DEUX SALOPARDS EN ENFER
Il Dito Nella Piaga - Italie - 1969
Image plateforme « DVD »
Image de « Deux Salopards en enfer »
Genre : Guerre
Réalisateur : Tonino Ricci
Musique : Riz Ortolani
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français Mono
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 2 juin 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Deux Salopards en enfer »
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LE PITCH
En Italie, en 1941, la cour martiale a condamné à mort deux soldats américains pour vols et violences. Au moment de l'exécution, les deux hommes sont sauvés par l'arrivée de parachutistes allemands, qui mitraillent le peloton. Seuls survivants, les deux prisonniers et l'officier qui commandait la brigade se réfugient dans un petit village. Là, ils prennent la défense des habitants, menacés par l'avancée des nazis...
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Inglorious

Et hop, une nouvelle collection vient de naitre chez Artus Films, permettant désormais de redécouvrir le catalogue oublié de films de guerre transalpins, comme toujours émaillés de quelques grands noms du cinéma local, et de quelques gueules inoubliables comme le légendaire Klaus Kinski.

Sujet aux modes et aux renouvellements dûs aux engouements successifs des spectateurs, le cinéma italien s'efforce à la fin des années 60 de quitter peu à peu les décors historiques du grand western pour se tourner vers les films de guerre, revenus sur les écrans avec fureur et puissance via, entre autres, Les Douze salopards de Robert Aldrich. Le film de Tonino Ricci lui emprunte d'ailleurs allégrement son titre français, avec plus d'opportunisme que de fraternité, mais semble surtout encore très marqué par l'ouest sauvage dans sa trame ou sa construction des personnages (des antihéros qui défendent un village isolé), quitte à se demander même si le scénario n'a pas tout simplement été adapté pour s'inscrire sobrement dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale. De quoi donner quelques atours virils au métrage, mais aussi une certaine universalité dans son discours sur les affres de la guerre et la perte de repères moraux au cœur du champ de bataille.

 

plaie ouverte


Le titre italien est bien plus éclairant sur cette question, Il Ditto nella piage (Le Doigt dans la plaie) faisant échos aux dilemmes intérieurs de personnages tiraillés, blessés et éperdus. En particulier les deux condamnés à être fusillés par le tribunal de guerre, l'un pour avoir volé une demeure et tué par accident sa propriétaire, l'autre pour avoir écharpé son supérieur dans un élan de folie, qui au contact des villageois vont redécouvrir leur humanité et leur sens du sacrifice. Plus droit dans ses bottes, le lieutenant Sheppard, tout frais sortis de l'académie et censé les escorter, va lui forcément transformer sa méfiance en véritable admiration pour ces héros malgré eux. Une évolution schématique soit, extrêmement symbolique, mais qui donne une vraie épaisseur à un film de guerre bis, assez efficace et prenant, en grande partie bien entendu grâce aux performances solides du trio d'acteur mené par le fiévreux et glaçant Klaus Kinski, épaulé par Ray Saunders (l'un des rares second couteaux noirs de ciné italien) et George Hilton (The Strange Vice of Mrs. Wardh). En se concentrant sur ces figures, le jeune réalisateur Tonino Ricci évite les écueils de sa future carrière bardée de nanars (Thor Le Guerrier, Rage), offrant une mise en scène sobre, voir même capable de quelques petits prouesses, en particulier lors d'un ultime assaut sauvage et sanglant des troupes nazies. Un film d'exploitation honnête, au message salvateur, qui a tout de même tendance à se perdre dans un prosélytisme catholique un peu lourd, s'ouvrant sur une longue citation de la Bible et disposant stratégiquement quelques dialogues moraux ou inserts symboliques. Ça peut en agacer certains.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Film relativement mineur, Deux Salopards en enfer nous parvient pourtant dans une copie de très bonne facture. Si l'on excepte le générique d'ouverture, que les cartons titres empêchent sans doute de profiter d'une restauration idéale, le reste du métrage peut se vanter d'aligner une image assez propre et détaillée, réussissant même à détourner l'austérité de la photographie (réaliste et grisâtre) pour apporter des couleurs bien marquées et des contrastes solides.

 


Son :
Pas de surprise, les deux versions glissées ici, française et italienne, sont en mono d'époque. Les deux sont claires et confortables, sans grandes fioritures. On regrette tout de même l'absence de la version anglaise (internationale) qui aurait permis un plus grand réalisme lors de certains échanges reposant sur les différences de langues entre les soldats alliés et la population italienne locale.

 


Interactivité :
On commence à connaître l'exercice : Curt Ridel enregistre de nouveau une présentation informative, évoquant bien entendu les débuts du genre militaire en Italie, les filmographies de chacun et en particulier celle de Kinski. Un complément plutôt éclairant pour les nouveaux venus qui trouveront là plein de bonnes idées de futures bobines à visionner.

Liste des bonus : « Un doigt dans la plaie » par Curt Ridel, Diaporamas d'affiches et photos, Bande-annonce.

 
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