[REC]4 APOCALYPSE
[REC]4 Apocalipsis - Espagne - 2014
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Genre : Horreur
Réalisateur : Jaume Balaguero
Musique : Arnau Bataller
Image : 2.35 16/9
Son : Espagnol DTS HD Master Audio 7.1 et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 25 mars 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après les terribles événements qui ont ravagé l’immeuble de Barcelone, une unité d’élite est envoyée pour mettre un terme au chaos. Seule une survivante est retrouvée : la journaliste Angela Vidal. Mise en quarantaine pour subir une batterie de tests et coupée du monde dans un quartier de haute sécurité, les médecins vont tenter de découvrir l’origine du mal. Le compte à rebours est lancé…
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Désinfectant

Quatrième et ultime chapitre de la « saga » [REC], Apocalypse se laissait espérer comme d'authentiques retrouvailles avec les montagnes russes du premier film, galvanisé qui plus est par l'abandon du « found footage » sérieusement passé de mode. Mais à l'arrivé, on est quand même pas très loin du rendez-vous manqué.

Dans le cinéma, comme partout, il y a ceux qui essayent et ceux qui réussissent. A ce tire le duo espagnol Balaguero / Plaza avait scotché littéralement l'audience en délivrant un premier [REC] jubilatoire et malin qui poussait enfin le found footage dans des stratosphères horrifiques traumatisantes et excitantes. Une expérience devenue moins maîtrisée, mais presque plus nerveuse pour un [REC]2 injustement boudé par certains, mais qui, ne le cachons pas, aurait dû s'arrêter là. Sans doute poussé par le succès et les yeux doux de Filmax, les deux réalisateurs acceptèrent pourtant de délivrer deux autres films, sonnant trompeusement comme une préquelle (Genesis) et un grand final (Apocalypse) où chacun laisserait l'autre donner sa propre orientation. Le vaudeville zombiesque assez pataud de Paco Plaza montrait alors autant une volonté de s'écarter du carcan initial (disparition progressive du found footage, comédie assumée), tout autant qu'une incapacité à ouvrir le récit à un nouveau souffle. Après avoir signé le glaçant Malveillance, c'est donc désormais au doué Jaume Balaguero (Darkness, Fragile...) de revenir aux mésaventures de l'ex journaliste Angela, pour ce qui s'annonçait comme un «retour aux sources» barbare, tendu et définitif.

 

"oooh mon bateau-ô"


Dur. De l'amplitude annoncée (toujours ce satané titre) il n'y sera jamais question, [REC]4 se retrouvant a nouveau en espace confiné par un alibi scénaristique assez facile, et qui d'une certaine façon ne sera jamais exploité autrement que par son décor. Toujours habile dans sa mise en scène, Balaguero réussit bien entendu à jouer a merveille avec les sensations d'enfermement en construisant ses cadres comme des murs claustrophobies, distille quelques restes du schéma d'origine (les vidéos de surveillance plus comme un clin d'œil), accélère le montage et perturbe le champ à chaque attaque d'infecté (comme un rappel donc) et enquille ici, efficacement, un film d'horreur pas forcément flippant, mais direct et divertissant. Quelques vraies bonnes séquences viennent relever le tout, comme la tentative d'opération à cœur ouvert et sans anesthésie de la pauvre Angela ou la redécouverte de l'efficacité gore d'une moteur de bateau, mais tout semble construit sans passion, sans conviction. A l'instar d'un sur-twist franchement naze, d'une fin ouverte que l'on préférait oublier, ou du défilé de personnages (tous secondaires) qui font office de simples victimes en devenir. Finalement dans tout cela, on ne reconnaîtra le talent de Balaguero que dans sa réappropriation des codes du jeu vidéo. Lui qui jouait dans les premiers films avec l'imagerie du FPS, ainsi que d'un fantastique terrifiant à la Silent Hill, semble directement citer les mouvements figés et les quêtes mécaniques de Resident Evil, et en particulier l'épisode Revelations qui se déroulait... sur un navire expérimental ! Décevant tout de même pour une suite d'un film qui avait tant marqué le genre à sa sortie, [REC]4 est largement plus recommandable qu'un Paranormal Activity ou qu'un Annabelle, mais on attendait mieux comme point final d'une telle licence, surtout mis en boite par un tel cinéaste.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Finies les difficultés pour retranscrire en HD les sources found footage qui ont fait la renommée de REC, le quatrième opus travaillant une esthétique bien plus classique, cinématographique. La photo est alors plus soignée, avec des couleurs profondes et éclatantes, et des contrastes parfaitement marqués. Le bluray est très réussi, surtout dans son traitement des noirs, omniprésents, et des zones d'ombres, très naturelles et n'engageant jamais la restitution des détails sur les personnages ou les décors. Tourné en numérique, REC 4 s'inscrit brillamment à l'écran, ne laissant filtrer aucune faiblesse.

 


Son :
Rien à reprocher non plus avec la version Espagnole DTS HD Master Audio 7.1 qui délivre farouchement une dynamique constante, musclée et généreuse, jouant habilement sur les particularités de l'environnement du film : un navire en pleine mer. Les ambiances sont enveloppantes et minutieuses, reposant sur les craquements de la coque, le bruit des vagues et du vent, et poussent encore plus expérience dès lors que la tempête frappe. Bien entendu les dialogues sont parfaitement disposés, jouant eux aussi sur les tensions de la situation, tandis que les impacts de balles frappent sèchement et que les hurlements envahissent le dispositif sonore. Un chouïa moins ample, la version française s'en sort assez bien avec son DTS HD Master Audio 5.1.

 


Interactivité :
Jusque-là les éditions de la série des REC étaient excessivement chargées avec des tonnes de reportages, des scènes coupées, des interviews à foison et autres friandises. Étonnamment, le 4ème film ne se voit complété que par un seul et unique making of d'un peu moins de trente minutes, qui certes permet de découvrir les coulisses du tournage et de rares réflexions sur l'évolution du personnage d'Angela, mais on reste dans les limites d'un segment carré et souvent promotionnel.

C'est sans doute pour combler ce manque que Wild Side Video a eu l'idée de glisser en complément le documentaire Why Horror ? présenté récemment au Festival de Gerardmer. On y parle jamais de la série espagnole, mais on y discute forcément de la nature même de ce genre particulier autrefois tant décrié et aujourd'hui si populaire. Un film qui suit la réflexion de Tal Zimerman, fan de films d'horreur, qui se pose finalement la simple question existentielle : suis-je normal ? L'occasion de parcourir quelques festivals populaires, de découvrir des interviews inédites de vraies pointures (Romero, Carpenter, Aja, Coscarelli, de la Iglesia, Eli Roth, Shinji Mikami.... casting impressionnant) revenants souvent sur le besoin de l'être humain à se faire peur « pour de faux ». Le film se regarde sans déplaisir, mais se perd bien souvent dans quelques parenthèses peu convaincantes et inutiles (le scan cérébrale pour voir l'effet d'un film d'horreur sur le cerveau, l'historique de l'horreur a travers les âges, le reportage à la fête des morts) et ne risque pas de surprendre les vieux de la vielle déjà bien rodés sur la question. Un poil naïf, parfois maladroit, l'essai n'aurait sans doute pas été conseillé s'il était sorti indépendamment, mais en supplément d'un film comme REC4 il s'apparente alors à une petite surprise sympathique.

Liste des bonus : Making of (27'), « Why Horror » : documentaire sur les mécanismes de l'horreur dans la fiction (86'), Bande-annonce.

 
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