VENOM
Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Venom »
Réalisateur : Ruben Fleischer
Musique : Ludwig Göransson
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais, français et allemand
Sous-titre : Anglais, Français…
Durée : 112 minutes
Distributeur : Sony Pictures
Date de sortie : 18 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Venom »
portoflio
LE PITCH
Eddie Brock est le journaliste star d’une émission de télé. Après le reportage de trop, il est viré, perd sa petite amie et devient l’hôte d’une entité extraterrestre convoitée par un savant mégalomane prêt à tout pour la récupérer.
Partagez sur :
du venin dans les veines

Plus les années passent et plus il semble que le catalogue Marvel soit désormais adaptable dans sa très large majorité. Après un Deadpool 2 qui repoussait récemment les frontières du nawak absolu c'est au tour de Venom, grande arlésienne de la maison Sony, de montrer enfin le bout de sa langue baveuse et pendante. Faut-il pour autant s'en féliciter ?

C'est le Spider-Man 3 de Sam Raimi qui, en 2007, donna pour la première fois au plus célèbre symbiote des écuries Marvel la possibilité de s'exprimer sur grand écran. Une première apparition due à des producteurs insistants auprès d'un réalisateur fan du tisseur des origines mais peu intéressé par ses plus récentes aventures et donc par Venom. Pourtant, malgré une insertion hasardeuse qui débouchait sur un évident problème d'équilibre, Venom réussit plutôt bien son baptême du feu, poussant Avi Arad, producteur du moment, à promettre la sortie imminente d'un film lui étant tout entier consacré. Plus de dix ans d'une pré-production chaotique plus tard, Venom le bien nommé sort enfin sur les écrans. Et toujours dans le giron de Sony, qui depuis sorti deux films Amazing Spider-Man dont le succès nettement en deçà des résultats escomptés à poussé la firme à prendre ses distances avec le personnage, espérant que Venom devienne sa nouvelle clé d'entrée au développement d'un univers du tisseur intégralement rebooté. Si les intentions semblaient bien là, le résultat final témoigne pourtant une fois de plus de la schyzophrénie galopante d'une industrie qui fonce droit dans le mur.

 

la chose d'un autre monde (ou pas)


La première image de Venom pourrait prétendre à elle seule des intentions louables de l'entreprise. Soit un vaisseau spatial sortant des ténèbres étoilées de l'espace et fonçant tel un météore de feu vers notre bonne vieille planète. Un premier plan qui évoque celui du matriciel The Thing de John Carpenter et promet donc ni plus ni moins que l'arrivée d'un monstrueux fléau sur Terre. Sentiment qui persiste encore quelques minutes après le crash du vaisseau, qui ramène en fait une équipe d'astronautes après une mission durant laquelle ont été trouvées plusieurs entités extraterrestres. Une des entités s'enfuie et sème la mort, les autres sont récupérées par les équipes d'un scientifique mégalo (Riz Ahmed, vu dans Rogue One) qui veut évidemment s'en emparer pour faire plein de trucs contre nature. Et c'est à ce moment que le scénario choisit de nous présenter son héros : Eddie Brock (Tom Hardy, trans(dé)figuré), journaliste lui aussi mégalo qui parcourt le pays avec un caméraman et un calepin pour dénoncer toutes les injustices de ce bas-monde. Patatras ! En quelques secondes faites de split-screens et de montage épileptique, Venom rejoint la longue liste des furoncles post-modernistes qui va ne cesser, minute après minute, de se propulser irrémédiablement vers la stratosphère des bousins hollywoodiens et super-héroiques les plus honteux qui soient.

 

la personne aux deux personnes


Il faut bien l'admettre, l'idée même d'adapter un personnage comme Venom, né de l'imagination de David Michelinie (l'un des plus grands scénaristes ayant officié chez Marvel) avait de quoi inquiéter. Car, contrairement à d'autres personnages un peu autres (comme Deadpool par exemple), Venom est lui bel et bien terrifiant et ne permet, si on souhaite l'adapter correctement, aucune tergiversation. C'est une machine à tuer qui va, dans les comics, en faire baver au tisseur de toiles. Notamment en devenant un véritable parasite déguisé en simple costume noir altérant progressivement ses capacités et sa personnalité profonde. Une difficulté à laquelle s'est confronté Sam Raimi lui même pour Spider-Man 3, et qui déboucha sur deux ou trois scènes frôlant gentiment le ridicule (la scène du restaurant, la mèche de « dark » Peter...). Ici, le ridicule est allègrement franchi à tour de bras, la relation non consentie entre le symbiote et son hôte étant plutôt l'occasion de scènes involontairement comiques puisant plus facilement dans L'Homme aux Deux Cerveaux (avec Steve Martin, c'est dire...) que dans les affrontements physiques et psychologiques de Peter Parker.
Tom Hardy, souvent taiseux et ténébreux (Warrior, Quand vient la nuit) se voit obligé de puiser dans un registre qui lui est totalement inconnu, grimaçant sans cesse tout en bougeant dans tous les sens pour exprimer son combat intérieur. Venom a faim ? Pas de souci, Brock entre dans un restaurant et se jette sur les plats avant de sauter dans un aquarium et de s'attaquer goulûment à ses homards ; mis en joue par les mercenaires qui le recherchent, il lève puis baisse les bras plusieurs fois, dans la grande tradition burlesque...

 

symbiotiquement votre


Une succession de scènes involontairement drôles pas aidée par une direction d'acteurs totalement aux fraises ! Tandis que Tom Hardy s'échine et flingue sa carrière, Riz Ahmed est transparent et sans charisme, Michelle Williams se contente de faire bouger sa mini-jupe et Ruben Fleischer (Bienvenue à Zombieland) laisse tout passer, enveloppant tout ça dans une réalisation impersonnelle à la photo moche à pleurer. Côté scénario, les invraisemblances et les mauvaise idées s'empilent : il n'a jamais été aussi simple de dérober des documents sensibles, de pénétrer dans un complexe ultra sécurisé... et que dire de la relation entre Brock et Venom ? D'abord présenté comme dangereux et incontrôlable, le symbiote se lie bien vite d'amitié avec son hôte, allant jusqu'à se trouver un point commun avec lui : ils sont tous les deux des « losers »! Au secours !!! Et dans ce what the fuck généralisé de cent millions de dollars, qui donne une impression de jemenfoutisme à tous les étages (même le score de Ludwig Göransson pioche allègrement dans celui que Christophe Beck avait écrit pour Edge of Tomorrow !) surnagent plusieurs symbiotes (parfois très moches) jamais présentés, qui cassent tout et bouffent quelques têtes (mais rassurez-vous, proprement).

A l'heure du générique, une seule conclusion s'impose : une fois de plus, la machine hollywoodienne s'est emparée d'une création qu'elle n'a manifestement jamais eu l'intention d'adapter correctement, emmenant dans le sillage de son prévisible naufrage un comédien qui n'aurait jamais dû y mettre les pieds (et qui ne s'est pas privé de dire ce qu'il pensait du résultat final lors d'une promotion qui a fait quelques remous). Pourtant, au vu du nombre d'entrées (bah oui en plus c'est un succès) il semble qu'une suite soit déjà envisagée. Pauvres de nous.

Laurent Valentin














Partagez sur :
 

Image :
Sans surprise, le master numérique d'origine et tout récent expose ses nombreux arguments sans le moindre faux pas. Les noirs sont ultra profonds, les contrastes saisissants et les détails fourmillent. De la grosse HD de numéro 1 des ventes qui forcément ravira les amateurs de grosses machines qui débourre... même si c'est aussi moche qu'un Transformers.

 


Son :
La bande son profite du même niveau de qualité que l'image et envoie de manière quasi permanente de quoi contenter les amoureux de blockbusters tonitruants dans l'ensemble des enceintes. Ceux qui rêvent de moments plus calmes risquent par contre d'en sortir avec un beau mal de crâne.

 


Interactivité :
Conséquente avec une petite touche d'originalité bienvenue. D'abord, l'existence d'un « Venom mode », qui permet de visionner le film avec, de temps à autres, des inserts sous forme de textes qui viennent donner de multiples informations sur le tournage, la production ou même quelques clins d'oeil à l'univers des comics. De quoi prolonger l'expérience (pour les plus courageux). 
Ensuite, trois scènes coupées sans grand intérêt où l'on voit, entre autres, Venom casser une voiture devant un gamin médusé (façon Les Indestructibles) et une version longue de la scène post-générique où Woody Harrelson promet d'être un Kletus Casady d'anthologie (mais pas dans le bon sens du terme) dans une probable suite.
Suit un nombre assez conséquent de mini documentaires : Dans « L'Antihéros », les exécutifs et quelques guests (dont le toujours très volubile Kevin Smith) reviennent sur le personnage des comics et leur volonté de ne pas l'édulcorer. Rires.
« Le Protecteur létal à l'action » revient lui sur les nombreuses cascades du film et ses effets spéciaux. Pas inintéressant mais sans réelle révélation.
Dans « La vision de Venom » on entend par contre que la volonté était bien de livrer une sorte de Carpenter movie de son époque mais que, dans le même temps, la volonté des producteurs était bien de livrer un film partagé équitablement entre peur et humour. Ok.
« La conception de Venom » revient quant à lui sur les différentes phases de création des symbiotes, que la version de Todd McFarlane a été la base du travail des concepteurs et que l'araignée du torse noir de Venom a été volontairement mise de côté car le film se veut pour le moment totalement exclu de l'univers de Spider-Man.
« Les secrets des symbiotes » révèle lui quelques clins d'oeil et easter eggs plus ou moins bien dissimulés dans le film et, enfin, un dernier doc propose le visionnage de plusieurs scènes de prévisualisation (effets spéciaux non finalisés).
Deux clips (Eminem et Post Malone & Swae Lee) ferment la marche juste avant un « coup d'oeil sur Spider-Man New Generation » qui propose quelques minutes du film animé dédié à l'univers du tisseur. Autant dire qu'en moins de quatre minutes, le film annihile totalement Venom, ne donnant qu'une envie : que le bluray sorte vite !

Liste des bonus : Scènes coupées (5'09) ; L'antihéros (10'04) ; Le protecteur létal à l'action (9'14) ; La vision de Venom (7'02) ; La conception de Venom (5'34) ; Le secret des symbiote (2'40) ; Clip d'Eminem (4'56) ; Clip de Post Malone & Swae Lee (2'48) ; Coup d'oeil sur Spider-Man New Generation (3'33) ; bandes annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023