SUMMER OF 84
Etats-Unis, Canada - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Musique : Le Matos
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 9 avril 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Summer of 84 »
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LE PITCH
Été 1984. Plusieurs adolescents disparaissent dans une petite ville des États-Unis. Le jeune Davey Armstrong est persuadé que c’est l’oeuvre d’un tueur en série et se met à soupçonner son propre voisin, policier en charge de l’enquête. Aidé de ses 3 inséparables amis, il décide d’enquêter pour faire la lumière sur ces disparitions. Mais cette quête de la vérité va s’avérer extrêmement dangereuse…
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eighties, vous avez dit eighties 

Après Stranger Things, Ca et autres divertissement labélisés Amblin de manière plus ou moins officielle, Summer of 84 vient hanter les fameux suburbs américains à l'âge de la VHS et des salles d'arcades. Une autre aventure teen, un autre été ensoleillé, mais pas sûr que la nostalgie restent intact après le générique de fin.

Cyclique, la nostalgie de la nouvelle génération de metteurs en scène qui a grandi pendant la première décennie geek, celle largement illustrée dans le Ready Player One de Steven Spielberg, n'a de cesse ces derniers temps de venir s'illustrer sur le grand et le petit écran. Des références aux premiers jeux vidéos, aux films cultes, aux fringues atroces, aux musiques synthétiques de John Carpenter et Jan Hammer... Les codes sont tellement évidents qu'ils en deviennent clichés et usés jusqu'à la corde, bien trop souvent comme un simple argument commercial. Ayant déjà joué avec les contours de l'œuvre nerds ultra-référentielle avec le foutraque Turbo Kid, le trio canadien répondant au blase RKSS fait mine ici de rempiler, plongeant jusqu'au coude dès la première image dans l'esthétique post-Amblin : Davy, le jeune héros de 15, traverse sa petit banlieue moyenne et distribue le journal locale à chaque pavillon propret. Sa bande de potes aux familles pas toujours idéales, leur cabane cachée du monde des adultes où ils parlent de fille, la superbe Nikki belle et cool à la fois et bien entendu le mystère de cet été qui n'en finit pas et qui délaisse le fantastique pour un serial killer plus concret. Tout est là, comme un piège dans lequel les auteurs auraient pu sombrer aisément, à l'instar de cette BO sympathique mais singeant de manière trop évidente les boucles obsédantes de Tangerine Dreams ou les montées en pression de Carpenter.

 

golden years


Car l'enjeu de Summer of 84 n'est pas de cajoler le spectateur quadra dans le sens du poil (qu'il a dans le dos), mais surtout de faire contraster cette notion d'une préadolescence idéalisée, d'une aventure tant espérée, à la réalité d'un effondrement de l'image si parfaite de cette banlieue américaine longtemps célébrée comme un achèvement de l'idéologie libérale. Comme l'annonce le gamin dans son introduction, les vrais monstres attendent tapis derrières les façades fleuries et cet attachant nouveaux Club des Cinq va découvrir à ses dépends que ce type de chasse à l'homme n'est pas un jeu. Le film prend à contre-pied la légèreté habituelle et s'enfonce graduellement (mais avec un net accéléré sur la dernière bobine) dans un cauchemar terriblement réel qui anéantit méchamment les dernières traces d'innocence. Un dispositif particulièrement bien pensé, dont le jusqu'auboutisme dépasse largement les marques de son prédécesseur Paranoïak (avec Shia LaBeouf ) autre variation adolescente autour du mythique Fenêtre sur cours d'Alfred Hitchcock, mais qui ne peut accomplir toutes ses promesses, handicapé il faut l'avouer par une réalisation qui se refuse le moindre élan de virtuosité et un rythme qui s'étiole un peu dans la redondance avant le dernier tiers. A cela s'ajoute une caractérisation jamais totalement convaincantes de ses héros, que ce soit dans la romance bâclée entre Davy et Nikki ou le traitement peu mémorable du suspect numéro 1, le shérif et voisin que Rich Sommer (Mad Men) ne transformera jamais en sociopathe féroce.

De nombreux défauts, mais ce croisement hardi entre le Nuit d'été de Dan Simmons et Stand By Me de Rob Reiner, réussit là où beaucoup se sont plantés en ne confondant jamais revival 80's et révisionnisme fluo : sortir de l'enfance n'a jamais été sans souffrances.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Shooté en numérique avec une caméra Red Epic Dragon, Summer of 84 ne peut totalement retrouver l'esthétique si particulière qu'il dépeint. La photographie n'en est pas moins joliment tranchée, vive et lumineuse, et le transfert HD se montre adroit et précis dans sa restitution. Un ressenti plus qu'agréable, en particulier lors des nombreuses scènes nocturnes qui affichent des noirs et une stabilité imposants. Seuls finalement certains gros plans à la définition trop douce rappellent l'absence de pellicule dans cette affaire.

 


Son :
Un peu chiche dans ses ambitions et surtout l'utilisation des enceintes arrières, le DTS HD Master Audio 5.1 est tout de même une piste a l'efficacité réelle essentiellement grâce à la pureté de sa retranscription des nappes synthétiques qui viennent constamment donner forme à la mise en scène. Les dialogues sont clairs et dynamiques, tandis que quelques élans plus tendus viennent renouer avec l'énergie plus frontale d'un film d'horreur pure souche.

 


Interactivité :
A l'exemple des autres éditions existantes du film, la section supplément n'est pas franchement touffue ni fournie. Un petit bêtisier plus souriant qu'hilarant, les habituelles bandes annonces de l'éditeur et surtout un commentaire audio du trio de réalisateurs, en québécois, est là pour délivrer quelques informations sur la création du film et ses coulisses, mais avec quelques tunnels silencieux qui viennent faire regretter l'absence d'une interview plus constructive ou d'un making of.

Liste des bonus : Commentaires audio des réalisateurs (VF), Bêtisier, Bande annonce.

 
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