ST. AGATHA
Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « St. Agatha »
Genre : Horreur
Réalisateur : Darren Lynn Bousman
Musique : Mark Sayfritz
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1 et Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 20 mars 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « St. Agatha »
portoflio
LE PITCH
Dans les années 1950, dans une petite ville de Géorgie, une jeune femme enceinte nommée Agatha cherche refuge dans un couvent. Ce qui semble être l’endroit idéal pour avoir un enfant se change en une nappe sombre où le silence est forcé, les secrets les plus horribles sont cachés, et chaque once de volonté d’Agatha est testée tandis quelle prend conscience de l’infâme réalité du couvent et des gens qui se cachent dans ses couloirs.
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profession de foi

Pas facile d'être pris au sérieux en France quand on s'appelle Bouseman. Surtout quand sa filmographie est aussi peu réjouissante que la sienne et semble s'enfoncer peu à peu dans le bis de seconde zone. Encore une fois délivrée directement en vidéo, sa dernière réalisation redresse un peu la barre grâce aux coups de trique de religieuses à l'éducation un tantinet rigide.

Darren Lynn Bousman restera sans doute toute sa carrière le réalisateur de Saw II, III et IV, trois opus interchangeables mais encore regardables d'une saga horrifique qui se sera rapidement effondré dans le gloubiboulga aussi prétentieux que risible et épuisant. Lui, malgré l'aspect necdotique de ses suites (finalement seul le film de James Wan vaut le coup d'œil) tente depuis de s'extraire de cette franchise en explorant un univers bien plus personnel, bien plus fantasque voir Grand Guignol avec un premier Repo ! The Genetic Opera assez insupportable il faut bien l'avouer, et sa trilogie inédite en France des The Devil's Carnival qu'il a transformé en cirque baroque itinérant en conceptualisant sa tournée américaine. Un pan de sa carrière qu'il alterne forcément avec des commandes plus identifiables et revendables en direct-to-video. Pas forcément de quoi redorer son blason en dehors d'un remake inattendu et sobre de Mother's Day profitant largement de la présence de Rebecca De Mornay dans le rôle principal.

 

comme une prière


Le tout nouveau St Agatha, malgré ses airs sans doute un peu opportunistes de nunsploitation, lui ressemble d'ailleurs beaucoup avec son casting massivement féminin, sa présence iconique d'une figure castratrice de Mère supérieure (Carolyn Hennesy froide carnassière) et sa structure de survival en huis-clos. C'est d'ailleurs en général là que St. Agatha se montre le plus efficace, lorsqu'il se concentre sur le face à face de la victime et de son bourreaux, deux femmes qui se ressemblent plus qu'elles ne le pensent, et leurs petit jeu du chat et de la souris qui occasionne quelques dommages collatéraux en route. Un coté thriller psychologique bien tourné, quelques sorties de route gentiment glauques ou un poil sanglantes qui renouent brièvement avec le torture porn, St. Agatha est une série B qui réussit son coup quand elle n'essaye pas de tromper sur sa nature profonde. Toujours aussi maladroit, Bousman se fait rattraper par ses vieux travers lardant son film de long flashbacks explicatifs et esthétiquement ringards, ou tentant d'en pousser la dimension vers un fantastique pseudo-esthétisant plus proche justement des récents succès de The Conjuring et de son spin-of La Nonne, mais aussi inutile que peu maitrisé. Pourtant le cauchemar que fait vivre la mère supérieure et ses copines en soutanes à Mary et les autres jeunes filles-mères se suffisaient en elles-mêmes, la perversion de ses manipulations mentales qui va jusqu'à en pousser certaines à se mutiler elles-mêmes n'avaient pas besoin d'artifices pour imposer une ambiance sordide. Bousman oublie souvent que le trop est l'ennemi du bien.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Petite production oblige, St Agatha a été tourné avec une caméra numérique plutôt légère qui laisse fortement identifier sa nature dynamique autant dans les reflets lumineux que dans la douceur de nombreuses matières. Le master proposé s'en sort plutôt bien avec cette caractéristique en tête, alternant les extérieurs froids et les intérieurs chauds sans décrocher et surtout offrant aux nombreuses scènes obscures une définition des plus stables.

 


Son :
Plutôt bien mené le DTS HD Master Audio 5.1 de la version originale est parfois à même de donner un peu plus de coffre au film grâce à une dynamique relativement soutenue dans les séquences les plus nerveuses. Les ambiances sont sobres, les dialogues bien placés et équilibrés, et ne souffrent pas de cet affadissement un peu triste de la version française. Cette dernière laisse entendre des interprétations monocordes et sans présence, diluant méchamment les efforts des actrices.

Liste des bonus : Aucun.

 
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