NUOC 2030
Vietnam - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Nuoc 2030 »
Réalisateur : Nghiem-Minh Nguyen Vo
Musique : Inouk Demers
Image : 2.35 16/9
Son : Vietnamien DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 19 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Nuoc 2030 »
portoflio
LE PITCH
Vietnam 2030. Le dérèglement climatique a détruit les terres fertiles. Les récoltes se font désormais intégralement sous la surface de la mer. Sao et son mari refusent de quitter la terre ferme et leur maison. Les multinationales monopolisent l’eau à l’aide de fermes flottantes sur laquelle sont créés de nouveaux types de légumes. Lorsque son mari est tué, Sao accepte un emploi dans l’une de ses usines flottantes afin d’y retrouver l’assassin. Elle y fera surtout des découv...
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le poids de l'eau

Malgré les joies de la mondialisation, le cinéma vietnamien reste toujours est très rarement distribué dans nos frontières. Une curiosité donc, doublé par l'attachement du film à un genre presque jamais exploité par leur industrie : l'anticipation.

Et Nuoc 2030 a très légitimement fait le tour du monde par ses apparitions à différents festivals, impressionnant souvent les spectateurs par sa faculté à, malgré un budget réduit, donner corps à quelques visions futuristes des plus convaincantes. Le réalisateur n'est pas bête et sait qu'une ambition démesurée égratignerait la crédibilité de son film et opte alors essentiellement pour de très rares et brefs effets spéciaux, mais systématiquement bien placés à base d'éoliennes structurant l'horizon, d'une lointaine cité impersonnelle et d'une vision aquatique finale pointilleuse. Le futur proche que décrit Nuoc 2030 repose alors beaucoup plus sur la mise en scène même de Nghiem-Minh Nguyen Vo qui filme l'océan comme une présence infinie, écrasante, venant se confondre avec l'horizon. Les rares personnages semblent y être perdus, seuls, désespérés... Figures dramatiques des conséquences du réchauffement climatique et de la montée des eaux qui ont envahie 80% des terres du pays.

 

Infiltrations


L'image frappe à coup sûre, comme celle de Sao et son mari quittant par un montage cut la fraicheur de leur foyer sur pilotis pour tenter sur survivre sur la seule partie affleurant encore : le toit. Avec le précédant Gardien de buffles (disponible chez Blaq Out) retraçant l'odyssée d'un jeune garçon dans le Vietnam occupé par la France, Nghiem-Minh Nguyen Vo avait déjà démontré de ses qualités esthétiques, mais aussi de son regard pertinent sur sa culture par un angle évidement politique. Nuoc 2030 ressemble souvent a un prolongement de ce dernier, avec la mise en garde d'un nouvel impérialisme prenant désormais l'apparence de multinationales s'accaparant le vivant et les solutions possibles à une sauvegarde de la planète. Entre réflexion écologique peu optimiste, manifeste idéologique, le métrage interroge et pose systématiquement les bonnes questions, mais malheureusement pas toujours avec les bons moyens. S'entamant comme film d'enquête dont, on se doute, la découverte du corps de l'époux de Sao n'est que le départ de révélations plus globales, Nuoc 2030 aurait pu s'apparenter à un cousin du dévastateur Les Fils de l'homme (l'un des films les plus importants des années 2000), s'il ne s'empêtrait pas dans un curieux triangle amoureux qui ne trouve sa logique lourde que dans une longues suites de flashbacks bien moins intéressants. Une romance qui tire le propos vers des élans contemplatifs un peu lassant, mais qui ne réussit cependant pas à donner une consistance attendue aux rares personnages et surtout à la jolie Sao, finalement assez inconstante.

La photographie est sublime, la mise en scène intéressante, le ou les messages importants, mais Nuoc 2030 semble trop souvent se noyer sous le poids d'un mélodrame bateau qui occupe trop longtemps le premier plan.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Rien à redire, le master proposé par l'éditeur français est impeccable sur tous les points avec une propreté totale, une netteté constante et des contrastes bien appuyés. Quelques plans retouchés par des effets numériques entament forcément un peu la définition, mais sans jamais vraiment sauter aux yeux, même lorsque la caméra plonge sous l'eau. Maitrisé et idéal pour un film qui scrute la mer et le ciel en jouant justement constamment sur le progressifs rapprochement.

 


Son :
Assez en retrait, la piste DTS HD Master Audio 5.1 n'est pas là pour se la jouer spectaculaire et préfère délivrer de très rares ambiances (clapotis, vent, remous...) pour mieux se concentrer sur des dialogues centraux et frontaux. Sobre et efficace.

 


Interactivité :
On retrouve ici deux habitués de l'éditeur indépendant Spectrum avec les critiques vidéo Dirty Tommy et le Critique masquée qui s'efforcent de donner une présentation assez complète du film en question, ses thèmes, ses qualités mais aussi ses faiblesses. Mais pour découvrir quelques informations sur les coulisses de ce dernier, rien de mieux que de laisser la parole au réalisateur en personne. Un témoignage tourné à l'économie (le son n'est pas très bon, mais y a les sous-titres bien entendu) qui permet à Nghiem-Minh Nguyen-Vô de retracer son parcours professionnel, ses études d'ingénieur en France, ses références cinématographiques avant de se consacrer plus directement à Nuoc 2030. Choix esthétiques, collaborations avec son équipe et bien entendu inquiétude très légitime sur une prise de conscience bien trop lente des conséquences à venir du réchauffement climatique.

Liste des bonus : Interview du réalisateur Nghiem-Minh Nguyen-Vô (12'), Critique par Dirty Tommy et Critique masquée (11'), Bande-annonce.

 
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