EVIL DEAD 2
Etats-Unis - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Evil Dead 2 »
Genre : Horreur, Comédie
Réalisateur : Sam Raimi
Musique : Joseph LoDuca
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1, Allemand et espagnol DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 30 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Dans un chalet qui semble abandonné, Ash et Annie découvrent un magnétophone. Ils le mettent en route et entendent la voix du Professeur Knoby qui a réussi à traduire le livre des morts. Mais ses paroles réveillent l’Esprit du Mal. Annie disparaît. Ash est poursuivi par une force étrange. A son réveil, il est possédé par le Mal, mais au lever du soleil, retrouve son apparence normale. Il cherche en vain à s’enfuir et se réfugie à nouveau dans le chalet. Des spectres hideux s’...
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Groovy !

La saga Evil Dead et le marché de la vidéo, c'est une vieille histoire d'amour. Les collectionneurs et les cinéphiles qui se mirent à investir toutes leurs économies dans les imports DVD de la défunte firme US Anchor Bay se souviendront avec une larme au coin de l'œil des multiples éditions collectors, limitées, définitives, numérotées et que sais-je encore de la trilogie originale de Sam Raimi. Aujourd'hui, Studiocanal perpétue la tradition et ajoute une nouvelle pierre à cet édifice numérique via une réédition en 4K UHD Steelbook ( !) d'Evil Dead 2.

Si le premier Evil Dead fit l'effet d'une bombe, révélant à la face du monde le génie formel d'un tout jeune cinéaste de 22 ans, l'aventure Mort Sur Le Gril (Crime Wave, en VO) et son tournage frustrant et douloureux faillit bien mettre un terme à la carrière de Sam Raimi avec un flop retentissant. Opérant un retour aux sources sur les deniers de Dino de Laurentiis, Raimi et sa bande lâche une nouvelle horde de Deadites sur ce pauvre Ashley Williams (appelez-le Ash !) et transforme la cabane perdue au fond des bois en un formidable terrain d'expérimentation. Plus encore que ses précédents essais, Evil Dead 2 établit le « style » Sam Raimi. Avec des moyens relativement confortables et une liberté de ton absolue, le réalisateur se lance dans une opération kamikaze où l'horreur la plus graphique (démembrements en tous genres, geysers de sang) se mêle à l'humour le plus loufoque hérité du burlesque des Three Stooges et des cartoons de Chuck Jones. Il y parvient par la grâce de mouvements d'appareils outranciers, métamorphosant sa caméra en un protagoniste à part entière qui traque Bruce Campbell dans les moindres recoins de l'écran, s'accroche à son fusil, suit le parcours d'un œil éjecté de l'orbite d'un démon jusqu'à la bouche de l'infortunée Scream Queen du moment et semble même se déformer lorsque les forces de l'Au-Delà font une percée dans notre dimension. Mais Raimi ne se contente pas de ces acrobaties étourdissantes et appuie ses effets par une gestion démentielle du cadre, du hors-champ et du montage, jetant le réalisme à la poubelle et privilégiant des sursauts toujours plus violents. L'idée n'est plus de créer un malaise poisseux comme y parvenait si bien le premier Evil Dead mais de filer au spectateur des crises cardiaques en série.

 

swallow this !


Toutefois, sans un ingrédient miracle, il y a fort à parier que la tambouille concoctée par Sam Raimi ne prendrait pas aussi bien. Voir pas du tout. Figure abstraite du survivant, beau gosse s'en prenant plein les gencives mais émergeant victorieux de son combat contre le Mal, Bruce Campbell traversait Evil Dead avec un charisme de jeune premier. Un comédien solide et cinégénique qui aura eu le courage de se laisser asperger de litres de faux sang sans broncher. Pas encore une icône de l'horreur mais ça ne saurait tarder.
Ami et complice de Sam Raimi depuis le lycée, Campbell saisit avec Evil Dead 2 l'opportunité de marquer les esprits durablement et met toute son énergie dans une prestation physique de très haut niveau. Soulevant de la fonte et suivant un régime drastique, il se taille une silhouette d'action hero, à mi-chemin entre Kirk Douglas et Bruce Lee. Il faut dire que le réalisateur, un brin sadique, lui en fait voir de toutes les couleurs, le fouettant avec des branches à de multiples reprises, l'attachant pendant plusieurs heures à un mécanisme qui le fait tourner dans tous les sens en le secouant violemment pour la scène où l'esprit de la forêt s'empare de son corps, lui imposant des lentilles de contact qui l'aveugle et lui font souffrir le martyre sous son maquillage de possédé ou encore le noyant sous des hectolitres de faux sang et autres liquides douteux. On atteint même des sommets lors de cette scène incroyable où le pauvre Ash affronte sa propre main qui tente de l'assassiner. Sans effets spéciaux, Bruce Campbell se frappe, se gifle, se jette au sol en effectuant un saut périlleux et se casse des dizaines d'assiettes et de tasses sur le coin de la figure.

Ces efforts herculéens ne vont pas sans récompenses puisque Sam Raimi envisage sa séquelle comme un quasi-remake et réécrit le personnage d'Ashley Williams en le plaçant cette fois-ci au centre de l'intrigue. Un héros malgré lui et une figure tragique condamnée à perdre ceux qui lui sont proches et manquant de basculer dans la folie sous l'influence du chagrin. Et de ce foutu Necronomicon. Lorsqu'il le filme amputée de sa main droite avec une tronçonneuse à la place et un fusil à canon scié dans le dos, au terme d'un montage héroïque et jubilatoire, Bruce Campbell apparaît enfin transcendé. Et même si il n'est pas le plus futé des super-héros pourfendeurs de démons, il n'est pas encore le crétin congénital et vantard que développeront avec gourmandise un troisième opus médiéval et une série télé mal élevée. Un quiproquo que l'on doit aux premières minutes du film et que certains spectateurs ont mal interprétées, croyant que Ash était retourné dans la cabane après le massacre du premier film pour y commettre sciemment les mêmes erreurs. Bien fait pour lui ?

Alan Wilson








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Image :
Sans vouloir bouder l'édition en présence, il faut avouer que la précédente, encodé en 1080p avec un transfert solide et coloré, était déjà tout à fait satisfaisante. C'était sans compter sur le pouvoir du scan 4K, d'une nouvelle restauration et d'un transfert sidérant sur support UHD. Le nouveau master est dans les grandes lignes légèrement supérieur avec les dernières petites traces disparues, un grain mieux maitrisé et un piqué au-dessus. Sauf qu'Evil Dead 2 reste Evil Dead 2, soit un métrage parsemé de plan flous à la source, de quelques cadres zoomés soulignés par un grain neigeux et de nombreuses scènes composites cultes, mais construits à base de multiples sources, irrémédiablement abimées. Le film préserve jusqu'au bout ses aspects parfois un peu rude, un peu fauchée, et peu bricolé... même sur le Bluray 4K. Reste que sur ce dernier les connaisseur vont découvrir de nombreuses subtilités inédites grâce à une définition jamais vue (mama mia ! ) et une richesse de variations de teintes, de noirs subtiles et de textures argentiques tout simplement à tomber. A tel point que les câbles qui permettent de faire voler les deadites (mortites dans les sous-titres... mouaich) et les gerbes de sang très changeantes qui recouvre les frusques de Ash n'ont jamais été aussi visibles. Evil Dead 2 dans toute sa splendeur en somme.

 


Son :
On retrouve ici les deux pistes sonores déjà proposés sur la sortie précédente, avec une version doublée (nostalgie, nostalgie....) et une version originale boostée en DTS HD Master Audio 5.1. La première manque, il faut l'avouer, d'ampleur et de coffre, alors que la seconde s'en sort largement mieux avec bien souvent des effets arrières et latéraux très généreux, voir délirants, et un ensemble assez équilibré. En fait, en dehors d'une introduction curieusement assez plate et presque en retrait, le reste s'empare totalement de la folie furieuse du spectacle concocté par Raimi et sa bande.

 


Interactivité :
Après une première proposition HD en 2009 puis une ressortie 25ème anniversaire en 2013, voici désormais l'édition Steelbook 4K qui se dote d'ailleurs d'un boitier absolument splendide et inédit. Et il contient trois disques, deux bluray avec d'un coté le film et de l'autre les bonus, et bien entendu un disque UHD très attendu qui, fait rare, contient pour une fois deux suppléments : le commentaire audio et le tout nouveau doc Bloody and groovy, Baby ! Du coté de l'interactivité, ce dernier est l'unique véritable nouveauté, et donne la parole à quelques réalisateur américains et français, qui racontent leur découverte du film, son impact et bien entendu discutent ses nombreuses trouvailles, expérimentations et son statut culte. Une approche plutôt sympa, en particulier avec des intervenants comme Del Toro, Jan Kounen ou Fabrice Du Welz  qui, malgré une forme qui se veut trop maline et quelques choix étranges dans les guest, reste agréable à suivre.
Une petite heure inédite qui vient se rajouter à un programme déjà on ne peut plus chargé qui s'est étoffé de sorties en sorties. Certains segments proviennent de l'édition collector DVD d'Anchor Bay, d'autres des plus récents Bluray, mais entre l'indispensable making of rétrospectif de 80 minutes, l'aparté avec Campbell et surtout le passionnant et rigolard commentaire audio collégial, l'objet à de quoi occuper un bon weekend !

Liste des bonus : Commentaire audio de Sam Raimi, Scott Spiegel, Bruce Campbell et Greg Nicotero, Bloody and groovy, Baby ! (52'), Making of "Swallowed Souls" (98'), Making of "The Gore the Merrier" (32'), Maquillages et prostheses, les coulisses (30'), Retour sur les lieux du tournage avec Tony Elwood (8'), Interview de Bruce Campbell (24').

 
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