BAGDAD CAFé
Out of Rosenheim - Allemagne - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Bagdad Café  »
Réalisateur : Percy Adlon
Musique : Bob Telson
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 2.0 anglais, français et allemand
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 17 juillet 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Bagdad Café  »
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LE PITCH
Suite à une dispute avec son mari, Jasmin, une femme d’origine bavaroise, atterri dans un petit hôtel miteux situé entre Las Vegas et DisneyLand : le Bagdad Café. L’endroit, dirigée par Brenda, une jeune femme bruyante et revêche, est un repère de routiers et de personnages fantasques. C’est dans ces conditions que va naître une amitié hors du commun entre Jasmin et Brenda, deux personnalités pourtant diamétralement opposées…
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Artisan Torréfacteur

Attendu par personne et distribué sans conviction, Bagdad Café sera pourtant l'un des plus gros succès de l'année 88 dans le monde et tout particulièrement en Allemagne et en France, décrochant au passage un César du meilleur film étranger et vendu des millions de disques de son titre principal, l'inoubliable « I'm Calling You ». Un carton générationnel qui 30 ans après ne peut cacher son âge, ni certains de ses charmes toujours intacts.

Car dès ses premières images de désert brulé par le soleil, son montage syncopé, sa caméra aux angles biaisés, ses filtres de couleurs bien pétants et l'explosion de la chanson soul à l'odeur de diesel, Bagdad Café s'inscrit comme un pur produit de sa décennie. Un film aux faux airs de clip de Sade, aux relents de pub légère pour le café frappé Nescafé, qui pourrait alors tout autant sentir la naphtaline de nos jours, encombré dans sa quête esthétique un peu vaine et son rythme aussi lancinant que la voix de Jevetta Steele. Reste que la nostalgie fait pour une grande par des sensations que cette comédie dramatique continue de véhiculer, mais aussi ce qui semble être la conviction totale et fervente d'un cinéaste porté par ses envies de cinéma. Percy Adlon donc, réalisateur dont ce sera à l'international son seul et unique vrai succès, mais très respecté dans son pays d'origine pour des œuvres comme Sugar Baby ou Céleste, qui scrute une vision des plus personnelle de l'Amérique.

 

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Celle du paysage décharné d'un bout de désert à quelques kilomètre des lumières de Las Vegas, oublié de tous, où semblent se rassembler dans un motel miteux et poussiéreux les rebus de l'ère Reagan : des noirs, des amérindiens taiseux, une prêtresse du tatouage, des ados paumés, un australien obsédé par ses boomerangs, un ancien décorateur de cinéma des plus excentriques (incroyable et inattendu Jack Palance) et un défilé de conducteurs de poids lourds un peu à la ramasse. Une communauté qui s'ignore que va progressivement ramener à la vie et souder la pourtant tout aussi larguée Jasmin Münchgstettner (Marianne Sägebrecht, actrice fétiche d'Adlon). Une pure bavaroise qui tout comme la propriétaire Brenda (CCH Pounder parfaite) va apprendre à dépasser ses préjugés, à s'ouvrir aux autres pour que naisse une amitié indéfectible. Un métrage profondément optimiste, joyeux, qui résonne constamment comme une jolie parenthèse enchantée, une utopie éphémère, conçue avec fragilité et sincérité. L'écriture y est toujours juste, entre sourires complices et petits coups de gueules, et surtout le casting dans son intégralité tient du miracle, tant la finesse des interprétations sauve très souvent les scènes les plus incongrues, ou celles qui auraient pu vriller vers les bons sentiments faciles. Pas étonnant, dans ce tableau ultra-lumineux et joviale, d'y croiser alors d'authentiques tour de magie qui fond le bonheur des clients du Bagdad Café, ou un final qui ressemble à s'y méprendre à une comédie musicale fauchée, pas si loin d'un John Waters, lui aussi amoureux des outcasts de tous bords.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Seconde édition Bluray de Bagdad Café pour Studio Canal qui revoit clairement sa copie avec un tout nouveau scan 4K ultra précis et une restauration chimique de l'objet (et non numérique comme ce fut le cas précédemment). Et le résultat est là ! Outre une propreté à toute épreuve et un piqué impeccable (si on excepte le générique et ses cartons titres), le film gagne en puissance sur tout les plans entre des couleurs vives et contrastées, une profondeur inédite et un grain de pellicule présent mais organique et délicat. Admirable.

 


Son :
Les trois pistes proposées ici sont le doublage français, le doublage allemand et la version originale américaine bien plus adéquate pour jouer sur les accents et les différences de langues. Dans tous les cas, elles ont été remasterisées et restaurées elle aussi avec des DTS HD Master Audio clair, net et légèrement dynamique, où viennent s'inscrire naturellement dialogues, mais aussi, où semble s'envoler cette fameuse chanson planante.

 


Interactivité :
Le disque qui date déjà d'il y a neuf ans annonçait fièrement le Director's cut sur sa jaquette. C'est bien entendu ce même montage complet, et désormais entériné comme définitif, qui est présenté ici avec au passage l'apparition de quelques suppléments inédits plutôt intéressants. Enfin si on excepte ce curieux résumé audio de l'intégralité du film en allemand par le réalisateur, dont on peine à voir la pertinence. Ce n'est pas le cas des deux autres items avec un retour sur les lieux de tournage pour Adlon et sa compagne Marianne Sägebrecht, accompagnés de leurs petites filles, avec de nombreuses anecdotes à la clé, quelques paysages plus décharnés encore de la région, et un petit repas dans le fameux Motel qui servit de décor. Un site devenu lieu de pèlerinage pour de nombreux fans depuis. Le cinéaste est manifestement très fier de partager cela avec sa famille et cela donne au segment, plutôt bien monté au passage, une saveur particulière. Plus classique, mais chargé pour le moins, le commentaire audio de ce dernier avec cette fois-ci une coscénariste bien plus présente, leur permet d'explorer leurs derniers souvenirs, du casting jusqu'à la réception du film, sans baisse de régime.

Liste des bonus : Commentaire audio de Percy Adlon et Marianne Sägebrecht, « Visite du Bagdad Café » : retour sur les lieux du tournage (24'), Le résumé du film par Percy Adlon (20'), Bande-annonce.

 
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