EL MERCENARIO
Il Mercenario - Italie - 1968
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Genre : Western
Réalisateur : Sergio Corbucci
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais, français et italien en mono
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 16 septembre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans un Mexique en révolte, les frères Garcia, propriétaires d'une mine d'argent, souhaitent mettre leur magot à l'abri. Désireux de trouver du renfort, ils recrutent un mercenaire redouté : Sergei Kowalski, dit "le Polack". Mais celui-ci est surveillé et suivi comme son ombre par un voleur de grand chemin, qui voit ici l'opportunité de se saisir d'un formidable butin. Mais la partie s'annonce difficile car, sous l'impulsion de Paco Roman, les ouvriers révoltés de la mine se sont empar...
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Viva la révolution !

La collection des Introuvables n'a pas achevé sa mission puisque restent encore dans les cartons quelques bijoux du western italien de la grande époque. A l'instar d'El Mercenario, petit joyau du genre et naissance avérée du sous-genre du Western Zappata, où les enjeux politiques de la révolution mexicaine rencontrent les remous des années de plombs.

Reflet de l'époque et des affrontements idéologiques et physiques de la jeunesse gauchiste contre un gouvernement conservateur, le cinéma italien trouve un nouveau souffle à la fin des années 1960 et ce, même dans le genre populaire du western. Une ambition dont une large part est due au scénariste et future cinéaste Sergio Solima (Face à Face) qui voit avec El Mercenario un moyen d'explorer les raisons du soulèvement des masses populaires et de faire de l'Amérique centrale un modèle à suivre. Tout d'abord envisagé comme un manifeste théâtral par Gillo Pontecorvo (La Bataille d'Alger), le bébé fut finalement confié à un Sergio Corbucci plébiscité depuis l'explosif Django. Mais la sensibilité politique de l'homme derrière Le Grand Silence est bien moins partisane que l'autre Sergio et teinte dès lors le récit d'une ironie constante, biaisant ce portrait héroïque d'un Paco Roman (Tony Musante) dépassé et inexpérimenté. Le métrage joue alors les jeux des contrastes et surtout des parallèles avec le mercenaire Sergei Kowalski (extraordinaire Franco Nero) capitaliste invétéré, chantre des valeurs libérales américaines.


Prends les armes et tire-toi !

Un personnage immensément sympathique dont la méchanceté et la dureté affichée n'a finalement pour but que de révéler au jeune leader zappatiste la futilité, voire la stupidité de ses actions. Beaucoup de gris, une certaine distance et une bonne dose de second degré qui frôle souvent la parodie dans un opéra sauvage où se côtoient ridicule volontaire (le final dans un cirque, le méchant efféminé interprété par un Jack Palance surprenant) et fresque épique. Forcément en artisan génial, le cinéaste jongle avec habileté avec les ruptures de ton et livre, au détour d'un sourire en coin et d'un constat lucide sur la lutte des classes, un divertissement grisant : beauté des cadres, force du montage, plans iconiques, regard bleu électrique de Nero, colts qui fument, gatling qui vrombie, chevaux qui se cabrent... El Mercenario fait partie des plus grands westerns de l'histoire du cinéma, emporté qu'il est par les partitions inoubliables de monsieur Ennio Morricone. Ce succès retentissant lors de sa sortie en Italie donnera naissance à une vague (évidemment) inégale de Westerns Zappata, lancera la carrière de réalisateur du scénariste Sergio Sollima et surtout aboutira à une quasi-suite / vrai chef-d'œuvre, Vamos a matar Companeros, concoctée par la même équipe. Une date, tout simplement.
Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

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Image :
Si certains westerns connaissent éditions sur éditions, on ne peut pas dire qu'El Mercenario ait profité jusque-là de la générosité des éditeurs. En dehors d'une copie maussade aux USA sous le titre Professional Gun, il n'y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Heureusement, Wild Side est passé par là et nous fait découvrir une superbe copie aux couleurs retrouvées et au piqué appréciable. Quelques plans viennent certes souligner le temps qui passe, mais le tout est de très belle tenue, et même lorsque le grain d'antan vient envahir quelque peu le photogramme, le tout ne fait que gagner en charme.

 

Son :
Pas toujours très facile de faire le choix entre les différents doublages d'un film italien puisque autant la version française, anglaise ou italienne justement ont été postsynchronisées. Un choix d'autant moins aisé qu'ici chacune est proposée dans un mono à peu de choses près équivalent, propre mais légèrement étouffé. Les puristes choisiront sûrement la version italienne (voyage, voyage), les fainéants le doublage français... La version anglaise paraît tout de même largement moins agréable à cause d'un jeu outrancier pas toujours dans le bon timing, et surtout de quelques ajouts scénaristes assez consternants.

 

Interactivité :
On aurait aimé retrouver ici une rencontre avec l'immense Franco Nero. Il faudra se contenter d'une présentation éclairée (comme toujours) de Jean-François Giré qui retrace la naissance du métrage et étudie ses thématiques. En complément l'éditeur a une nouvelle fois mis la main sur une jolie série de photos d'exploitation de l'époque.

Liste des bonus : Présentation du film par Jean-François Giré (13'), Galerie de photos, bandes-annonces

 
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