LES VIKINGS
The Vikings - Etats-Unis - 1958
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Image de « Les Vikings »
Réalisateur : Richard Fleischer
Musique : Mario Nascimbene
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 116 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 3 novembre 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Vikings »
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LE PITCH
Au Xème siècle, les Vikings sèment la terreur le long des côtes anglaises. Au cours d’une attaque, le chef viking Ragnar tue le roi d’Angleterre et viole la reine. De ce viol naîtra Eric, qui sera capturé par les vikings et élevé comme un esclave, dans le village où vivent son père et son demi-frère, Einar. Ignorant leur lien de parenté, Eric et Einar se vouent une haine farouche.
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On ira tous au walhalla

Il y a des films qui traversent les générations, transmis comme un petit trésor de parents à enfants, et qui laissent des souvenirs impérissables dans la mémoire : celle d'une sorcière appelant le jugement d'Odin, d'une beuverie joyeuse, d'un guerrier mourant l'épée à la main, d'un prince perdu et d'une princesse courageuse. Gloire au Vikings !

Un peuple extrêmement cinégénique, puissant, exotique et fantastique qui sera resté pourtant longtemps loin des écran, le plus souvent d'ailleurs cantonnés aux rôles de hordes barbares se déversant sur la glorieuse et civilisée Angleterre, ultime rempart de la chrétienté. Second film produit par la Bryna Production de Kirk Douglas, Les Vikings en est naturellement un contre-point total. Une direction moins due au roman original d'Edison Marshall - The Viking, embarrassant aujourd'hui par ses aspects racoleurs, misogynes et racistes - que par la fascination pour ce peuple étrange qui a nourri la star pendant son enfance, et le sens du détails du réalisateur engagé, Richard Fleischer, après une premier collaboration mémorable pour le 20000 lieues sous les mers du studio Disney. C'est Fleischer qui se lançant dans de longs mois de recherches et d'études, va clairement transformer une énième fantaisie médiévale hollywoodienne, en absolu modèle du genre. Les demeures vikings, les costumes et coutumes, les armes, les drakkars, les mythes et les lois, tout cela vient nourrir comme jamais un spectacle qui réussit à mêler avec brio fresque historique et aventure, tragédie classique et western naturaliste. Tourné véritablement dans les paysages nordiques, et à grand frais, somptueusement éclairé par un Jack Cardiff (Le Narcisse noir, ) qui réussit à faire cohabiter la chaleurs d'intérieurs en studio et la lumières des extérieurs, et surtout constamment magnifier par l'utilisation puissante du Vista Vision par un Richard Fleischer aux cadres élégants et précis, Les Vikings impressionne aujourd'hui encore par ses constructions picturales tout en profondeur et l'énergie constante qui s'en dégage.

 

les fils d'Odin


Du vrai grand spectacle, généreux, spectaculaire (l'assaut final qui écrase la plupart des blockbuster actuels) qui joue d'ailleurs bien souvent avec les limites de la censure de l'époque en évoquant un érotisme contenu et une violence palpable malgré sa quasi-absence à l'écran. Rarement Richard Fleischer n'a aussi bien maitrisé son sujet, insufflant d'ailleurs sobrement mais efficacement au tableau d'ensemble son regard tranché sur les ténèbres qui habitent tous ses personnages. Si ici le Roi Aella est dépeint comme un summum de vilénie (et l'excellent Frank Thring en fait des tonnes), les fameux vikings, et en particulier Eric et Einar, n'ont rien des héros charmants et délicats. Fiers enfants de leur culture ils répondent par la violence, la colère, les bravades et l'honneur... ce qui bien entendu ici leur permet de décrocher la sympathie du metteur en scène. Une réelle complexité dramaturgique et psychologique qui permet dans la foulée au casting idéal de livrer des performances tout aussi inoubliables. S'il laisse le rôle principal au séduisant Tony Curtis, surprenant en prince qui s'ignore dont la grâce contraste avec la colère sourde de son regard, Kirk Douglas explose à l'écran en incarnant ce fier guerrier balafré, terrien et fier, véritable moteur de l'action. A leurs coté la sublime Janet Leigh dépasse le romantisme habituel de la princesse en détresse par un sens du sacrifice déchirant et Ernest Borgnine réjouit par son chef Ragnar, adepte des raids sans pitié mais figure paternelle tonitruante. Un sans faute auquel il faut ajouter une bande originale épique et mythologique signée Mario Nascimbene (Un Américain bien tranquille).

Il est de coutume de rappeler en fin de critique de Les Vikings que malgré ses immenses qualités, ce simple divertissement populaire ne changea pas la face du cinéma. Cela est valable si on considère qu'être la première influence et référence de films comme Conan Le Barbare et Le 13ème Guerrier ce n'est pas avoir changé l'histoire du cinéma.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Attendu depuis si longtemps dans un format performant (parce que le DVD MGM merci bien...), Les Vikings nous parvient enfin dans un nouveau master HD produit aux USA par l'éditeur Kino Lorber. Un gage de qualité et d'une certaine façon l'assurance qu'un vrai effort a été fourni par aboutir à un résultat optimal. En tous cas dans les limites du film lui-même qui certes a largement été débarrassé de ses nombreuses taches et griffures (quelques unes persistes mais sont discrètes), mais malmène fréquemment le Bluray à cause de ses longs fondus abimés, de scènes nocturnes méchamment marquée par un grain proéminent et des plans vaporeux si difficile à stabiliser. Dommage, car le reste de la pellicule est vraiment très belle avec ses couleurs Vista puissantes, ses paysages amples et finement dessinés, sont piqué très solide et un maintien naturel du gain argentique. Largement de quoi combler les (nombreux) fans.

 


Son :
Beaucoup seront ravis de retrouver ici l'excellent doublage français d'époque (avec Yves Montand en narrateur), dynamique et puissant, disposé dans le même DTS HD Master Audio 2.0 que la version originale. Là aussi l'aspect technique reste limité par sa source avec une belle emphase sur les musiques et les dialogues, mais régulièrement quelques saturations dans les grandes batailles et de léger sifflements lorsque la source se fait trop puissante. Rien d'étonnant pour un métrage de 1958 cependant.

 


Interactivité :
Manifestement conscient de l'engouement des amateurs autour du film de Fleischer, Rimini a soigné sa sortie proposant pour la première fois un coffret collector comprenant dans un élégant boitier cartonné solide un Livre (et non un livret) en plus du digipack. Un ouvrage rédigé par Christophe Chavdia, à qui on doit dans un autre registre Il était une fois Hara-kiri, qui s'avère extrêmement intéressant, autant dans sa première partie qui traverse toute la carrière du cinéaste et son rapport compliqué avec la critique et la reconnaissance, que dans la seconde qui fait office de making of du film Les Vikings. C'est d'ailleurs là que l'on découvre médusé les changements apportés par la censure dès l'étape du scénario (mais aussi sur une scène d'orgie à trois aujourd'hui disparue) entament nettement la force d'une production plus moderne et réaliste encore !
Et l'éditeur français ne s'arrête pas là puisqu'en plus de livrer l'interview-souvenir de Fleischer enregistrée pour une précédente sortie DVD (et unique bonus de l'édition US), il nous a dégoté quelques belles surprises comme cette interview rarissime de Kirk Douglas pour une émission de télé, une évocaton des souvenirs de tournages des deux films de Richard Fleischer qui auront passé de formidable vacances norvégienne et un nouvel entretien avec le réalisateur légèrement plus complet que le précédent. Si inévitablement certaines informations ont tendance à se répéter d'un item à l'autre, cela reste un très beau programme.

Liste des bonus : Le livre « L'énigme Richard Fleischer » par Christophe Chavdia (164 pages), « Un conte norvégien » (27'), Interview d'époque de Kirk Douglas (6'), « Les vikings, de la réalité au rêve » (20'), « Richard Fleischer raconte Les Vikings » : rencontre en 1996 avec le réalisateur par Christophe Champclaux et Linda Tahir (28'), Bande-annonce.

 
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