ROBIN DES BOIS (2018)
Robin Hood - Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Action, Aventure
Réalisateur : Otto Bathurst
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 7.1
Sous-titre : Français
Durée : 117 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 28 mars 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
De retour des croisades, le seigneur Robin de Loxley découvre sa patrie sous le joug du tyrannique shérif de Nottingham. Aidé d’un guerrier maure, de Lady Marianne et d’un groupe de dissidents, il devient Robin des bois afin de rétablir la paix et la justice.
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la brèle de la forêt

Les palefreniers, ils ont osé... Ils ont osé dénaturer l'un des mythes fondateurs de l'enfance: Robin des bois. Le fringant redresseur de torts en collant moulant. Le protecteur de la veuve et de l'orphelin. L'archer au doigté magique, détrousseur des riches, héros des plus pauvres. Cette relecture 2.0 tente de dynamiter le «storytelling» des familles en optant pour un traitement formel ultra dynamique et une modernisation des enjeux dramatiques. Un parti pris dans l'air du temps mais qui, malheureusement, tombe complètement à plat. Ce Robin des Bois cru 2018 est difficilement regardable ; sorte d'actioner épileptique sans queue, ni tête. Et surtout sans âme.

Dans l'idée pourtant, nous étions plutôt preneurs. À la réalisation, un nouveau venu qui a fait ses armes sur la somptueuse série Peaky Blinders. Au casting, le sémillant Taron Egerton associé au vieux briscard Jamie Foxx et au solide Ben Mendelsohn rôdé aux rôles d'ordures finies. Le film se visionne sans déplaisir les quinze premières minutes, disons... Même si on sent assez vite poindre l'arnaque. Côté croisades, les batailles sont filmées à l'image de spots promotionnels vantant les mérites des Navy Seals sur le front irakien. De retour à Nottingham, le déroulé se révèle encore plus anachronique : il s'agit ni plus ni moins d'un enchainement de bastons invraisemblables et de joutes verbales traitées par-dessus la jambe, volontairement outrancières et décalées.

 

déluge de fakes


La mouture s'inscrit logiquement dans cette mouvance de long-métrages stéroïdés, initiée par la série des Kingsman de Vaughn, celle des Sherlock Holmes de Ritchie et plus récemment par Le Roi Arthur : la légende d'Excalibur du même monsieur. À savoir des réappropriations du patrimoine culturel britannique, traitées sous le prisme du second degré et du grand portnawak. Sauf que Vaughn et Ritchie ne sont pas nés de la dernière pluie. Leur sens du cadre et leur direction d'acteurs on permis d'insuffler un sympathique vent de nouveauté du côté du cinéma d'espionnage et du film d'époque. Mieux, ils ont su proposer des attractions visuelles où l'action pure et dure côtoie souvent une verve assez irrésistible.

Robin des bois mise exactement sur les mêmes ingrédients. En omettant d'y ajouter l'envie et le plaisir. Le film tient davantage de la série B opportuniste, vite faite mal faite. Tous les comédiens n'aspirent qu'à une chose : toucher le chèque de fin de tournage. À chaque instant, Taron Egerton se demande ce qu'il fout là, affublé d'une capuche digne de celle d'un lascar de Brixton. Il en va de même pour le supra-cabotin Ben Mendelsohn qui ne fait que montrer les crocs et Jamie Foxx dont la seule motivation semble être le financement de son futur crédit auto (entre nous, a-t-il tourné dans un bon film depuis Ray et Miami Vice ?). Quant à l'actrice atrocement insipide qui campe Lady Marianne, ce n'est autre que la fille de Bono (merci p'pa, pour le job étudiant...). En fait, ce Robin des bois, c'est un peu la ville nouvelle du film d'action ; le Bussy-Saint-Georges du récit d'aventure. Avec ses filtres par centaines, son déluge d'inserts numériques et sa gouaille d'opérette, le long-métrage cherche à en mettre plein la vue mais ça ne dure qu'un temps. Dès qu'on gratte le vernis, le rendu s'estompe et les impuretés pleuvent. Gros gâchis, donc. D'autant plus décevant que l'on touche à Robin des bois, maître-étalon de l'imaginaire collectif. Le film comblera sûrement les plus jeunes, biberonnés à YouTube, à la science du raccourci et aux fake news. Mais il fera fuir, à coup sûr, les vrais amoureux du septième art, sensibles au rêve et à l'art de l'évocation. Oubliez la grâce virevoltante du classique de Michael Curtiz, la douceur enfantine de la version Disney, la fougue à la fois chevaleresque et cartoonesque de l'opus «Kevin Costner» et la rugosité autrement plus percutante du Robin des Bois à la sauce Ridley Scott. Comme quoi, le collant moulant, ça a du bon finalement.

Gabriel Repettati








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Image :
Le rendu visuel s'adapte parfaitement au traitement haute-définition. Egalement disponible en 4K, la copie numérique est un festoche de clarté et de précision. Couleurs chatoyantes, contrastes ahurissants de pureté, profondeur de champ au top du top. Le blu-ray idéal pour tester son nouvel équipement.

 


Son :
Ici aussi, on frôle l'excellence. La bande-son est puissamment équilibrée et prend toute son ampleur dès qu'on grimpe dans les tours. Pareil du côté des dialogues brillamment étalonnés. Ca fait tout logiquement dans le gros son qui débourre et se la joue blocbuster du samedi soir.

 


Interactivité:
On se contentera d'un modeste making-of formaté marketé, dont l'intérêt minime n'a d'égal que celui du film.

Liste des bonus: Making-of, bandes-annonces.

 
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