LE MERDIER
Go Tell The Spartans - Etats-Unis - 1978
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Image de « Le Merdier »
Genre : Guerre
Réalisateur : Ted Post
Musique : Dick Halligan
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 24 octobre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Merdier »
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LE PITCH
Sud Vietnam, 1964. Le Major Barker reçoit la mission d’occuper le village de Muc Wa, abandonné par les français quelques années plus tôt. Disposant de peu d’hommes, Barker est d’abord réticent. Il finit par prendre possession des lieux avec une troupe hétéroclite, composée de vétérans, de bleusailles et de vietnamiens peu aguerris au maniement des armes. Rien ne va se passer comme prévu.
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Trainés dans la boue

Chronologiquement premier long métrage à s'attaquer frontalement au marasme de la Guerre du Vietnam, le curieux Le Merdier n'aura pourtant pas brillé en son temps. En avance de quelques mois seulement sur Voyage au bout de l'enfer et Apocalypse Now, le film de Ted Post en affiche pourtant la rage et le désespoir, mais malheureusement pas les moyens.

C'est cependant sur l'annonce de la mise ne production de ces deux chefs-d'œuvre de Michael Cimino et Francis Ford Coppola, qu'un petit studio indépendant trouva enfin le courage de lancer une adaptation du roman journalistique de Daniel Ford, Incident à Muc Wa publié dix ans plus tôt. Largement inspiré de son vécu sur le terrain aux cotés de pauvres soldats, le texte est terriblement réaliste, sans concession et annonce clairement l'échec à venir pour l'Amérique conquérante. Et comme chacun sait, il faut souvent du temps aux nations pour prendre suffisamment de distance avec ses erreurs guerrières (la France interdira longtemps la diffusion des Sentiers de la gloire par exemple) et pour que le cinéma puisse en donner une illustration honnète et critique. Mais en 1978 le vent à tourné, les troupes sont revenues au bercail trois ans plus tôt et les nouvelles générations ne ferment plus les yeux, attendant justement qu'on en tire les leçons.

 

"c'était pas notre guerre, colonel"


Un souhait que partage tout autant l'acteur activiste Burt Lancaster (il sort juste de L'Ultimatum des trois mercenaires) qui porte finalement le projet à bout de bras et n'hésitera pas à mettre la main à la poche pour que le tournage puisse s'achever. Un film conçu comme une mission, mais une entreprise sans le sou qui va être tourné dans le voisinage californien du parc d'attraction Magic Mountain, obligeant à tricher régulièrement dans les décors, mais aussi à réenregistrer intégralement toute la bande son. Les hélicoptères ne sont pas tout à fait les bons, la star n'a pas tout à fait l'âge requis, les environnements sont épurés au maximum, mais peu importe, le casting de jeunes acteurs est on ne peut plus convaincant entre Marc Singer (futur héros de V) et Craig Wasson (futur looser de Body Double) et surtout le scénario signé Wendell Mayes (Autopsie d'un meurtre, Un Justicier dans la ville) capture finement le message, déconstruisant entre machine grippée et soldats paumés, l'inévitable « merdier » dans lequel l'armée américaine met encore à peine les pieds (nous sommes en 1964). Toute l'ironie cruelle est là puisqu'une simple mission de routine devient une première défaite retentissante provoquée par un état major incapable d'apprendre des erreurs des autres (la France et son Indochine cuisante) et de s'approcher de la culture et de la vraie situation vietnamienne. Pas vraiment spectaculaire mais surtout profondément humain Le Merdier (le titre français n'est finalement pas si mauvais) manque tout de même d'amplitude. Petit artisan longtemps resté dans l'ombre de Clint Eastwood qu'il dirigea dans Rawhide, Pendez-les haut et court et Magnum Force, Ted Post rappelle une nouvelle fois que malgré ses intentions politiques et pacifistes plus que louables, sa mise en scène restait bien trop télévisuelle pour marquer l'histoire.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Difficilement visible depuis des années, cela va sans dire, Le Merdier est revivifié grâce à Rimini qui dégotte le tout nouveau master HD développé par les américains l'année dernière. Une copie excessivement propre, aux cadres étrangement pures, qui laisse apparaitre régulièrement sa méthode de lifting, soit un passage par l'informatique plutôt que par le travail chimique. Si clairement le spectateur y gagne par rapport aux copies neigeuses et fadasses existantes depuis des années, la disparition totale du grain au profit d'un reflet soyeux est un peu dommageable. Reste des couleurs bien pimpantes, des noirs qui, en dehors d'une séquence nocturne, s'en sortent admirablement bien. Pas trop mal pour un film longtemps oublié.

 


Son :
Le DTS HD Master Audio 2.0 reste très porté sur les effets centraux et une certaine économie de moyen. Le rendu est cependant parfaitement efficace et surtout clair et confortable, présent mais jamais écrasant.

 


Interactivité :
Un peu triste de ne pas retrouver sur l'édition française la longue liste d'interviews produite par Scorpion Releasing et regroupant acteurs et réalisateur. Il faudra donc se contenter d'un livret copieux glissé dans le boitier. Ce dernier est un bon moyen de retracer les particularités du film, de décrire un tournage peu luxueux ou l'implication de Lancaster, et bien entendu de le replacer au cœur d'un paysage cinématographique qui avait encore tendance à fermer les yeux.

Liste des bonus : livret de 36 pages.

 
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