GODS OF EGYPT
Etats-Unis - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Gods of Egypt »
Réalisateur : Alex Proyas
Musique : Marco Beltrami
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 7.1 & 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 127 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 17 août 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans une époque ancestrale, les Dieux vivaient parmi les hommes et la paix régnait en Egypte. Mais Seth, Dieu du désert, assassine le roi et condamne Horus à l’exil, plongeant le royaume d’Egypte dans le chaos. C’est l’intervention d’un jeune voleur, Bek, qui va sortir Horus de sa prison. Ensemble, ils se lancent dans une aventure épique qui va donner lieu à une guerre sans précédent…
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dieux oubliés

Massacré par la presse internationale, distribué presque de manière honteuse, le dernier film d'Alex Proyas (Dark City) était annoncé presque dès ses premiers teaser comme un nanar sans nom, un peplum fantastique boursoufflé, un blockbuster dégoulinant de mauvais goût... Pourtant nous, on l'aime bien ce Gods of Egypt, spectacle naïf, généreux, et constamment audacieux.

Difficile aujourd'hui de savoir si vraiment Alex Proyas a envisagé cette production comme l'un de ses essais personnels, lui qui peine à monter ses projets malgré des œuvres comme The Crow, Dark City ou I, Robot dans son curriculum et qui devait au départ donner corps à une vision grandiose de la chute de l'anche déchu chassé du paradis. Se rabattant sur un péplum fantastique bien plus dans l'air du temps depuis le succès de 300, mais ne laissant jusqu'à maintenant bien plus de mauvais souvenirs que de bons (parce que Pompéi et Hercule hein...), Proyas aurait pu rentrer dans le moule, profiter de son casting plutôt bankable (Gerard Butler en vilain très vilain), et signer une copie made in studio. Il n'en est rien, car justement, à aucun moment Gods of Egypt ne ressemble véritablement à ses voisins. Déjà en optant pour une mythologie particulièrement rare au cinéma, mais surtout en préservant toutes ses particularités exotiques (les dieux plus grands que les humains comme sur les gravures murales), son kitsch orientaliste presque rococo et surtout sa totale démesure presque rablaisienne. A l'image de la cosmogonie grec ou romaine, les dieux égyptiens ne sont rien de plus que des créatures dotées de pouvoirs colossaux mais qui ne font rien de mieux que leurs serviles adorateurs : ça dragouille, ça se chamaille, ça se trahit, s'étripe pour des rêves de gloire ou pour les charmes d'une attractive déesse de l'amour (Elodie Yung, Elektra dans la série Daredevil). Jamais très loin du vaudeville avec ses dialogues volontairement anachroniques entre elle et ce cher Horus (Nicolaj Coster-Waldau) sur le chemin d'une moralité retrouvée, Gods of Egypt est surtout un film qui ne cache jamais sa théâtralité toute shakespearienne, son statut de pur divertissement sincère, direct et surtout dénué de la moindre once de cynisme.

 

film solaire


Voilà qui fait du bien dans un paysages cinématographique où tout le monde se transforme en super-héros pensif et larmoyant, et qui révèle la source première d'inspiration du métrage : le cinéma chaleureux, coloré et démonstratif de ce cher Ray Harryhausen. De Jason et les Argonautes aux épisodes des aventures de Sinbad, le divertissement dont certaines créatures ont été animées par le studio de Phil Tippett (forcément) s'avère un cousin moderne du sympathique Le Choc des Titans (le vrai pas le remake), hésitant constamment entre des designs époustouflant d'imaginations, terriblement généreux, et une bonne dose de délires tocs, rutilants, frisants la faute de goût. Parfois too much, mais toujours surprenant, Gods of Egypt amuse, et c'est là sa vocation, tout en intégrant des idées de designs inédites (la jonque de Râ, la terre plate, Anubis, les décors et costumes...) où s'invitent des créatures en synthèse certes, mais à l'ancienne dans leur ADN, à l'instar d'un Sphinx géant ou de deux cobras du désert cracheurs de feu. Très porté sur l'esthétique en général, Alex Proyas se montre tout autant capable dans les nombreuses séquences d'action, ne perdant jamais les atours opératiques de vue, ni les trépidations d'un script pas prise de tête, à la manière du sympathique La Momie de Stephen Sommers. Pour peu de s'y abandonner, Gods of Egypt est un régal, un spectacle familial qui déjoue les pièges du marketing, et réussit à cueillir l'audience en le faisant frémir devant la romance juvénile de Bek et Zaya, attendre les retrouvailles entre la désirable Hator et le pompeux Horus et même s'attacher à ce terrible Set (Butler plus subtile qu'il n'y parait), dieu du chaos malgré lui. Oui certaines ellipses font trébucher l'entreprise. Oui le miroitement constant d'un univers totalement irréel frôle le trop plein. Mais oui, Gods of Egypt est le seul peplum fantastique récent qui soit vraiment recommandable.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Grand film à effets spéciaux numériques, God of Egypt est forcément impacté par les multiples retouches digitales effectuées sur la source, et le tournage sur fond bleu avec de nombreux éléments séparés à disposer de façon harmonieuse. Quelques création en images de synthèse qui peuvent manquer d'un soupçon de précision en mouvement, de lointains arrière-plans légèrement floutés... Oui, mais bon, tourné avec une caméra Red Dragon enregistrant en 6K, le film ne fait que travailler avec les légers soucis de ce genre d'entreprise et à coté de cela s'en sort particulièrement bien. Les serpents du désert son fermement texturés, les décors riches et fins, les couleurs toujours admirablement chaudes et contrastées, les reflets de lumières scintillent sur les armures dorées, et surtout le piqué d'ensemble rappelle constamment par son pointillisme qu'aux USA le film est sorti directement sur disque 4K.

 


Son :
Pas de jaloux, M6 Vidéo se fend de mixages sonores idéaux pour toutes les installations : DTS HD Master Audio 7.1 ou 2.0, en anglais et français dans les deux cas. Forcément la version deux canaux repose essentiellement sur sa pureté de compression, donnant tout de même quelques beaux effets frontaux pour les moins chanceux. Le 7.1 foncièrement dynamique, voir carrément puissant, est lui un vrai ravissement pour les possesseurs d'un Home Cinema bien costaud distillant constamment de vrais ambiances fantastiques sur les canaux surround, imposant des ambiances enveloppantes, et s'élevant avec fermeté pour chaque saillies spectaculaire du film. Le caisson de basse bondit et vrombit, le mixage glisse avec fluidité sur une dynamique bien pêchue et les effets d'échos de la voix des dieux finit de donner une bonne dose de grandeur à tout cela.

 


Interactivité :
Cinéaste malchanceux et du coup bien trop rare, Alex Proyas ne vient malheureusement pas éclairer ses choix et ses décisions pour la sortie vidéo de Gods of Egypt et c'est bien dommage car vu certaines de ses déclarations sur les réseaux sociaux, il y avait matière. Il faudra se contenter le l'observer collaborer avec les acteurs sur les plateaux entièrement bleu, tandis que stars et techniciens reviennent sur l'univers du film, les choix esthétiques, les challenges techniques et les particularités des personnages. Un making of découpé en petites featurettes thématiques assez classique dans sa structure mais qui s'avère souvent bien plus intéressant que ceux à quoi on pouvait s'attendre grâce aux précisions constantes et à la bonne humeur des intervenants. Seuls autres bonus, les deux scènes coupées présentées dans leur forme « animatique » ne change pas vraiment la donne quand c'est pour un mini dialogue vraiment inutile, mais la confrontation avec le phénix rappelle trop Le 7ème voyage de Sinbad pour qu'on y prenne pas un peu de plaisir.

Liste des bonus : « Une vision divine » (11'), « Des Dieux et des hommes : le casting » (10'), « Transformations : costumes et maquillages » (11'), « Sur les lieux : tournage en Australie » (12'), « Une bataille pour l'éternité : cascades » (11'), « Une fenêtre vers un autre monde : les effets spéciaux » (10'), Scènes coupées du story-board.

 
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