LES INSURGéS
Defiance - Etats-Unis - 2009
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Genre : Drame, Guerre
Réalisateur : Edward Zwick
Image : 1.85 16/9
Son : Français et Anglais en Dolby Digital 5.1.
Sous-titre : Français
Durée : 137 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 16 septembre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Insurgés »
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LE PITCH
En 1941, les armées d'Hitler envahissent l'Europe. Leur implacable progression coûte la vie à des millions de juifs. Pour trois hommes, cette tragédie marque le début d'une guerre dans la guerre. Lorsque leur petit village d'Europe de l'Est est envahi, les frères Bielski se réfugient dans une profonde forêt qu'ils connaissent depuis leur enfance. Ils se contentent d'abord de survivre mais la rumeur de leur exploit se répand et d'autres les rejoignent, hommes et femmes, jeunes et moins j...
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Mortelle randonnée

C'est peu dire que l'on est heureux de voir la révélation de Glory remonter la pente artistique, après des années 1990 à l'inspiration branlante. Effacés, Légendes d'automne, Couvre-feu, A l'épreuve du feu ou encore Le Dernier Samouraï. Blood Diamond l'a remis sur les rails d'un cinéma à la fois épique, frontal et naturaliste, que vient encore développer ce formidable Defiance.

 

Peu d'effets au programme des Insurgés. Porté par un générique glacial liant images d'archives et reconstitution, où le titre s'inscrit silencieusement, et en microscopiques lettrages, sur le manteau d'un cadavre de juif, Ed Zwick, à l'image d'un John Milius, ne cherche pas à exploiter la moindre forme de sentimentalisme. Autour de ses personnages, sombres héros en devenir traqués dès leur première apparition, un étau semble se resserrer à la vitesse de l'éclair, effaçant brutalement toute trace de quotidien pacifique ou d'existence "normale". Reclus dans une nature hostile et avare, coupés du monde extérieur, et devant faire face aux rumeurs les plus horribles (et malheureusement fondées) sur le destin des juifs capturés par les allemands, les survivants dépeints par Zwick, au nombre toujours grandissants, ne donnent en aucun cas dans la caricature. La logique ici n'est pas celle du bon juif et du mauvais allemand, le cinéaste osant affronter les dissentions gangrénant le camp des réfugiés, ou des actes de vengeance tournant à la barbarie la plus inavouable.

 

Parmi les hommes

 

C'est justement en abordant ses victimes et ses combattants (dont Daniel Craig, Liev Schreiber et Jamie Bell, tous trois exceptionnels) comme des humains, et en limitant le dialogue au strict minimum afin de souligner la portée de leurs actes, qu'Edward Zwick parvient à insuffler une véritable émotion au métrage, parfois latente, parfois extrêmement intense. Intense, comme cet instant de grâce où le cinéaste choisit de monter en parallèle un mariage célébré dans les bois et la prise d'assaut meurtrière d'une garnison nazie. Un bel exemple de toute la dualité tonale qui nourrit le projet, et l'éloigne du genre surfréquenté du "film de Seconde Guerre Mondiale". Malgré des emprunts voyants à Steven Spielberg (voir l'utilisation du son lors de l'attaque aérienne sur le camp, tout droit issue d'Il faut sauver le soldat Ryan), Zwick mène son navire à bon port, avec une sincérité inaltérable. Enveloppé par des cordes mélancoliques signées James Newton Howard, qui donne ici un petit frère à son inoubliable score du Village, Les Insurgés est une surprise éclatante et confirme la vitalité et l'énergie créatrice nouvelles de son réalisateur.

Alexandre Poncet

 

 

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Image :

On le sait, Metropolitan n'a pas l'habitude de bâcler ses transferts DVD (et encore moins Blu-Ray). Le disque des Insurgés affiche donc une copie irréprochable, des couleurs parfaitement équilibrées malgré la gamme de verts imposée par le décor forestier, et des contrastes puissants, contrebalançant la perte de détail par rapport au format haute définition. La photographie est donc fidèlement restituée, et c'est après tout le principal.

 

Son :

Comme à l'accoutumée, on a droit ici à du Dolby Digital à tous les étages, en VO comme en français. La musique de James Newton Howard, omniprésente, est très clairement mise en avant, ce qui n'empêche pas certains effets sonores pétaradants lors des scènes de bataille, ou un assourdissement soudain suite à une explosion. On vous conseillera l'excellente version originale, ne serait-ce que pour profiter des accents parfaitement maîtrisés de Craig, Schreiber et Bell.

 

Interactivité :

Très didactique, le commentaire audio d'Edward Zwick remonte jusqu'à la genèse du projet, lorsqu'on lui a fait lire au milieu des années 1990 un article du New York Times relatant les exploits de l'un des frères Bielski. Le cinéaste relate également le tournage en Lituanie, ses rapports avec les acteurs, sa rencontre avec les descendants de la famille Bielski, sa collaboration avec le superviseur des effets de plateau (qui a travaillé sur La Chute du Faucon noir, excusez du peu)... Petite anecdote : le cinéaste dément l'emprunt spielbergien cité plus haut en évoquant un film sur la résistence russe, Requiem pour un massacre, usant déjà des changements brusques de cadence d'image pour illustrer le chaos du champ de bataille. Deux featurettes complètent les propos du réalisateur. Un making of de 25 minutes déjà, donnant davantage la parole aux acteurs et dévoilant les coulisses de certaines séquences majeures. Enfin, un module évoquant les vrais acteurs du drame, tout particulièrement les trois frères Bielski, à travers les témoignages de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Une bobine particulièrement émouvante, truffée d'anecdotes et d'extraits de films familiaux, qui replace élégamment le film dans une Histoire beaucoup plus large.

 

Liste des Bonus : Commentaire audio, Making of, Featurette, Bande-Annonce.

 
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