TERREUR à L’HôPITAL CENTRAL
Visiting Hours - Canada - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Terreur à l’Hôpital Central »
Genre : Thriller, Horreur
Réalisateur : Jean-Claude Lord
Musique : Jonathan Goldsmith
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 105 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 12 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Terreur à l’Hôpital Central »
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LE PITCH
Colt Hawker est un psychopathe doublé d’un misogyne maladif. Sa haine, il la déverse sur Deborah Ballin, une journaliste et militante féministe qui dénonce publiquement ses agissements. S’il croit d’abord l’avoir tuée, il apprend vite qu’elle a survécu à ses blessures. Il se fixe un objectif : finir le travail. Lui-même admis à l’hôpital pour s’être automutilé, Colt Hawker se lance sur les traces de sa proie dans les couloirs déserts de l’établissement, massacrant t...
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Traitement de choc

Petit succès en son temps, et ce même aux USA, le slasher canadien Terreur à l'Hopital central est devenu avec le temps un petit objet discret, rarement diffusé, et souvent largement fantasmé. D'où une vraie curiosité qui vient motiver l'amateur de cinéma de genre, qui (re)découvre ici un opus inégal certes mais qui tranche sérieusement avec les ersatz de Vendredi 13 qui emplissaient les salles obscures.

Le rapprochement avec ce genre de cinéma d'exploitation qui s'engouffre frénétiquement aux USA dans le prolongement d'Halloween et Vendredi 13, n'est cependant pas si évident que cela, en particulier si on laisse de coté le décor médical du musclé Halloween 2 sorti l'année précédent. Il y a est bien question d'un assassin presque inarrêtable qui pourchasse la gente féminine une lame blanche à la main, mais ici les cibles de Colt ne sont pas des adolescentes découvrant les premiers émois des parties de jambes en l'air estudiantines, et surtout le monstre est parfaitement visible, identifié. Pas ou presque d'effusions de sang, aucune trace de sexe gratuit, mais plutôt une ambiance qui flirte plus volontiers avec le malsain, le morbide, en particulier lorsque l'assassin photographie avec avidité ses victimes en pleine agonie. Réalisateur peu connu par chez nous, mais assez célèbre dans les années 70 au Canada, Jean-Claude Lord (Parlez-nous d'amour, Panique), ne semble pas toujours avoir les même ambitions que l'équipe de production (celle qui signa les débuts de David Cronenberg avec Chromosome 3 et Scanners) qui lui imposa quelques meurtres supplémentaires là où lui se dirige plus volontiers vers un suspens hitchcockien et le thriller psychologique qui faisait les beaux jours de Brian DePalma (Pulsion en particulier).

 

le brancardier était en cuir


Le rythme du film, après une poursuite tendue dans la demeure de la journaliste incarnée par Lee Grant, se ralentit largement choisissant non pas d'enchainer les meurtres anonymes et sanglants, mais de construire, de creuser sa petite poignée de personnages pour leur donner une certaine présence. La journaliste mais aussi son infirmière, son producteur... et surtout le tueur, véritable masse physique, quasi-mutique, au regard psychotique, première qualité de ce Visiting Hours, plus ambivalent qu'il n'y paraît, autant dans la révélation du trauma initial que dans son traitement d'une pulsion meurtrière aveugle, mais surtout anti-féministe. Même si on croise ici un William Shatner entre Star Trek et Hooker, venu servir de prête-nom américain, c'est clairement le névrosé Michael Ironside (V, Highlander 2, Total Recall) qui porte le film sur ses épaules oscillant entre le malade impuissant dans une scène de viol perturbante, ou la machine de mort aussi réfléchie que Michael Myers dans une dernière bobine franchement efficace. Le souci de Terreur à l'Hôpital central se situerait alors plutôt dans son entre-deux pas des plus maitrisés, avec des mises en places pas toujours subtiles, de longs tunnels dialogués et une poignée d'incohérence qui malmènent la fameuse « suspension de crédulité » dont ces forces de l'ordre particulièrement hors concours. Si le métrage gagne son intérêt en prenant ses distances avec le slasher pur et dur, il en perd aussi de vue sa redoutable et simple efficacité.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Film oublié certes, mais Visiting Hours se voit ressuscité par le biais d'une copie totalement inédite et admirablement restaurée. Quelques restes de griffures et autres petits spots viennent encore marquer le cadre, mais l'image est dans son ensemble franchement très propre avec une stabilité honorable et surtout un grain de pellicule respecté, présent, mais jamais envahissant. Et la colorimétrie est à l'avenant avec des teintes bien dessinées et des contrastes fermes, profitant certainement de la photographie très lumineuse du métrage pour assurer son piqué.

 


Son :
Les pistes d'origines anglaise et française sont glissées ici dans de très sobres, mais directs et efficaces Dolby Digital 2.0. Les années se laissent parfois entendre au détour de quelques ambiances, mais y a pas de raisons de se plaindre.

 


Interactivité :
Si les éditions américaine ou anglaise proposent quelques interviews inédites, le disque français est dénué de supplément. Pour dégotter quelques informations, il faut donc se tourner vers le petit livret confié (encore !) à Marc Toullec.

Liste des bonus : un livret sur le film rédigé par Marc Toullec (16 pages).

 
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