APOLLO 13
Etats-Unis - 1995
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Apollo 13 »
Genre : Catastrophe
Réalisateur : Ron Howard
Musique : James Horner
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 140 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 2 juin 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Apollo 13 »
portoflio
LE PITCH
« Houston, nous avons un problème ». Ces mots inoubliables retentirent dans la cabine de pilotage d’Apollo 13 moins d’un an après que l’Homme ait marché sur la lune. Tiré d’une histoire vraie, Apollo 13 raconte une course contre la montre : une navette a été endommagée en plein milieu de l’espace et il faut ramener ses héroïques astronautes sur Terre !
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"on a raté la lune"

Apollo 13 fût, presque, contre toute attente l'un des plus gros succès de l'année 1995 aux USA, restant même aujourd'hui encore considéré un authentique classique, une référence cinématographiques sur les grandes heures de l'exploration spatiale. Des effets spéciaux toujours impressionnants, des acteurs de choix, une aventure humaine imparable... Oui, mais il y a aussi Ron Howard à la réalisation.

Devenu réalisateur, l'ex-ado star de Happy Days avait su rapidement se trouver une place confortable, et mérité, dans la lignée des imaginatifs George Lucas et Steven Spielberg. Si sa mise en scène, assez sobre et surtout modeste, ne faisait jamais d'étincelles, sont regard naïf et sincère sur une certaine idée du divertissement familial n'était pas dénuée de certains charmes comme l'attestent Splash, Cocoon ou Willow. Oui, mais voilà, Ron Howard avait d'autres ambitions, et va peu à peu s'embarquer vers des sujets plus adultes, où son style de yes-man appliqué et sa vision premier degré des grands spectacles américain va faire de lui autant un habitué des Oscar, qu'un adepte de la production larmoyante, pathos aux grands élans patriotiques. Un glissement largement amorcé sur Backdraft, mais qui trouve clairement son aboutissement avec Apollo 13, grand épisode historique des missions lunaires d'une Amérique en pleine Guerre Froide, dont l'échec spectaculaire va rappeler au monde que ces missions, malgré l'alunissage de 1969, n'ont rien de voyages touristiques. Clairement dans la succession d'épisodes dramatiques que connurrent les trois membres de l'équipage d'Apollo 13, toute l'intensité dramatique du film est déjà inscrite : les dégradations progressives de la navette, la fuite d'oxygène, la montée du froid spatial, le difficile retour sur terre et l'indispensable collaboration humaine, instillant un suspens naturel, évident. Un projet clef en main, qui d'ailleurs peut aboutir à quelques très grands moments, comme lorsque des techniciens sur terre jouent les McGyver de l'extrême pour mettre au point un purificateur d'air avec quelques pièces disponibles sur la station d'alunissage, avant d'en expliquer la fabrication à des cosmonautes médusés.

 

Zone stérile


Incroyable mais vrai, semble constamment rappeler le film, s'achevant bien entendu sur un Happy End élogieux, martelé par la bande originale grandiloquente de James Horner (pas son œuvre la plus subtile), et  qui a tout du rêve hollywoodien. Heureusement qu'en apesanteur, ou vissée dans les bureaux de la NASA, les acteurs males font preuve d'une retenue certaine, imposant au passage le charisme de pointures comme Kevin Bacon, Bill Paxton, Gary Sinise, Ed Harris et bien entendu Tom Hanks qui entérinait alors son revirement de carrière amorcé par Philadelphia. Un peu de sobriété dans un monde de mélodrame, où la femme de Jim Lowell ne cesse de voir des présages inquiétants ou que plus généralement les familles ne cessent de se pleurer dans les bras les uns les autres ou de regarder vers le ciel les yeux pleins d'espoir. On le reconnait bien là le futur Ron Howard de Un Homme d'exception, De L'ombre à la lumière ou de Da Vinci Code, martelant son émotion comme un artisan docile des années 40, emballant son grand spectacle dans une fabrication scolaire de premier de la classe. De quoi le faire ressembler dans ses pires moments à Armageddon. Heureusement au cœur de ce post L'Etoffe des héros, pré Gravity, reste une efficacité certaine dans les séquences spatiales, le plus souvent convaincantes, relayées par des effets spéciaux (beaucoup de maquettes, peu d'images de synthèses) qui reflètent un réalisme impressionnant, efficace, et oui aussi, prenant. On sait qu'Apollo 13 est une machine lacrymale, bêtement traversée d'élans javellisés, mais au final on se laisse avoir de bon cœur, emporté par ses quelques moments de bravoures.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Jusque-là disponible uniquement dans un transfert pas franchement grandiose et surtout trifouillé avec insistance par les techniciens d'Universal (malgré l'appellation Édition 15ème anniversaire) Apollo 13 a enfin eu les honneurs d'une authentique révision. Restauration complète de la pellicule, remastérisation 4k de la source 35 mm, pour un rendu classieux, autant respectueux de la photographie originale, que terriblement moderne et pointu dans sa restitution. Les couleurs ont retrouvé de leur tranchant et de leur chaleur, les noirs (on est dans l'espace !) affichent une profondeur implacable et le piqué général se montre constamment d'une générosité rare. Surtout, l'ensemble s'étale enfin avec naturel, faisant disparaître les différents halos, contours artificiellement marqués et filtres adoucisseurs de bruit.

 


Son :
Redécouverte aussi du coté du mixage DTS HD Master Audio 5.1 inédit, qui profite directement d'un meilleur équilibrage de la dynamique et d'une restitution plus pointue qu'auparavant. Relativement calme dans un premier temps, se concentrant sur les dialogues et quelques environnements discrets, la piste va bien entendu exposer toute sa force à partir du décollage de la navette, explosant les capacités des enceintes, soulevant la basse, pour ensuite ouvrir le spectacle vers une amplitude savoureuse, disséminant nombres de détails sonores, fluides et dynamiques, et même retranscrire l'étrangement étouffement de la vie dans une capsule spatiale. Quasiment aussi riche et spectaculaire que le mixage de Gravity.

 


Interactivité :
Nouvelle édition donc pour un métrage qui n'est déjà pas à court de sorties DVD et HD, et qui du coup forcément reprend ici les documents déjà vus auparavant comme le très bon moyen métrage « La lune perdue » qui explique comment l'échec de la mission a pu devenir un authentique succès pour la NASA, le doc basique « La conquête de l'espace » sur la longue course vers la Lune, ou la featurette sur les véritables astronautes. A tout cela s'ajoutent deux commentaires audio des plus complémentaires puisque le premier laisse la parole à un Ron Howard très précis sur son dispositif narratifs et les aspects techniques du film, tandis que Jim Lowell, et sa femme, regardent le tout avec un angle bien plus intime.
Seule grande nouveauté au rayon interactivité de cette jolie édition délivrée dans un boitier métal, le sujet « Apollo 13 : vingt ans après » est l'interview rétrospective du cinéaste et de son habituel producteur Brian Grazer. De quoi revenir sur l'impact du film, sur ses difficultés évidentes et surtout sur la rencontre de chacun avec le sujet, leur découverte du scénario, etc... Sympa mais pas très long (15 minutes), et surtout faisant cruellement sentir l'absence totale des acteurs et d'un vrai making of.

Liste des bonus : Commentaire audio de Ron Howard, Commentaire audio de Jim et Marilyn Lovell, « Apollo 13 : vingt ans après », « La lune perdue : le triomphe d'Apollo 13 », « La conquête de l'espace : la lune et plus encore », « Chance 13 : l'histoire des astronautes », Bande-annonce.

 
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