégouté par les horreurs que certains criminels peuvent commettrent et hanté par ses propres fantômes. L'argent n'est pas son unique but. C'est une certaine forme de rédemption, de récupération de son âme qu'il recherche en faisant respecter non pas la loi, mais la justice.

 

Detective Story


La grande qualité de scénariste de Scott Frank est omniprésente sur tout le récit. Alors qu'il réalise un film tout en subtilité, ne cherchant jamais la surenchère visuelle, c'est bien la qualité d'écriture qui prédomine sur l'ensemble du film. Frank accorde énormément de temps à ses personnages. Il s'attarde sur eux, leur crée une importance relative et n'hésite pas à sortir de son intrigue principale pour en approfondir certains, à l'image du jeune « sidekick » de Scudder, T.J. , un enfant solitaire débrouillard. Etrangement, les tueurs du film ne bénéficient pas de la même application et laisse une impression de légèreté dans le traitement. Malgré une ambiance pesante mais jamais glauque, il est vraiment surprenant de voir des antagonistes aussi peu effrayants et en opposition avec ce que le spectateur est censé ressentir. Le film ne reposant sur aucun twist, aucun suspense haletant (on sait rapidement qui sont les tueurs), ces personnages manquent cruellement de profondeur et de caractérisation et ne créent pas de réel opposition. C'est le seul défaut que l'on pourrait reprocher au script de Scott Frank. Il n'en reste pas moins que Neeson y signe là son meilleur rôle depuis plusieurs années et qu'on le préférerait le voir rempiler dans la peau de ce détective sombre (il existe une quinzaine de romans dont il est le héros) plutôt que d'aller flinguer à tout va chez Besson.

François Rey












Partagez sur :
 

Image :
La photo de Mihai Malaimane Jr est parfaitement retranscrite grâce à une image de grande qualité. Que ce soit dans les très rares scènes de jour ou les nombreuses scènes de nuit, les contrastes nets, les noirs solides et la colorimétrie à ambiance polar 70's type Serpico permettent d'apprécier pleinement des plans d'une clarté exemplaire, rehaussés par un découpage sobre. Aucun défaut de compression à noter.

 


Son :

On pourrait fermer les yeux que l'on se croirait tout de même dans le film. Que ce soit la fusillade d'ouverture dans laquelle les détonations des armes se mêlent à l'ambiance paisible de la rue ou les nombreux dialogues en extérieurs, la spécialisation est respectée. Une répartition multicanale intelligente, n'étouffant jamais les dialogues tout en laissant les champs libres à la musique de Carlos Rafael Rivera. On ressent qu'un travail important sur le mixage sonore fut effectué, tant les voix peuvent sonner différemment entre un toit en proie au vent ou une cave délabrée.

 


Interactivité :
On reste dans le domaine du très classique. Le bonus « Liam Neeson à Paris », divisé en deux, oscille entre une featurette absolument inutile (à moins que vous soyez la personne en train de le prendre en photo lorsqu'il descend les marches) et une interview dont on ne retiendra que ses impressions sur sa carrière depuis 6 ans et son ressenti sur ce qu'il appelle lui-même les « Liam Neeson Movies ». Le reste n'est que de la redite par rapport à ce que l'on trouve dans les trois autres vidéos, dont le making-of « Derrière les tombes », où l'on apprend l'origine du personnage, les intentions artistiques de Scott Frank et le rapport de Neeson au polar hard-boiled. Des vidéos courtes, où l'on sent bien l'aspect promo, mais intéressantes. Dommage que les bonus ne proposent rien de technique, tant il y aurait eu à apprendre sur le travail de l'image et du son.

Liste des bonus : Liam Neeson à Paris (arrivée à l'avant-première 1'08 + entretient 4'13) - Face à face (4'49) - Du livre à l'écran (6'27) - Derrière les tombes (12'08) - Bandes annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022