LA BATAILLE DE LA MONTAGNE DU TIGRE 3D
Zhì qu weihu shan - Chine - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Bataille de la montagne du tigre 3D »
Réalisateur : Tsui Hark
Musique : Wu Wai-Lap
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Mandarin et français
Sous-titre : Français
Durée : 142 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 19 octobre 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Bataille de la montagne du tigre 3D »
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LE PITCH
En 1946, après la capitulation japonaise, la guerre civile fait rage en Chine. Des bandits sans foi ni loi en profitent pour occuper le nord-est du pays. Hawk est le plus puissant et le plus redouté de ces barbares. Avec ses hommes, il vit dans une forteresse imprenable, lourdement armée, au sommet de la Montagne du Tigre. L’Unité 203 de l’Armée de Libération traverse cette région lorsqu’elle tombe sur des hommes de Hawk en train de piller un village. Le Capitaine 203 décide alors ...
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Tigre et canons

Alors qu'Hollywood, à quelques exceptions près, s'efforce d'oublier ses plus prestigieux cinéastes, les vieilles icônes du cinéma de Hong-Kong continuent de s'épanouir en Chine, Tsui Hark en tête. Bénéficiant d'une sortie en salles inespérée en France, La Bataille de la Montagne du Tigre montre d'ailleurs à quel point le réalisateur de Zu a su embrasser les enjeux cinématographiques du nouveau millénaire.

Il y a à l'évidence un double discours dans La Bataille de la Montagne du Tigre, et ce dès le prologue, lorsqu'une bande d'étudiants très XXIème siècle tombent, à la télévision, sur un vieux film de la Shaw Brothers. Visiblement obsédé par la place qu'il occupe vis-à-vis du nouveau public chinois, et nostalgique d'une forme de divertissement proche du cirque filmé, Hark axe volontairement son dernier film sur une rencontre générationnelle, à travers le voyage d'un jeune homme vers le pays de ses héroïques ancêtres. Très artificiel, le procédé n'apporte d'ailleurs absolument rien d'un point de vue narratif, ce qui renforce encore davantage son allégorie. Car en l'état, le cinéaste aurait très bien pu se contenter de réaliser un film en costumes, tant l'intrigue principale se suffit à elle-même. Mais le film aurait perdu en virtuosité, en audace et en soif d'expérimentation, une constante encore très vive du cinéma de Tsui Hark.

 

le spectacle dans la peau


On le sait depuis longtemps, le réalisateur de Time & Tide n'est pas à l'aise avec les scripts trop linéaires, les trajectoires dramatiques trop pures. Le cinéma étant pour lui un jeu de construction permanent, Hark s'amuse à complexifier plan après plan son gigantesque édifice, au point que les enjeux scénaristiques finissent par se perdre dans un épais brouillard. La démarche est presque ironique, quand on sait que ledit scénario est censé faire l'apologie du grand Empire, contraint à la fin de la Seconde Guerre Mondiale de contenir des séparatistes forcément décrits comme des brutes patibulaires. La réalité historique, Hark s'en fiche éperdument, l'intrigue lui donnant surtout matière à chorégraphier une gigantesque bande dessinée en mouvement, aux scènes d'action aussi nombreuses qu'époustouflantes. D'un combat totalement inédit entre un vieux soldat et un tigre dans une tempête de neige à un assaut final particulièrement généreux en pirouettes et en pyrotechnie, Hark se fait plaisir. Film d'aventure débridé aux sensations immédiates, La Bataille de la Montagne du Tigre permet également à son auteur de pousser encore un peu plus loin ses recherches sur la stéréoscopie, l'occasion de redéfinir des figures de style qu'il traîne depuis des décennies. Sorte de spectacle de voltige, de son et de lumière, le long-métrage se clôt en toute logique par un "rappel" aussi gratuit qu'ultra-spectaculaire. Sincèrement, quel autre cinéaste au monde oserait faire une chose pareille ?

Alexandre Poncet






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Image :
Capturé avec la fameuse caméra Red Epic, La Bataille de la montagne du tigre est, comme toujours avec Tsui Hark, un festival visuel de couleurs, de contrastes, voir un patchwork hasardeux d'effets numériques. Même si la photographie de Choi Sung-fai (Tigres et Dragons) joue assez subtilement sur les teintes marron et terreuses, le film glisse graduellement dans le spectacle manga et vif. La copie HD présentée ici s'imprègnent élégamment de tous ses éléments, soutenue une image toujours précise, au piqué impeccable et aux teintes puissamment définies. Un vrai plaisir visuel, où même les légers, et rares, scintillements ainsi que des créations de synthèses (le tigre, la base des bandits) pas toujours bien intégrées, relèvent d'un tableau d'ensemble conscient. Bienvenu à l'opéra chinois ! Une sensation rendue plus évidente encore lorsque l'on choisit de visionner la version relief du film (sur le même disque) aussi tape-à-l'œil que subtile, excessive que naturelle et finement gérée, rappelant à quel point le génie du cinéma populaire chinois moderne maitrise l'outil depuis quelques années déjà... Et comme c'est la première fois que l'on peut en profiter dans son salon (seules les versions 2D sont disponibles pour les Detective Dee et Dragon Gate), il serait dommage de s'en priver.

 


Son :

Retrouvant immédiatement les sensations explosives ressenties en salle, le DTS HD Master Audio 5.1 chinois (en langue mandarin donc) délivre un mixage extrêmement spectaculaire. L'ouverture assez calme peut tromper, mais rapidement les nombreux effets se font présents et généreusement exploités, à commencer par quelques effets d'échos dans la base des héros, le sifflement des balles qui filent de toute part, jusqu'à bien entendu un final totalement démesuré profitant d'une ouverture totale des canaux et d'une dynamique massive. Parfait. Encore une fois on oubliera la version française, relativement efficace dans son mixage, mais terriblement en retard dans son doublage.

 


Interactivité :
C'est une constante de la collection HK Video, les suppléments proposés ici se limite à nouveau à quelques segments promotionnels récupérés directement de l'édition chinoise. Seulement deux interviews sur cinq ont survécu. En l'occurrence celles de Tsui Hark et Tony Leung Ka Fai. Si ce dernier ne se montre pas forcément bien pertinent, déclamant surtout son amitié pour le réalisateur et son approche plus humaine qu'à ses débuts, l'entretien avec le cinéaste délivre quelques informations éclairantes sur sa vision de l'épisode historique dont il s'inspire, offrant même un léger regard sur le cinéma chinois actuel. C'est court, mais déjà ça.
Impossible par contre de passer à coté du livret fournit dans cette édition collector. Rédigé par Léonard Haddad, responsable de la collection HK, qui apporte une analyse brillante du film et du cinéma de Tsui Hark avec intelligence et humour. Quelqu'un lui a déjà dit à quel point les revues HK Vidéo et DVD Vision nous manquaient ?

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Livret de 12 pages, Interview de Tsui Hark (7'), Interview de Tony Leung Ka Fai (5'), Bandes-annonces.

 
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