LE RETOUR DE L'HOMME INVISIBLE & AUTRES AVENTURES
The Invisible Man Returns - The Invisible Woman - Invisible Agent - The Invisible Man’s Revenge - Abbott & Costello Meet the Invisible Man - Etats-Unis - 1940/1951
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Image : 1.33 4/3
Son : Anglais Dolby Digital 2.0, Anglais DTS HD Mono 2.0, Français DTS HD Mono 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 394 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 21 septembre 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Héritier déchu, femme intrépide, agent secret ou encore criminel, ces hommes et femmes invisibles vont donner du fil à retordre à la police ainsi qu’à leur entourage. Entre folie et fous-rires, voici 5 variations suivant le classique film de James Whale.
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i'm the invisible man

7 ans après le chef d'œuvre de James Whale et 49 ans avant l'horrible clip de Queen, L'homme invisible, l'une des figures majeurs du bestiaire d'Universal faisait un retour en fanfare dans une succession d'aventures n'ayant que le titre comme lien de parenté. Cinq films pour cinq protagonistes et autant de genres différents, l'Homme Invisible cherchait pourtant à bien être vu.

Disparu pour de bon à la fin du premier long métrage, il était hors de question de faire revenir Jack Griffin, l'Homme Invisible originel interprété par Claude Rains. Pas besoin de chercher un subterfuge bien loin pour Universal, les descendants et autres parents éloignés ont toujours fait l'affaire en matière d'héritages maléfiques. Le Retour de l'Homme Invisible n'en est donc pas vraiment un. Première suite véritable au film de Whale, c'est donc le Docteur Frank Griffin, frère du défunt, qui est en possession de la fameuse formule scientifique permettant aux hommes de disparaitre. Il n'en est pas le protagoniste pour autant. Condamné à mort pour un crime qu'il n'a pas commis, Geoffrey Radcliffe, un riche héritier déchu, voit en la formule de la famille Griffin, le moyen de reconquérir sa promise et de faire triompher la vérité. Exit le méchant Homme Invisible devenu fou, voici venir le justicier romantique voulant vaincre le méchant propriétaire minier (Sir Cedric Hardwicke) l'ayant fait plonger. Si la folie et l'horreur sont toujours présentes en filigrane, c'est une lutte des classes qui sert ici de fond à un mélodrame social tout à fait honorable. Joe May, réalisateur allemand en fuite aux Etats-Unis, attribuera le premier rôle à Vincent Price, alors débutant comptant juste faire une incursion rapide dans le genre fantastique avant de trouver des rôles dramatiques plus sérieux. Si il savait !

 

une femme disparait


Battant le fer tant qu'il est encore chaud, Universal sort le troisième film de la série et Joe May abandonne le poste de réalisateur pour rejoindre son comparse Kurt Siodmak (frère de Robert) au scénario. L'ombre des comédies à la Billy Wilder (un ami de Joe May) plane positivement sur un film qui change complètement de tonalité et de genre. Le riche playboy Richard Russell, au bord de la banqueroute suite à de trop nombreux procès pour affaires de moeurs, se voit obligé de couper les vivres au Professeur Gibbs (John Barrymore) dont il était le mécène, alors que ce dernier vient tout juste de trouver une formule permettant, à l'aide d'une machine, de faire disparaitre les gens, et de passer une annonce dans le journal pour la recherche de cobayes. Entrent alors en scène une top modèle voulant donner une frayeur à un patron tyrannique ou encore un parrain de la mafia souhaitant passer les frontières sans problèmes. Le film est assez drôle et complètement loufoque : Il faut avoir bu de l'alcool pour que la formule fonctionne et les personnages masculins sont forcément déboussolés de se savoir face à une femme nue. La Femme invisible ne donnera aucune suite, en dépit d'une réussite artistique et d'un changement de style radical.

 

l'espion invisible


Le 4ème film de la saga abandonne la comédie, non sans laisser l'humour au vestiaire, pour suivre la tendance de l'époque. Si les Etats-Unis ne verseront pas dans la propagande cinématographique anti-nazi avant leur entrée en guerre, The Invisible Agent (L'agent invisible contre la Gestapo), sorti en 1942, est le parfait exemple de ces métrages où les valeurs les plus nobles l'emportent toujours sur la tyrannie. D'abord convoité par les agents de la Gestapo menés par le machiavélique Conrad Staffer (Sir Cedric Hardwick, qui tentait déjà le mauvais rôle dans Le Retour de l'Homme Invisible), le petit-fils caché de Jack Griffin se refuse d'utiliser la formule célèbre de sa famille. Mais l'attaque de Pearl Harbor le fait changer d'idée. Volontaire pour subir la transformation et ainsi aider les Etats-Unis dans une mission périlleuse derrières les lignes ennemis, Griffin devra affronter une Gestapo sans pitié. Des ennemis parmi lesquels on retrouve l'excellent Peter Lorre, ainsi que Keye Luke, le mystérieux grand-père chinois des Gremlins, dans un micro-rôle de scientifique. Le film est agréablement mené et fonctionne par de nombreux rebondissements et des méchants réussis. Ironiquement, si on peut y voir une revanche d'exilés allemands (Lorre, May, les Siodmack, leur pote Wilder...) sur le régime Nazi, on assiste surtout à un bel exemple de propagande américaine. Eux, qui savaient dès le début que Griffin pouvait devenir invisible, mais qui par grandeur humaine ne pouvaient décemment pas lui demander de s'impliquer dans le conflit. C'est quand même beau la naïveté. Malgré cette ombre au tableau, L'Agent invisible permet de maintenir une série qui ne faiblit toujours pas après 4 films. Et ce n'est pas le suivant qui endossera le mauvais rôle non plus.

 

la vengeance sans visage


Dernier film sérieux de la saga, La Vengeance de l'Homme Invisible en est presque le plus réussi. Si dans la mythologie de la saga et du Cinéma, le film de Whale reste en tête, ce dernier, réalisé par Ford Beebe (200 films au compteur, tout de même) n'a pas à rougir de comparaison. Gotique et malsain, Beebe livre une vengeance glauque et jusqu'au boutiste. Robert Griffin (aucun lien avec les précédents) est un psychopathe bien décidé à se venger d'anciens associés l'ayant laissé pour mort après la découverte d'une mine de diamants ayant fait leur fortune. Griffin y est assoiffé de sang et prêt à tout pour triompher, tel un Comte de Monte-Cristo ayant sombré du côté obscur, même à écraser ceux l'aidant dans son entreprise, comme le scientifique de service, interprété par John Carradine. C'est le premier film de la saga dans lequel le protagoniste est un véritable salaud, ne possédant pas la forme romantique de Claude Rains ou Vincent Price, ni l'aspect romanesque que possédait L'Agent Invisible. Jon Hall, acteur mis en avant par Universal reprend tout de même le rôle de l'homme sans ombre après avoir combattu les allemands, et réussit à faire oublier son personnage précédent grâce à une prestation appuyée par une solide réalisation des plus inventives (certains effets sont encore bluffants de nos jours). Un film qui marque pourtant l'arrêt de la saga, Universal préférant, comme avec les autres monstres de son bestiaire enchainer par un film parodique, se trouvant bien loin des 5 grands films et du parcours sans faute délivré jusqu'ici.

Comme pour la série des Frankenstein ou encore de La Momie, Universal organise la rencontre entre L'Homme Invisible et les comiques Abbott & Costello dans Deux Nigauds contre l'Homme Invsible. Les deux nigauds sont ici détectives privés, engagés par un boxeur accusé à tort de meurtre. Bien obligé d'inculper le coupable tout seul, ce dernier s'injecte la formule d'invisibilité, obtenue par son médecin. On passe rapidement sur le métrage possédant le plus de moyens de la saga et obtenant le résultat le moins satisfaisant. Pas toujours drôle et souvent répétitif, la saga se conclue donc sur une note complètement anecdotique.

François Rey














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Image :
Inégale forcément. Le Retour, L'Agent Invisible, et La Vengeance bénéficient d'une image claire, d'un noir et blanc solide et distingué pour des films de cette époque n'ayant pas bénéficié d'une luxueuse restauration. Il n'en est pas de même pour les autres. La femme invisible, seul film de la collection à n'être proposé qu'en DVD, et ses noirs faiblards et vacillants se retrouve en bas du panier, suivi par Deux Nigauds, dont la production pourtant aisée ne se ressent absolument pas à l'écran. Relativisons tout de même, car dans son ensemble, le travail de restauration et de compression surpasse la plupart des titres précédents de la collection, permettant un rendu tout à fait honorable de la photo du grand Milton Krasner.

 


Son :
Sans défaut, mais sans éclat. Les films alternent entre un Dolby Digital Stéréo et un DTS Master HD Mono restitué sur deux canaux. Un son limpide mais, 2.0 oblige, peu englobant. Les pistes de dialogues se distinguent avec succès, laissant tout de même la part belle aux envolées lyriques et fantastiques des musiques de Hans J. Salter et Frank Skinner. Comme pour la collection sur La Momie, seul Les Deux Nigauds bénéficie d'une piste française, en DTS master HD mono.

 


Interactivité :
Comme d'habitude dans la collection Cinéma Monster Club, la science et la culture de Jean-Pierre Dionnet planent sur l'ensemble des films, apportant clés de lecture et détails historiques sur la production. Chaque film bénéficie d'une introduction détaillée, riche en anecdote. Une vidéo supplémentaire, Le Mythe de l'Homme Invisible, présente sur chaque support, permet à Dionnet de revenir sur le mythe de l'invisibilité, de Platon aux technologies récentes de l'armée, en passant par Whale, Carpenter et Verhoeven bien entendu. Des featurettes numériques accompagnées comme il se doit des habituels livrets signés Damien Aubel.

Liste des bonus : Présentation de la collection par Jean-Pierre Dionnet - Présentation de chaque film par J-P. Dionet - Le Mythe de l'Homme Invisible (13'31) - Bandes annonces

 
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