UN TUEUR DANS LA FOULE
Two-Minute Warning - Etats-Unis - 1976
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Un Tueur dans la foule »
Genre : Thriller
Réalisateur : Larry Peerce
Musique : Charles Fox
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Date de sortie : 5 septembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Tueur dans la foule »
portoflio
LE PITCH
Plus de 90 000 spectateurs sont rassemblés au Memorial Coliseum à Los Angeles, pour assister à une finale de football américain historique : même le Président des Etats-Unis est là ! Personne ne se doute qu’un tireur s’est embusqué derrière le panneau d’affichage des scores, prêt à faire feu. Lorsque les forces de l’ordre le repèrent, ils doivent faire face à une situation est très délicate : avec une telle foule un mouvement de panique serait tout aussi dangereux…
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Cibles multiples

Promesse d'un thriller implacable et percutant, le titre français Un Tueur dans la foule aura sans doute fait rêver de nombreux spectateurs... Plus en tout cas que le Two-Minute Warning anglais, pourtant plus fidèle au concept initial : l'attente.

Un choix narratif particulièrement risqué voir carrément casse-gueule pour un grand spectacle populaire produit par le studio Universal, bien décidé à renouer avec les blockbusters choral de l'époque de L'Aventure du Poséidon à Airport en passant par un Tremblement de terre alors carrément surévalué. Des films catastrophes déployant des budgets colossaux pour l'époque, jouant autant sur l'inédit de certains effets spéciaux (maquettes, montages...) que sur des castings à rallonge entre vieilles gloires, guest stars et vraies têtes d'affiche dans le vent. Pas des masses de billets verts pour Un Tueur dans la foule cependant, mais un massif et viril Charlton Heston en flic "à qui on ne l'a fait pas" (Heston quoi) rejoint par un John Cassavetes en attente d'un projet plus personnel mais étonnamment convaincant en homme d'action, mais aussi par un jeune Beau Bridges, un touchant Martin Balsam (Psychose) ou une magnétique Gena Rowlands. Les uns sont chargé de la sécurité du grand stade et savent exactement ce qui se trame, tandis que les autres, père de famille, couples dysfonctionnels, joueur poursuivis par la mafia ou jeune femme qui rencontre son âme sœur, traversent un moment de vie qui menace à chaque instant d'être stoppé net.

 

tir aux canards


Spécialiste des mélodrames intimes et des belles émotions, le réalisateur Larry Peerce (The Other Side of The Mountain) préfère effectivement s'intéresser aux personnages, à leurs trajectoires, que s'envoler pour un film d'action musclé. Tout le particularisme d'Un Tueur dans la foule est là, soit une montée en pression de plus d'une heure trente jusqu'à une quinzaine de minutes finales en forme de carnage annoncé, regard révélateur et résigné sur les décennies à venir. On est loin du happy end habituel et du sauvetage en règle par les beau héros, mais ces quelques derniers plans auraient sans doute eu plus de puissance si Un Tueur dans la foule n'avait pas tendance à tirer en longueur, perdant de sa ferveur en laissant l'assassin anonyme en haut de sa tour, presque invisible tout au long du métrage. Pas toujours à l'aise avec l'aspect « populaire » du produit, Larry Peerce fait preuve d'une belle efficacité dans les quelques minutes cathartiques, mais pioche surtout ses idées de mise en scène dans les canons de son temps, entre caméra subjective comme le regard du tueur dans le viseur, les montages dans le plan voir l'omniprésence des écrans et des caméras.... Flottent ici et là les esprits de L'Inspecteur Harry de Don Siegel ou La Cible de Peter Bogdanovich, mais sans trop y croire. La carrière du film restera alors assez modeste et cela n'a rien d'illogique.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Totalement boudé par Universal, Un Tueur dans la foule est distribué en HD par d'autres éditeurs comme Shout Factory aux USA ou Elephant en France. Pas forcément le plus simple pour dégotter des négatifs originaux ou imposer un budget de restauration optimal. Ici la copie a subi de nombreuses manipulations, à priori numériques uniquement, pour s'offrir un second souffle. Pas de miracle cependant. Si les séquences en extérieur et en pleine lumière s'en sortent particulièrement bien avec un piqué appréciable et une belle stabilité, dès que la lumières baisse les petites scories apparaissent et la définition faiblit. Un peu opaque l'image montre le plus souvent des teintes qui tirent vers l'austère là où un peu plus de vivacité aurait été bienvenue. Un petit bluray honorable mais pas plus.

 


Son :

On préserve ici la stéréo d'origine, mais joliment gonflée grâce à un DTS HD Master Audio 2.0 qui assure une clarté et une fermeté nouvelle. Le spectacle en version originale est relativement dynamique et efficace, un peu moins pêchu en français, mais les voix sont de qualités.

 


Interactivité :
Belle édition que propose là Elephant Films qui se fend d'une double présentation signée Julien Comelli, qui s'intéresse tout logiquement en premier lieu aux particularités du film, à son réalisateur et à son casting de visages connus ou méconnus. Le second segment est consacré au montage télévisé du film, qu'il analyse en soulignant les origines du procédé et surtout les nombreux changements et re-shooting opérés pour aboutir à un divertissement légèrement plus long, mais surtout totalement différent. C'est la belle surprise du Bluray, qui propose de juger directement sur pièce avec la vidéo complète (2h20) en partie signée Gene Palmer, monteur coutumier de l'exercice. Certes la qualité technique n'est pas franchement spectaculaire mais le document est passionnant tant la tonalité du métrage est totalement déplacée, transformant ce thriller noir et fataliste en petite histoire de braquage peut-être un chouïa mieux rythmée, mais bien plus basique.

Liste des bonus : Montage du film version TV (141'), « 97-Minute Waiting » (31'), « 63-Minute Reshooting » (14'), Galerie photos, Bandes-annonces.

 
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