LE TIGRE DU BENGALE + LE TOMBEAU HINDOU
Der Tiger von Eschnapur, Das Indische Grabmal - Allemagne, France, Italie - 1959
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Genre : Aventure
Réalisateur : Fritz Lang
Image : 1.33 4/3
Son : Allemand et français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 194 minutes
Distributeur : Wild Side
Date de sortie : 12 décembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
L’architecte Henri Mercier se rend à Eschnapur, en Inde, où le souverain le charge de la construction d’un nouvel hôpital. Au cours de son voyage, Mercier croise Seetha, une jeune et jolie danseuse qu’il sauve des griffes acérées d’un redoutable tigre. Bientôt, une tendre idylle se lie entre Mercier et la belle. Mais le maharadjah s’est lui-même épris de Seetha et Mercier devient ainsi son principal rival…
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les deux visages de shiva

Quand le grand maitre du film noir, de l'expressionnisme allemand et du suspens freudien se lance dans le cinéma d'aventure nait en 1959 un diptyque fastueux : Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou. Du serial pulp assumé dont l'apparente légèreté n'aura pas toujours été aux goûts des cinéphiles.

C'était vite oublier que malgré des œuvres comme M Le Maudit, Metropolis ou Furie et sa réputation de cinéaste exigeant et conscient de son propre art, Fritz Lang a tout autant été un réalisateur populaire, pratiquant le cinéma d'espionnage, le western, le film noir, la science-fiction et même la fantasy avec Les Nibelungen ou l'aventure familiale avec Les Contrebandiers du Moonfleet. Une présence déjà marquée justement par ce rapprochement feuilletonnesque très encré dans la culture allemande (Les Nibelungen et la série des Mabuse tiennent du serial) qui l'amène déjà en 1919 à écrire avec son épouse Thea Von Harbou l'adaptation de son roman à elle : Das Indische Grabmal. Mais le projet, qui a déjà un structure en deux partie lui échappe des mains, au profit d'un certain Joe May. Un diptyque qui se voit remaké, et amélioré, en 1938 par Richard Eichberg, alors que Lang a bien entendu quitté l'Allemagne nazie pour se réfugier aux USA. Forcément lorsque proposition est faite en 57, après l'échec du projet indien Taj Mahal, et une notable perte de vitesse de sa carrière américaine, de lui en confier une troisième version, cela à tout du retour aux sources.

 

les cochons d'inde


Surtout que cette coproduction européenne entre l'Allemagne, la France et l'Italie est l'un des plus gros budgets de l'époque et lui assure un confort financier et artistique qu'il avait perdu depuis longtemps. Tout logiquement, le doublet Le Tigre du Bengale / Le Tombeau Hindou affiche une certaine idée de revanche. Celle d'un cinéaste qui peut de nouveau imposer dans le cadre des décors gigantesques, fastueux, grandiloquents, jouer avec des compositions de plans à la précision rare voir maniaque et baigner son récit parfois à la limite du soap dans une explosion de teintes riches Eastmancolor quitte à verser joyeusement dans le rococo, le kitch, le trop plein. Un aspect too much atteint parfois à cause d'un cobra en marionnette déjà daté ou d'épisodes dramatiques qui piochent allègrement dans le roman de gare ou la nouvelle à l'eau de rose, mais qui se marie si bien avec l'exotisme exacerbé de cette empire hindou qui ne ressemble aucunement, ou si peu, au monde réel. Certainement pas le plus grand film de Fritz Lang, fortement handicapé aussi par un casting inégal et imposé par la production (au passage pas un seul indien mais beaucoup d'allemands maquillés) ou des compositions musicales là aussi très fluctuantes, mais la force d'évocation du metteur en scène est constamment présente. Dans le combat d'un ancêtre d'Indiana Jones contre un tigre affamé, la fuite éperdue dans le désert, dans une nouvelle illustration du pouvoir corrupteur, dans la fascination morbide du prince Chandra, cette foule de lépreux aux airs de zombies qui hantent les fondations du palais... Mais ne cachons pas que l'image qui restera pour toujours celles de ces deux films est les danse érotique, voluptueuse et troublante d'une Debra Paget (Les Dix Commandements) presque nue aux pieds de la gigantesque statue de Shiva. Ça vaut bien l'androïde de Metropolis !

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Déjà responsable de l'édition DVD, en single ou coffret, Wild Side Video avait alors frappé très fort en proposant des copies resplendissantes, précises et aux couleurs chatoyantes. C'est manifestement le mêmes matériau qui a servi à ces nouveaux masters HD, avec pour le plus évident une palette de couleurs rutilantes particulièrement impressionnante. Ce n'est malheureusement pas le cas pour toutes les séquences. Si bien entendu les plans de fondus sont marqués par une baisse notable du piqué, ils ne sont pas les seuls avec, pour l'ensemble, des arrière-plans souvent trop doux et régulièrement des matières qui manquent de solidité, voir glissent vers le lissé. Quand on aperçoit quelques restes de griffures et autres taches légèrement gommées, on comprend que le travail de restauration a sans doute été essentiellement numérique. Toujours joli, respectueux de la photographie généreuse des métrages, mais pas parfait.

 


Son :
Malgré ce qui est affiché sur le menu des disques (qui annonce de l'anglais), Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou sont bel et bien présentés avec leur piste allemande d'origine, portée désormais par un DTS HD Master Audio mono plus sensible. Quelques limites de l'âge sont toujours présentes comme de très légères saturations ou chuintements, mais cela reste de très bonne qualité pour des films de 59. Idem du coté du doublage français, de très grande qualité, qui malgré un mix légèrement moins dynamique s'en sort lui aussi très bien.

 


Interactivité :
Doté d'un visuel franchement réussi, proche du livre de contes rococo, le digipack comprenant les deux longs métrages de Fritz Land est une nouvelle fois accompagné des versions précédentes signées Richard Eichberg. Des essais en noir et blanc et beaucoup moins fastueux (mais tout à fait agréables) proposés dans des copies correctes mais pas forcément transférées en HD avec les mêmes délicatesses. L'intention reste largement louable. On est peu plus déçu par contre par la disparition presque totale des suppléments du coffret DVD. Ne reste plus que la courte interview de Pierre Rissient, cinéphile et ancien collaborateur de Jean-Luc Godard qui se remémore la réception du film par le petit cercle des critiques parisiens. Manquent à l'appel les croquis préparatoires, les photos de tournages, la brève rencontre avec Arthur Brauner, le producteur, et surtout l'entretien de deux heures avec le metteur en scène.

Liste des bonus : Versions alternatives des 2 films, réalisées par Richard Eichberg en 1938, Entretien avec Pierre Rissient (12').

 
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