BRIMSTONE
Pays-Bas, Danemark, France, Allemagne, Belgique, Suède, Royaume-Uni, Etats-Unis - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Brimstone »
Genre : Thriller, Western
Réalisateur : Martin Koolhoven
Musique : Tom Holkenborg
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 149 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 23 août 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans l’Ouest américain, à la fin du XIXe siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…
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Les prédateurs

Prétendant remarqué à la 73e Mostra de Venise, Brimstone est un western protéiforme et multiculturel, ravivant un genre purement américain, mais avec une sensibilité plus européenne, s'écartant justement d'une iconographie trop rutilante. Et dans l'Ouest sauvage, le mâle rôde...

Coproduit avec des fonds venant de presque toute l'europe du nord, interprété logiquement par un cast américain, mais réalisé par le hollandais Martin Koolhoven (Suzy Q), Brimstone tranche résolument avec l'imagerie fantasmatique du western classique... voir même avec la virilité décadente de son cousin italien. Les paysages sont là, mais toujours secs, froids, comme hantés, alors que les cavalcades à cheval ou les duels au soleil ne sont montrés que pour en souligner le ridicule folklorique. Les héros eux, ne sont jamais présents, et ce qui s'en rapprocherait le plus (oui c'est bien John Snow de Game of Thrones) s'effondre comme une parenthèse amère. Un western crépusculaire, désespéré surtout, qui s'incruste dans une géographie reconnue pour mieux se muter en thriller dévorant, course-poursuite inlassable entre un pasteur pervers et détraqué et la pauvre Liz agneau sacrificiel, qu'on découvrira être sa fille. Sur leur chemin, la traversée ressemble essentiellement à un massacre généralisé, laissant sur le carreau famille et amis jusqu'à la lie, permettant au metteur en scène de scruter une violence exacerbée, sadique, comme un reflet qu'on imagine de toute une époque et d'une culture.

 

frontière au féminin


Baignée dans une succession de métaphores religieuses, Brimstone fustige le christianisme américain dans toute son ambivalence pudibonde, et célèbre (« c'était une guerrière ») la figure féminine, qui réussit à s'extirper de tous les sévices : esclavagisme, maltraitances, viols, marchandisations... Martin Koolhoven ne recule devant rien et glisse parfois dans la complaisance en s'attardant trop sur certains détails scabreux ou en les enrobant de tableaux esthétiques. C'est qu'entre la photo, sublime, les compositions étouffantes de Tom Holkenborg (Mad Max Fury Road) et la déstructuration du récit en quatre chapitres à rebours, l'opération ne brille pas toujours par sa modestie et sa simplicité. Totalement obsédé par La Nuit du chasseur de Charles Laughton, Brimstone hésite constamment entre l'évocation réaliste et le conte horrifique, entre le film d'auteur et l'authentique western bisseux, perdant dans ces hésitations un semblant d'émotion, soit une certaine viscéralité. Un peu dommage car ce chemin de croix joliment féministe reste une tentative plus que courageuse, redonnant au passage un premier rôle tétanisant au trop rare Guy Pearce (L.A. Confidential, Démineurs) ogre moderne face à une Dakota Fanning (la petite fille de La Guerre des mondes) troublante dans sa fausse fragilité. Des airs de survival hard boiled pour un résultat parfois pas bien loin de The Revenant, et une nouvelle déconstruction du mythe américain qui peut faire mal.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
La France est l'un (le ?) des tout premiers pays à pouvoir revoir Brimstone en HD. Le Bluray édité par M6 Video est directement issu du master numérique, parfois marqué justement par ses reflets trop purs, là où sans doute une capture sur pellicule aurait été plus adéquate. Un soupçon de distance donc pour les férus d'un cinéma viscéral, mais qui n'empêche pas le disque d'être une authentique démonstration technique, absorbant les variations d'esthétiques, de lumières, d'ambiances chaudes aux nuits opaques, sans jamais faiblir. La profondeur du cadre est toujours au rendez-vous, tout comme la précision du rendu et la fluidité des contrastes.

 


Son :
L'image est idéale, mais le mixage sonore, DTH HD Master Audio 5.1 est particulièrement riche, constamment nourri par les nappes angoissantes de Junkie XL et surtout un travail impressionnant sur les ambiances. Constamment ample et dynamique, la piste sonore plonge le spectateur dans l'effrayante réalité de Liz, plaçant le film sous une tension éreintante, faisant de la dynamique de l'installation un outil oppressant.

 


Interactivité :
Etonnement, on ne trouvera pas de commentaire audio pour accompagner le film, mais le réalisateur reste tout de même très présent avec une interview assez complète revivant ainsi toute la gestation du film, de l'écriture au montage, du genre aux thèmes explorés. Sobre mais complet. Le curieux sera sans doute bien plus marqué par le segment entièrement dédié à Tom Holkenborg, alias Junkie XL, qui se livre à une leçon complète sur son approche de la composition. Une trentaine de minutes didactiques mais toujours décontractées. L'ensemble s'achève sur une sélection de scènes coupées effectivement assez anecdotiques, ne faisant qu'ajouter de toutes petites interactions entre les personnages.

Liste des bonus : Scènes coupées, Entretiens avec Martin Koolhoven (22'), Junkie XL (Tom Holkenborg) : secrets de compositeur (35'), Scènes coupées (14'), Galerie photos, Bande-annonce

 
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