TRAIN DE NUIT DANS LA VOIE LACTéE
Ginga–testudô no yoru - Japon - 1985
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Gisaburô Sugii
Musique : Haruomi Hosono
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Japonais Dolby Digital 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 2 mai 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Enfant d’une famille pauvre, Giovanni doit travailler chaque jour pour aider sa mère malade. Il est souvent l’objet de moqueries de la part de ses camarades de classe. Son seul ami est Campanella. Les deux enfants vont vivre une incroyable aventure à bord d’un train voyageant… dans la Voie Lactée. Ils vont assister à une suite d’événements extraordinaires.
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Anime étoilé

Nouvelle fantastique célébrée par toutes les générations de jeunes japonais, Ginga-testudô no yoru est sans doute le texte le plus célèbre de l'incontournable Kenji Miyazawa. Sauf que ce dernier, malgré une traduction intégrale de son œuvre chez Le Serpent à plume, n'est connu par le grand public français (et encore) que par des moyens détournés. Avec un peu de retard, le Train de nuit dans la voie lactée, s'arrête heureusement enfin dans une gare près de chez nous.

Au final, on ne connait de Miyazawa que l'adaptation de Goshu le violoncelliste par un Isaho Takahata pré studio Ghibli, les allusions récurrentes à ses récits dans nombres d'animés, et surtout l'aura dont jouie clairement Train de nuit dans la voie lactée, cité directement dans le récent L'ile de Giovanni ou transformé en odyssée SF par Leiji Matsumoto dans le tout aussi nostalgique Galaxy Express 999. Voici donc enfin officiellement dans notre territoire la version cinéma concoctée en 1985 par le Group TAC (Théo ou la batte de la victoire, Nine...) qui certes transforme les deux jeunes héros en chat anthropomorphisés, mais reste au-delà de ce détail cosmétique très proche des thèmes et réflexions explorés en prose. Soit le voyage hors du temps et hors de l'espace de Giovanni et son camarade Campanelle, à bord d'un étrange train à vapeur spatiale dont chaque arrêt va donner lieu à autant de paysages fantasmatiques que de rencontre avec de curieux personnages (un chasseur de héros magiques, des enfants noyés dans le naufrage du Titanic).

 

un ticket pour l'espace (intérieur)


Un conte philosophique aux airs naïfs, tel une rêverie sur les pas de Pinnochio (le contexte est très « italien »), qui prend surtout des airs d'exploration existentielle, sur la vie, la mort, l'amitié, la nature et les sacrifices, portés constamment par les valeurs bouddhistes et humanistes de Kenji Miyazawa. Typique de son époque dans sa fluidité et ses effets économes, l'anime délivre cependant une véritable âme dans son illustration presque surréaliste, flottante, souvent apportée tout autant par la bande originale atypique imaginée par Haruomi Hosono. Un musicien connu comme l'un des trois membres du groupe Yellow Magic Orchestra aux cotés de Yukihiro Takahashi et Ryuichi Sakamoto. Un soupçon de notes électroniques décalées qui ne perturbent jamais l'artisan vétéran Gisaburô Sugii, ancien collaborateur d'Osamu Tezuka sur la série Astroboy, récemment revenu en 2012 sur grand écran avec le très proche Budori l'étrange voyage (et pour cause, c'est là aussi une adaptation de Miyazawa)... Mais les fans français le connaissent surtout pour son travail remarquable sur un certain Street Fighter II: The Animated Movie. Et étrangement ces deux productions diamétralement opposées mises en parallèle révèlent en filigrane une véritable personnalité dans une recherche constante de pauses contemplatives et dans la mise en place d'une mélancolie sensible. Si parfois Train de nuit dans la voie lactée a des airs absconds et peut désarçonner par sa morale opaque et sa construction en parenthèse détachée, ce film d'animation est une réalisation étonnante, souvent hypnotique, et la rencontre enfin concrétisée entre les spectateurs français et un petit classique de l'animation japonaise des années 80.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Inédit en France, le film s'installe directement dans notre paysage avec un combo DVD / Bluray. Un master récent manifestement, et un scan HD extrêmement efficace pour capturer les contrastes, la force des traits et la qualité poétique de nombreux tableaux. La copie d'origine par contre n'a pas été restaurée de fond en comble et reste encore occupée par de nombreuses apparitions de points noirs, petites griffures et de plans légèrement neigeux, essentiellement dans les transitions ou les effets spéciaux vidéos (nous sommes en 1985). Pas parfait, mais assez délicat, préservant le grain de pellicule et les petites variations des cellulos, rappel d'une confection encore traditionnelle de l'animation.

 


Son :
Malheureusement pas de version française existante coupant la découverte d'une partie de son jeune public. Reste la version originale japonaise proposée soit en stéréo d'origine plutôt sobre et direct, soit dans un Dolby Digital 5.1 plus moderne. Un mixage tout de même très respectueux de l'œuvre originale soulignant l'étrangeté de la bande originale et offrant quelques effets plutôt dynamique et harmonieux.

 


Interactivité :

Œuvre méconnu et, une fois encore, inédite en France, Train de nuit dans la voie lactée méritait pleinement d'être accompagnée de suppléments introductifs et explicatifs. Un programme en l'occurrence plutôt solide de ce coté là avec pour commencer l'interview d'Hélène Morita, traductrice des œuvres de Kenji Miyazawa qui dresse le portrait de l'auteur, sa place au sein de la littérature nippone et l'importance justement du texte adapté ici. S'intéressant cette fois-ci au réalisateur Gisaburô Sugii, l'entretien avec Olivier Fallaix (ex-rédacteur en chef d'Animeland), débroussaille une carrière plutôt discrète, mais solide, entre industrie productive et œuvres plus ambitieuses.

Liste des bonus : « À propos de Kenji Miyazawa » : par Hélène Morita, traductrice française de ses oeuvres (21'), « Gisaburo Sugii, pionnier du cinéma d'animation » : par Olivier Fallaix, spécialiste de l'animation japonaise (17'), Bandes-annonces.

 
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