SACRIFICE
Zhao shi gu er - Chine - 2010
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Image de « Sacrifice »
Réalisateur : Chen Kaige
Musique : Ma Shangyou
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 128 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 26 octobre 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sacrifice »
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LE PITCH
La Chine, il y a 2500 ans. Pour sauver le dernier fils de la noble famille Zhao, dont le clan entier a été massacré par les mains d’un infâme ministre, le docteur Cheng Ying sacrifie son propre fils. Il décide alors d’élever le fils Zhao comme son propre fils, dans le but de l’amener à se venger…
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l'enfant du pays

Cinéaste entré par la grande porte lors de l'obtention d'une Palme d'Or en 1993 pour le très beau Adieu, ma concubine, Chen Kaige n'a depuis lors jamais vraiment retrouvé cette petite grâce miraculeuse. Sortis en 2010 déjà, l'inédit Sacrifice mélange de spectacle épique et de mélodrame, n'en gravite cependant pas très loin.

Même si de plus en plus souvent ses productions vont fleureter avec les sirènes plus commerciales du film de sabre chinois, Chen Kaige (L'Empereur et l'assassin, Wu ji) n'en reste pas moins toujours très fidèle à son académisme premier. Une identité nourrie clairement des grandes œuvres littéraires chinoises, de l'opéra local, qui donne constamment à ses métrages une apesanteur presque théâtrale où les personnages, oscillent entre poses figées, mouvements excessifs et émotions exacerbées. Rien de bien original dans le cinéma chinois, et encore moins lorsque l'on adapte l'une des pièces de théâtres les plus connus de l'empire : L'Orphelin de la famille Zhao, immense classique du XIIIème siècle signé Ji Junxiang. Le texte n'est d'ailleurs pas totalement inconnu puisque Voltaire en personne l'adapta dans L'Orphelin de la Chine.

 

destin scellé


Clairement Kaige s'attaque là à un gros morceau de la culture chinoise, largement connu là-bas, et aurait pu s'y empêtrer, entre les décors imposants, les costumes luxueux (les armures sont superbes), les reconstitutions de batailles façon wu xia pian, enfermé dans l'immobilisme propre à nombres de films historiques locaux récents. La zone de danger frôle cependant régulièrement cette grande tragédie shakespearienne, lorsque le réalisateur s'attarde avec trop de pesanteur sur la fierté impassable d'un père, sur une errance finale accompagnée d'effluves orchestraux larmoyants... Car sous ses dehors guerriers, Sacrifice est avant tout un grand drame. Celui d'un homme qui a perdu femme et fils, celui d'un héritier qui ne connait pas son identité, d'un ministre manipulateur qui a tout perdu à force de perfidie, et d'une vengeance inéluctable qui ne pourra qu'entrainer un nouveau cycle de violence. Après une première partie particulièrement tendue autour de la préparation du coup d'état et son exécution, Sacrifice dérive vers une confrontation entre You Ge (Vivre) et Xueqi Wang (Le Règne des assassins), deux véritables stars du cinéma mandarin, qui vont se disputer l'amour filial du dernier Zhao. C'est dans ces interstices que le film se montre le plus réussi : lorsqu'il fait tomber les barrières de la vendetta pour l'un, de la paranoïa pour l'autre, rattrapés inévitablement par leur désir de transmettre, d'éduquer et de partager... d'être pères. D'où une sensation constante de déchirements alors que le spectateur a bien senti que cette affaire ne pouvait bien entendu que mal finir.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Si le film a mis un certain temps avant de réussir à sortir en France, cela n'explique pas franchement la qualité très aléatoire de la copie. Le métrage n'a que six petites années, mais en parait généralement dix de plus avec quelques faiblesses de pellicules (points blancs) et surtout un master HD assez instable dès que la lumière faiblit, laissant affleurer des noirs bleutés granuleux et des amas d'artefacts sur les arrière-plans. Idem, en plein jour le piqué tient la route, mais la moindre ombre au tableau et l'ensemble vire à l'aplat.

 


Son :
Même déception à l'écoute du mixage DTS HD Master Audio 5.1 de la version originale en mandarin. Les quelques scènes de batailles sont heureusement assez impressionnantes, avec une dynamique soignée et bien présente, mais la clarté est parfois mise à mal dans les simples dialogues. Problème de source originale ou de mixage, aucun idée, mais en tous cas, il y a des effets d'échos et de réverbération dans certaines scènes intérieures. Du coup, bien plus nette et directe, la version française se révèle d'une stabilité plus appréciable.

Liste des bonus : Galerie de photos, Bandes-annonces.

 
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