LE CRIME DE L’ORIENT EXPRESS
Murder on the Orient Express - Etats-Unis / Malte - 2017
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Genre : Policier
Réalisateur : Kenneth Branagh
Musique : Patrick Doyle
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 7.1, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais
Durée : 114 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 18 avril 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.
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sur les rails

Quarante ans après son heure glorieuse au cinéma, Hercule Poirot est devenu avec le temps un héros récurrent des programmes vieillissants des dimanches midi pluvieux. Son retour avec faste sur grand écran n'avait donc rien de superflu, surtout que son instigateur, Kenneth Branagh a su s'entourer pour déclamer sa flamme au plus belge des détectives anglais.

Etrangement devenu au cours des années un réalisateur bankable enchainant les grosses productions tour à tour boursoufflées (Frankenstein, Thor, The Ryan Initiative) ou généreusement relevée (le surprenant Cendrillon), Kenneth Branagh délaisse ses glorieux élans shakespearien pour s'attaquer à une autre référence de la littérature anglaise : Agatha Christie. Et quoi de mieux pour lancer une série, car c'est manifestement l'intention ici, que de s'attaquer directement à son mystère le plus abouti, le virtuose Le Crime de l'Orient Express. Un petit bijou de polar déjà admirablement porté à l'écran par Sidney Lumet en 1974 avec un parterre de stars des plus impressionnants. La note est préservée ici avec des passagers charismatiques allant de la charmante Daisy Ridley (nouvelle héroïne des Star Wars) aux vétérans Judi Dench ou Derek Jacobi, sans oublier au passage une impressionnante (comme toujours) Michel Pfeiffer et un Johnny Depp que l'on n'avait pas connu si aigue depuis des lustres. Une affiche qui fait son effet et s'offre régulièrement quelques très jolies scènes, mais qui se fait systématiquement voler la vedette par l'immense Hercule Poirot, devenu littéralement la star du film.

 

le crime est son affaire


Une volonté de remettre le personnage sur le devant de la scène, d'en révéler toute la superbe littéraire quitte à s'inspirer, avec un angle plus sympathique et humain, des recentes évocation de Sherlock Holmes (les films de Ritchie et la série Sherlock). Un détective brillant, empathique, légèrement maniaque et forcément farfelu que le réalisateur Kenneth Branagh s'est forcément octroyé. Un ego qui lui aura souvent joué des tours dans sa carrière (époustouflant dans Hamlet, insupportable dans Frankenstein), mais qui heureusement fonctionne généralement plutôt bien ici. Surtout dans ses atours les plus curieux, les plus fantasque d'ailleurs, le réalisateur / acteurs se perdant à quelques reprises dans une ébauche d'illustration psychologique du personnage (son veuvage) aussi inexploité qu'inutile. Branagh aime les personnages excessifs, flamboyants, en véritable monstre théâtrale qu'il est, faisant comme souvent, rejaillir cette énergie mal canalisée dans une mise en scène alternant entre les mouvements aussi laborieux que superflus, et les cadrages plus musclés, resserrés, citant, non sans élégance, les grands thrillers d'Alfred Hitchcock. Jamais totalement convaincant donc, ce Crime de l'Orient Express contemporain, n'en reste pas moins une adaptation extrêmement fidèle et particulièrement plaisante, installant une photographie ébouriffante et une reconstitution spectaculaire des années 30, tout en préservant une mécanique de résolution bien huilée. On frôle parfois le trop de Branagh, mais si le bougre réussit à mettre en boite le Mort sur le Nil annoncé en épilogue, on pourrait replonger.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Très attachée à offrir une nouvelle étoffe esthétique à l'œuvre d'Agatha Christie, Kenneth Branagh a opté pour une image léchée, fouillée, reposant avec force et finesse sur un tournage presque anachronique en 65mm (un format ultra large et rare), achevé par un traitement luxueux en 4K. Le bluray en présence est donc forcément des plus impressionnant et repousse à de nombreuses occasions les capacités du support en déployant des variations de teintes assez sublimes, une profondeur manifeste et un piqué à tomber. Seules les manipulations numériques sautent un peu aux yeux dans le tableau général, mais à coté de cela les nombreuses séquences intimistes, en basse luminosité, sont à ce point maitrisées et colorées qu'on pardonne aisément.

 


Son :
Sans être vraiment aussi spectaculaire que l'image, le mixage sonore Anglais DTS HD Master Audio 7.1 est tout de même un complément de taille dans la dimension qu'il ajoute constamment avec discrétion et subtilité. Le balancement du train, la tempête de neige qui frappe les fenêtres et s'engouffre entre les wagons, les craquements du bois, tout cela est restitué avec un dynamisme réaliste et enveloppant. Les voix ne sont bien entendu pas en reste et même la musique oubliable de Patrick Doyle réussit à y trouver son compte. Avec un DTS HD Master Audio 5.1 tout à fait solide, la version française fait ce qu'elle peut pour proposer le même relief, mais le doublage ma bonne dame c'est plus ce que c'était...

 


Interactivité :
Soufflant le chaud et le froid, les différents et nombreux suppléments présents sur le disque semblent hésiter constamment entre plusieurs approches. On évite donc pas les inlassables featurettes gentiment promotionnelles qui présentent les nombreux personnages du film, et donc un casting de rêve, ou les réflexions débordantes de camaraderie et d'enthousiasme. Classique, au milieu de ces petits making of survolant le tournage on découvre tout de même quelques informations sur les coulisses, et en particulier certaines décisions bien senties prises par le réalisateur comme cette introduction inédite et assez originale, le choix du format ou les quelques échappées du huis clos.
Plus surprenant par contre, les deux premiers items tournant autour de l'auteur et du personnage d'Hercule Poirot, laissent la parole le plus souvent à des spécialistes de l'œuvre ou des membres de la famille Christie, avec même quelques archives audio, piquantes, de la dame. Belles surprises aussi du coté des scènes coupées, avec certes des segments en trop, mais qui montrent des tentatives de rapprochement avec le film de Lumet (la première introduction), avec La Maison du Docteur Edwardes et surtout un plan séquence techniquement impressionnant.

Liste des bonus : Commentaire audio de Kenneth Branagh et Michael Greene, scènes coupées (16'), Agatha Christie: An Intimate Portrait (19'), Let's Talk About Hercule Poirot (10'), Unusual Suspects: Part One (5'), The Art of Murder (16'), Unusual Suspects: Part Two (6'), All Aboard: Filming Murder on the Orient Express (16'), Unusual Suspects: Part Three (7'), Music of Murder (7'), Bandes annonces.

 
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