KIDS RETURN
Kizzu ritân - Japon - 1996
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Réalisateur : Takeshi Kitano
Musique : Joe Hisaishi
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS-HD 2.0, Français DTS-HD 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : La Rabbia
Date de sortie : 4 juillet 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Kids Return »
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LE PITCH
Masaru et Shinji sont deux adolescents japonais qui s’ennuient à l’école et préfèrent passer leur temps à zoner et jouer les petites brutes. Après s’être fait rosser à leur tour, ils vont décider de se mettre à la boxe.
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Bully soit qui mal y pense

La Rabbia continue tranquillement d'éditer la filmographie de l'un des cinéastes japonais les plus fascinants de ces dernières décennies. Après Hana-bi, son plus grand chef d'oeuvre, l'éditeur se penche cette fois ci sur le film qui l'a précédé. Forcément moins puissant mais tout aussi intéressant.

Quand on pense à l'école au Japon, on pense aux uniformes, au sérieux, au travail acharné, à la discipline en somme. Or, Kids Return est tout le contraire. Il raconte l'histoire de Masaru et Shinji, deux cancres pas du tout fait pour l'école. Ils s'y ennuient et passent le temps en y faisant des conneries plus ou moins énormes allant de la marionnette au sexe en érection suspendue à la fenêtre durant la classe de mathématiques, à la voiture d'un professeur tout bonnement et simplement incendiée. Des faits qui les mènent logiquement au renvoi et les livrent à une jungle urbaine dans laquelle ils vont devoir survivre en devenant des petites frappes se livrant au racket et au vol. Jusqu'à tomber sur plus fort qu'eux et se trouver enfin un but en décidant d'apprendre à boxer. Mais alors que Masaru (le plus dangereux des deux) finit par se rendre compte que même ce sport n'est pas fait pour lui, Shinji, lui, se découvre un vrai talent de boxeur et prend de la distance avec son ami qui finit par grossir les rangs des yakusas locaux.

 

espoir et desespoir


Comme souvent chez Kitano, le portrait de ses personnages baigne dans un cynisme et un désespoir plus ou moins profond. Un sentiment dépressif exacerbé par le fait que jamais le réalisateur ne nous présente ses personnages, préférant filmer leurs actes et nous laisser imaginer le pire concernant leurs origines. Des losers au comportement erratique qui ne savent pas où ils vont peut être tout simplement parce qu'ils ne savent pas d'où ils viennent. Et au-delà du duo de Masaru et Shinji, Kitano brosse le portrait tout aussi désenchanté de quelques uns de leurs camarades de classe, pourtant plus calmes : les deux compères qui veulent devenir humoristes , celui qui souhaite devenir commercial... Que leurs choix soient réfléchis ou pas, qu'ils réussissent ou pas, le résultat est le même : tout les éloigne de leur enfance, du temps béni de leur insouciance, thème central du film.
Les deux acteurs principaux, au début de leur carrière à l'époque, donnent une fraîcheur et un naturel indéniables à leur personnage qu'un thème encore une fois magnifique de Joe Hisaishi, tout en énergie communicative, vient habiller de fort belle manière. Mais malgré ces apparences, Kitano dresse le portrait peu reluisant de la société japonaise, dans lequel il parle encore beaucoup de lui même (la boxe, qu'il a pratiqué, le duo de comique) et derrière quoi on sent une lourde et pesante amertume. Jusqu'à un final plein d'espoir qui rompt peut être un peu trop facilement avec ce qui précédait, comme si le réalisateur s'était rendu compte de la chape de plomb un peu trop lourde qui régnait sur son film.

Sans être des meilleurs ouvrages de son auteur, Kids Return vaut donc le coup d'oeil et mérite d'être vu. Ne serait ce que parce qu'il cristallise encore une fois ce qui se déroule en permanence dans la tête d'un des plus célèbres clowns tristes du cinéma contemporain et filme peut être comme personne le Japon tel qu'il est, à mille lieux de l'iconographie animée, bruyante et sucrée qui nous parvient jusqu'ici.

Laurent Valentin








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Image :
La vision du réalisateur impose une photo froide, grise et donc peu contrastée mais que le support HD sait rendre à merveille, notamment dans les détails. La restauration est effective avec une stabilité nouvelle pour un master dénué de défaut visible et désormais doté d'un piqué solide, d'une netteté remarquable... tout cela en préservant le grain d'origine.

 


Son :

En VO comme en VF, la piste d'origine a été correctement soignée mais c'est bien le thème de Joe Hisaishi, résonnant souvent de manière brutale, qui en profite le mieux, allant jusqu'à faire oublier que tout cela n'est finalement que de la stéréo.

 


Interactivité :
La bande annonce du film restaurée et un making of. Ce dernier est en fait un montage de plusieurs enregistrements pris sur le vif durant le tournage. On y apprend que le réalisateur change souvent ses dialogues au dernier moment et on le voit surtout diriger ses deux jeunes acteurs et les jeunes hommes partager leur fierté de travailler pour le bonhomme. Un intérêt tout relatif, donc. Le boitier contient aussi un livret inédit de 40 pages.

Liste des bonus : Livret 40 pages, Making of (21'), bande annonce.

 
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