FELLINI ROMA
Roma - Italie / France - 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Fellini Roma  »
Réalisateur : Federico Fellini
Musique : Nino Rota
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 23 janvier 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Fellini Roma  »
portoflio
LE PITCH
Rome durant la première moitié du XXe siècle… A travers ses souvenirs d’enfance ou d’adolescence, Federico Fellini livre la plus belle des déclarations d’amour à sa ville d’adoption. De la nostalgie à la satire, de la truculence au lyrisme, une fresque inoubliable, aux innombrables séquences d’anthologie.
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ville découverte

Plus de dix ans après La Dolce Vita, le magistral Federico Fellini revenait dans la périphérie de sa ville d'accueil, le terreau de son cinéma : Rome. Un film atypique, dispersé, entre l'autobiographie, le documentaire, la carte postale potache et le cinéma vérité, soit un portrait d'une cité hors du temps, symbole de la fièvre italienne alors bousculée par une société en pleine ébullition.

Film élégant, suave, et admirablement construit, La Dolce Vita et les errances nocturnes d'un Marcello Mastroianni au sommet de son charme rital, était d'une certaine façon un regard fantasmé sur une ville que l'on ne découvrait alors que par le petit bout de son intelligentsia, entre jet-set locale, intellectuels et bourgeoisie festive. Nettement plus franc et personnel, Roma, lui, est une tentative admirable et courageuse, d'embrasser littéralement tout ce qui fait la richesse, la force et la crudité d'une ville aussi cosmopolite et chargée que la capitale italienne. Une succession de tableaux, inégaux, éclatés, qui n'a de cesse de faire des va-et-vient entre les élans autobiographiques du cinéaste qui conte son arrivée dans la ville, la découverte des bruyants et grouillants quartiers populaires, et une captation contemporaine, entre le documentaire et la fiction outrée. Pas vraiment un film à sketch puisque chaque segment répond à d'autres (comme la prostitution décortiquée à travers les époques) et surtout que l'exploration se fait de manière organique, glissant sur les réseaux de circulation que sont les routes et leur pollution opaque, les rues et ses passants vociférant en tous sens avant d'aller se moquer d'un spectacle vieillot et pathétique.

 

un sacré plat de pâtes


Ca s'interpelle, ça bouffe, ça gueule, ça court, Fellini ne cachant au grand jamais les murs antiques devenus grisâtres, recouverts de graffiti, les rues pleines d'ordures, le tout parfois au format d'une fiction reconstituée dans les décors luxueux de Cinecitta, parfois capturé dans la réalité, tel un documentaire sauvage où s'ébattent jeunes hippie en quête de liberté et répression des années de plombs. Toute l'ironie d'un pays, d'un cinéma, d'une ville mythique résumée en deux heures totalement subjectives. Une compression parfois excessivement touffue, une œuvre pantagruélique où la truculence d'une population dépeinte avec autant de réalisme que de caricature, contraste volontairement et fortement avec quelques imminences qui habitent tout autant les enceintes de l'ancienne centre du monde : les politiques corrompus (personnalisé ici par les forces de polices et les apparitions du gouvernement de Mussolini) et les ordres religieux. Ce dernier se paye d'ailleurs l'un des passages les plus truculents de Roma : un défilé de mode ecclésiastique totalement absurde et gamin où certains mannequins se pavanent en patins à roulettes, mais qui s'achève de manière effrayante sur un étrange navire fantôme. Rome une ville morte ? Fellini la voit en tout cas comme une mère généreuse déjà morte et déjà revivifiée, comme en atteste les plus belles séquences du film : une prostituée opulente qui capte la lumière autant qu'une venus de Milo, une horde de motards qui restructurent des ruines vides et nues par leurs ténèbres et cette visite sidérante du métro, alors en construction. Une percée dans le mur d'une villa anthique oubliée et enterrée depuis des lustres, et une équipe de journaliste sur place capture la majesté des lieux avant que les fresques ne disparaissent en poussière, abimées par le carbone venu de l'extérieur. Magique et tellement cinématographique !

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
En 2010 L'Immagine Ritrovata de Bologna a investi dans une couteuse et solide restauration du film à partir du négatif 35mm original. Un travail admirable que l'on retrouve en Italie, en Angleterre ou aux US (via Criterion bien entendu)... mais clairement pas en France. Le nouveau master annoncé est manifestement une ancienne copie retravaillée numériquement pour tenter de s'inscrire sur les nouveaux écrans HD. Aucune restauration réelle n'est visible, le cadre ne cessant d'être marqué par des taches, griffures et autres instabilités, et le spectacle est baigné dans des aplats créés par une surabondance d'un traitement uniforme au réducteur de bruit. Pas franchement beau, parfois opaque, la copie gagne tout de même un peu d'énergie du coté des couleurs, chaudes et présentes.

 

Son :
Le son n'est malheureusement pas beaucoup mieux loti avec un DTS HD Master Audio affirmé sur des pistes sonores mono bien fatiguées, laissant entendre des effets de souffle et de distance, quelques grésillements ou pertes en saturation.

 


Interactivité :
Belle édition éditoriale que voilà (c'est déjà ça) avec un bluray proposé en édition single ou en collector comprenant le bluray, mais aussi le format DVD et deux autres DVDs dédiés uniquement à la série de quatre documentaires intitulés Zoom sur Fellini. Des productions de 1983 un peu datées dans leur habillage et le grain télévisé, mais qui offrent, avec des durées assez conséquentes, l'opportunité de retrouver nombres de légendes du cinéma italien et mondial dans les deux premières parties réservées aux acteurs qui ont joué pour Fellini. Mastroianni bien entendu, mais aussi Terence Stamp ou Anita Ekberg (parmi beaucoup d'autres) racontent avec franchise et beaucoup de chaleur leurs collaborations avec le cinéaste, leurs rencontres, sa vision du cinéma, etc. Très intéressant est plutôt bien complété par une sortie de making de Et vogue le navire... qui remplit l'essentiel du 4ème segment (on y voit donc Fellini diriger son plateau) et surtout un échange plus direct autour des scènes coupées d'Amarcord, Les Nuits de Cabiria et Casanova. Outre un coté « documents rares » cette petite chance là fait aussi mieux comprendre le mélange de rigueur et de liberté du cinéma de Fellini.
Bien entendu Roma n'est pas totalement oublié puisque sur son disque dédié on trouve une intéressante présentation / analyse du film par le journaliste italien Italo Moscati et un lot de scènes coupées du métrage. Des documents longtemps invisibles, le plus souvent des portions légèrement plus longues de passages gardés dans le film, où l'on croise un certain Marcello dans un petit clin d'œil assez amusant.

Liste des bonus : Interview de l'écrivain et réalisateur Italo Moscati , auteur de l'œuvre « Fellini & Fellini, l'inquilino di Cinecittà » (22'), Scènes coupées (17'), Bandes-annonces. Les documentaires « Zoom sur Fellini » en 2 DVD (192').

 
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