WARCRAFT : LE COMMENCEMENT
Warcraft - Etats-Unis / Chine / Canada - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Warcraft : Le Commencement »
Réalisateur : Duncan Jones
Musique : Ramin Djawadi
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos 7.1.4 Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, espagnol, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 123 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 11 octobre 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Warcraft : Le Commencement »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs : des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie…
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La désolation d'Azeroth

L'Heroic Fantasy sur grand écran peut-elle renaitre après l'immense saga de Peter Jackson (oui, on y revient toujours) ? C'est ce qu'aimerait nous faire croire la combinaison musclée entre Universal et Blizzard avec leur adaptation mastodonte de l'univers de Warcraft.

Une saga vidéoludique connue de tous, au moins de nom, qui cumule chiffres de ventes astronomiques et nombres de joueurs délirants si on superpose tous les supports et les genres, que Blizzard voulait adapter au cinéma depuis bon nombres d'années déjà. Créateur du jeu donc, mais aussi coproducteur du film question de rester au plus proches des visions connues des joueurs, avec l'assurance et la promesse de ne jamais trahir le matériau d'origine. D'ailleurs les hardcores de Warcraft, usant leur index en ligne sur World of Warcraft et ses extensions, n'ont pas caché leur engouement, s'émerveillant devant des orcs massifs (extraordinaire travail virtuel d'ILM), les designs des décors et armures, les jeux de lumières lors des effusions de magie, le récit qui s'ancre aux prémisses des nombreuses batailles à venir... Oui mais voilà, Warcraft Le Commencement (le titre français mentant moins sur la marchandise) est censé être avant tout un spectacle cinématographique et non une scène cinématique de deux heures. Là, la cohabitation entre créatures / décors virtuels et acteurs réels perd immédiatement de ses charmes, les costumes flashy et vifs semblent échappés d'une veille production italienne des années 80, tout comme l'essentiel de la direction artistique. Visuellement, on est moins proche ici de l'élégance presque réaliste d'un Seigneur des anneaux ou d'un Willow, que la classe moumoutée de Les Maitres de l'univers ou des adaptations de Dungeon & Dragons.

 

reign of Chaos


Assez kitch malgré lui donc, et surtout malgré un aspect technique assez luxueux, Warcraft semble toujours trop brut, trop bourrin, trop raccroché d'une certaines façon aux batailles multi-joueurs et aux héros personnalisés par les gamers. Réalisateur plutôt prometteur ayant fait ses armes sur deux opus de SF maligne (Moon et Source Code), Duncan Jones fait ici office de simple faiseur anonyme filmant le tout avec une absence totale d'ampleur, de fluidité, préférant miser sur un montage cut très prononcé, des champs / contre-champs pas toujours fonctionnels, et des plans serrés censés ajouter du rythme dans un métrage qui en manque certainement. Les quelques batailles qui émaillent Warcraft passent bien souvent à coté de leur potentiel, faisant surtout penser à une dizaine de figurines dans un terrain vague agressés par des lumières fluos, aussi parce que malgré les longs tunnels dialoguées, le récit en lui-même est un mélange d'ellipses incompréhensibles et de surlignages d'enjeux inexistants. Le spectateur n'y comprend souvent pas grands chose, se demande ce que font ici ces acteurs paumés (Travis Fimmel ou Dominic Cooper semblent peu à l'aise)... où alors ne comprend que trop bien, voyant poindre à l'horizon un twist ridicule (et abracadabrant) tout autant qu'une fin ouverte et vieillotte préparant le terrain à des suites indispensables pour donner une quelconque existence à ce « Commencement » qui ne sait jamais sur quel pied se lancer.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Techniquement Warcraft est clairement une grosse machine, une production capturée en 4K (le film existe d'ailleurs sur ce nouveau support) et impose immédiatement sa puissance de frappe : couleurs éclatantes, contrastes parfaits, noirs impérieux, profondeur de champs astronomique... quitte à parfois souligner un peu trop les différences de nature entre les humains et les autres personnages. Cela reste tout de même difficilement attaquable surtout que le piqué est plus qu'impressionnant, ne laissant passer aucun élément présent à l'écran, des décors naturels aux constructions plus colossales (la cité du roi ressemble tout de même beaucoup à Minas Tirith...), jusqu'aux matières des costumes et la pilosité des loups géants.

 


Son :
Encore une fois les spectateurs francophiles vont se sentir lésés avec un petit Dolby Digital 5.1 franchement trop timide pour un support Bluray. Surtout qu'à coté de cela trône le Dolby Atmos 7.1.4 de la version originale. Plus naturel déjà dans ses équilibres, le mixage est surtout bien plus riche dans ses nuances, dans la masse de ses effets reposants sur l'ensemble de l'installation sonore, avec une grande amplitude et une dynamique épique.

 


Interactivité :

A l'image du film, l'interactivité du bluray de Warcraft tente de satisfaire tout de le monde, installant quelques featurettes sur et pour les fans, ajoutant un long Motion Comic se déroulant quelques dizaine d'années avant les évènements du film ou s'échappant pour un mini-reportage sur la recréation de certaines créatures à taille réelle pour le célèbre musée Tussauds. Plus intéressantes tout de même sont les scènes coupées et rallongées s'efforçant parfois d'ajouter un peu de matière narrative dans le gruyère et surtout un making of étonnement efficace et informatif. Dans le long menu ont fini donc forcément par y trouver son compte à un moment donné.

Liste des bonus : Scènes coupées / versions longues, Bêtisier, « World of Warcraft sur pellicule » (33'), « La communauté de Warcraft », « Warcraft : Liens de fraternité » : le motion comic, « Warcraft : L'expérience Madame Tussauds », « ILM : Derrière la magie de Warcraft », La bande annonce de Warcraft - 2013.

 
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