DARKMAN
Etats-Unis - 1990
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « DVD »
Image de « Darkman »
Réalisateur : Sam Raimi
Musique : Danny Elfman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 7 novembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Darkman »
portoflio
LE PITCH
Le professeur Peyton Westlake est en passe de réaliser une découverte capitale dans le domaine de la synthèse de cellules de la peau lorsqu’un gang, mené par le sadique Robert G. Durant, anéantit son laboratoire. Peyton est alors laissé pour mort. Mais bientôt une ombre connue sous le nom de Darkman commence à s’en prendre aux hommes de Durant…
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le freak, c'est chic

Fan de comics, Sam Raimi caressait le doux rêve de réaliser son adaptation cinéma de Batman. S'ayant vu refusé l'entrée par la Warner détentrice des droits de l'œuvre de Bob Kane, il se tourna vers un personnage que personne ne connaissait alors : le Darkman.

Sorti tout droit de son imagination frappadingue, cet antihéros est la réponse personnelle du réalisateur aux auteurs de comics et aux majors de cinéma. Mais Sam Raimi a la dent dure. Loin de se décourager, il forcera l'entrée des studios Universal avec son propre concept de film de super héros. Si le personnage n'existe pas sur le papier, l'esprit du réalisateur en a déjà imaginé chaque case et chaque bulle prête à prendre vie d'une manière cinématographique. Roi de la débrouille, (il a tout de même réalisé Evil Dead à l'âge de 22 ans), son savoir faire a de quoi rassurer les producteurs réticents. Lorsque pour son premier film de studio, les producteurs lui octroient une enveloppe d'une quinzaine de millions de dollars, Sam Raimi frôle la syncope. Lui qui a commencé à réaliser ses courts métrages fauché dans son jardin va la trentaine naissante, 12 ans avec de se lancer dans l'aventure des Spiderman, s'attaquer à son quatrième long métrage.

 

frankenstein est un super-héros


La pression est complètement différente de ses autres films. Cette fois, c'est à une major que le cinéaste doit rendre des comptes. Mais comme à son accoutumée, il va maitriser son film de bout en bout. Délaissant son acolyte Bruce Campbell alors sur d'autres projets (ce qui ne l'empêchera pas de faire un cameo ici), il va se tourner vers un acteur de théâtre ayant fait ses armes sur Excalibur, Le Bounty et Mission, Liam Neeson. Loin de l'image que nous en avons aujourd'hui, l'acteur accentue son jeu sans pour autant se rendre ridicule. Magnifié par son maquillage il ballade son corps qui semble trop encombrant pour lui comme si nous étions revenus à l'époque des Karloff et Lugosi dans les mythiques Universal monsters. Il faut dire que Sam Raimi ne se prive pas de références qui sont plus une déclaration d'amour en forme d'hommages que de pompages à outrance. Sa mise en scène se veut à bien des moments expressionnistes comme si les Frankenstein de James Whale y côtoiraient le Freaks de Tod Browning, il se réapproprie les codes du cinéma muet pour le dépoussiérer à sa sauce sans que cela ne choque. Le film fourmille de mille idées. C'est la marque de son auteur ou la caméra virevolte dans tous les sens, Raimi utilise ses zooms saccadés expérimentés sur ses tournages précédents. Une fois encore, il exploite le moindre recoin de ses décors, le film peut se regarder comme une expérimentation des œuvres à venir de l'auteur, notamment son travail sur les Spider-Man. Le laboratoire d'Octopus ressemble étrangement à celui de Darkman, la poursuite en hélico entre les immeubles voit Neeson voltiger comme l'homme araignée. Sam Raimi s'est amusé dans la création de cet univers et ça se voit, il joue sur le fantastique avec beaucoup d'humour sans que l'un n'empiète sur l'autre.

 

naissance d'une icône


Les seconds rôles eux-mêmes se prêtent au jeu. Larry Drake joue le méchant d'opérette avec délectation, il volera d'ailleurs la vedette au Darkman dans le second volet. Egérie des frères Coen, Frances McDormand rejoint également le casting. Choix étonnant pour une actrice plus à l'aise dans le circuit indépendant mais logique. Sam Raimi après avoir envisagé alors la petite amie de Liam Neeson, une certaine Julia Roberts (préférant partir sur le tournage de Pretty Woman) en profite pour faire tourner une amie de longue date, compagne de Joel Coen au passage, autrefois monteur sur un certain Evil Dead. C'est devenu un film de famille. Et Danny Elfman s'apprête à y entrer, signant une bande originale élégante et lyrique, endiablée et relevé, dans la veine de ses précédents Batman et du Edward aux mains d'argent pour Burton. L'une de ses plus belles compositions. Fait assez rare dans le milieu du cinéma, c'est le studio qui, emballé par les rushs ; proposa au réalisateur une rallonge budgétaire pour en faire un de ses films de l'été.

Beau succès public doublant en recettes son budget, le film vit éclore deux suites. Sans atteindre les sommets du box-office il profite de l'éclosion des vidéoclubs pour accéder au statut d'œuvre culte. Un nouvel héros est né, Darkman peut se regarder comme on lirait un comics. Raimi a gagné son pari.

Cédric Lemaire








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Image :
Une cure de jouvence pour cette série B culte qui méritait bien une vraie restauration. Le plus notable est clairement les efforts fournis sur la colorimétrie et le maintien des noirs permettant de rendre, enfin, justice à la photographie de Bill Pope et de renforcer encore le travail des maquilleurs sur le film. Forcément les effets spéciaux composites ont un peu plus de mal à se fondre dans le décor. Reste qu'un travail à la source aurait été bienvenu, le nouveau master reposant essentiellement sur des retouches numériques et certaines séquences sont terriblement marquées par l'abus de réducteur de bruit. Un peu dommage.

 


Son :
Bien que l'on pourrait craindre qu'une piste française en stéréo, même glissé en DTS HD Master Audio, n'ait pas de coffre, elle s'en tire plutôt bien grâce à un très bon équilibre entre les pistes sons et voix. La VO dans un bien plus glorieux DTS HD Master Audio 5.1 offre naturellement plus de substance avec quelques bons effets surround, une clarté inédite et surtout une dynamique largement plus notable pour la musique de Elfman.

 


Interactivité:
Le moins que l'on puisse dire c'est que l'éditeur L'Atelier d'images a mis les petits plats dans les grands, question bonus. Le coffret mérite largement son appellation de collector. C'est un boitier limité à 4.200 exemplaires au format BD qui contient, et c'est logique, le comic inédit en France Darkman VS Army of Darkness. Un crossover improbable entre les deux œuvres cultes de Sam Raimi concocté par Kurt Busiek et Roger Stern au scénario et James Fry pour les dessins, le tout sous la surveillance de Dynamite, spécialiste des BDs à licence. Un cocktail détonnant et bien barré en forme d'hommage bourré d'action et d'humour noir... et de tonnes de vannes pourries signées Ash !

Pour la suite on se dirige vers le premier Bluray qui, en plus du film, contient un défilé de suppléments. Divisées en plusieurs sections, la première partie revient sur l'héritage Darkman avec des modules réalisés pour la plupart en 2014. La seconde partie se consacrera plus volontiers à des interviews d'époque.

La première section Darkman, vu aujourd'hui s'ouvre sur une présentation du film par Julien Dupuy et Stéphane Moissakis. Les deux (ex)compères de Mad Movies nous livrent la genèse du film et toutes les anecdotes qui vont avec. Aussi analytique qu'informatif c'est une excellente mise en bouche pour la suite du programme. La parole y est donnée à un grand nombre d'intervenants qui ne sont pas avares en anecdotes de tournage. « L'univers de darkman », s'attarde sur le croisement entre l'univers graphique du film et l'approche très comic book de Raimi. S'ensuit les interviews de Liam Neeson qui se rappel du martyre des 5h de maquillages que lui imposa le jeune réalisateur tandis que Frances Mc Dormand évoque ses galères de jeunesse où elle a cohabité avec Raimi et les frères Coen. Les maquilleurs sans qui le film n'aurait aucune crédibilité ont également droit à leur heure de gloire avec un module très bien documenté.
Histoire de remonter le temps, ce second segment « Darkman vu d'hier » nous replonge dans les interviews de 1990 où une demi-heure durant Raimi revient (complètement crevé) sur le processus créatif du film, de son scenario à son casting. S'en suit des interviews de Liam Neeson, Frances Mc Dormand et du second couteau du film Colin Friels. De courts making of promo d'époque ainsi que des bandes annonces s'ajoutent aux bonus avant de se conclure sur un storyboard et de nombreuses galeries photos.

Non content de nous avoir livré plus de trois heures de suppléments, l'éditeur nous octroie une seconde galette avec les deux suites du film. Les rennes de l'aventure sont alors confiés au réalisateur TV Bradford May ; Sam Raimi restant simple producteur. Directement produit pour la vidéo, ses films ont connu de belles heures dans les vidéos clubs (période bénie que les moins de quarante ans ne peuvent pas comprendre). Universal profita donc de cet engouement pour nous sortir non pas un mais deux films tournés dans la foulée. Liam Neeson laisse sa place à Arnold Vosloo plus connu pour son rôle dans La Momie version Brendan Fraser que pour celui-ci. Tourné à la vite, le pauvre metteur en scène fait ce qu'il peut pour sauver les meubles mais ne se fait guère d'illusion. Le Darkman doit à nouveau affronter son ennemi juré Durant que l'on croyait mort dans le second opus tandis que des méchants cherchent à piquer le secret de sa force (?) dans le troisième. Malheureusement, ces films sont bien loin de leur modèle et l'action cède bien souvent la place à l'ennui. Des cadeaux pour les complétistes mais qui font bien plus office de curiosités que de spectacles convaincants. Les copies des blu-ray sont tout à fait honorables bien que la VF soit nettement en retrait par rapport à la VO. L'image, bien que terne par moment tient plutôt bien la route, surtout pour des segments tournés en vidéo.

Liste des Bonus : BD Darkman VS Army of Darkness, Darkman vu d'aujourd'hui :« Darkman : Sam Raimi et ses influences » : interview de Julien Dupuy et Stéphane Moïssakis (2017 - 14'50") ;« L'Univers de Darkman » : interview du directeur artistique et du responsable des décors (2014 - 16'04") ;« Disséquer Darkman » : interview de Liam Neeson (7'10" ) ;« Souvenirs d'une expérience pas comme les autres » : interview de Frances McDormand (10'23") ;« Mon nom est Durant » : interview de Larry Drake (2014 - 15'19") ;« Les Hommes de Durant » : interview de Dan Bell et Danny Hicks (2014 - 12'25") ;« Le Visage de la vengeance » : interview du responsable des maquillages (2014 - 12'48") ;Darkman vu d'hier:Interview de Sam Raimi (27'46") ;Interview de Liam Neeson (33'36") ;Interview de Frances McDormand (24'50") ;Interview de Colin Friels (14'41") ;Making of d'époque (8'37") ;Matériel promotionnel d'époque: Bande-annonce (1'42") ;Spots TV (4'13") ;Storyboards (98 planches) ;Galeries photos : Coulisses du tournage (55 photos) ;Maquillage (6 photos) ;Affiches et photos presse (23 photos) ;Photos (102 photos) :Blu-ray Darkman II et III : Bande annonce d'époque Darkman II (1'34") ; Bande annonce d'époque Darkman III (1'07").

 
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