HAPPY ! SAISON 1
Etats-Unis - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
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Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 352 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 26 mars 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Happy ! saison 1 »
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LE PITCH
Ancien flic new-yorkais tombé en disgrâce, Nick Sax survit dans les bas-fonds de la Grosse Pomme en exécutant des contrats de tueur à gage. Après avoir refroidi un quatuor de jeunes mafieux, il s’effondre, victime d’une crise cardiaque. A son réveil, Happy, créature imaginaire à l’apparence d’une petite licorne ailée toute bleue, lui apparaît et lui réclame son aide pour retrouver la petite Hailey, enlevée par un Père Noël psychopathe…
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Jingle Balls

Affranchi de son comparse et caméraman Mark Neveldine, l'hyperbolique Brian Taylor (Hyper Tension 1 & 2, Ultimate Game) s'est donc choisi un nouveau terrain de jeu : la petite lucarne. Pour ce faire, le trublion, porteur d'une mouvance ouvertement punk, s'est associé à la chaîne câblée Sy-Fy et au scénariste de comics écossais Grant Morrison dont il adapte ici l'une des créations les plus outrancières. Attachez vos ceintures, voici Happy !, le conte de Noël le plus mal élevé de l'histoire de la télé US.

Le premier mérite de cette série trash et férocement drôle, c'est bel et bien de remettre sur le devant de la scène un duo tel que l'on n'en avait pas vu depuis Qui veut la peau de Roger Rabbit ? de Robert Zemeckis (et celui qui nous cite Space Jam se reçoit une paire d'Air Jordan taille 48 en travers de la figure !). Sur une trame de film noir on ne peut plus classique viennent donc se greffer les codes du buddy-movie et - plus inhabituel, et pour cause ! - du cartoon à la Tex Avery. Et le spectateur, médusé, d'assister à une enquête menée par le duo le plus improbable qui soit : un ex-flic clochardisé, cynique et au bout du rouleau et un toon tout mignon et tout bleu dont la conception du monde se révèle le plus souvent à côté de la plaque.
L'abîme d'incompréhension qui sépare ces deux protagonistes est un ressort comique inépuisable dont Brian Taylor et sa clique usent et abusent pour aligner les scènes de violence et les provocations en tous genres dans l'hilarité générale. Il est d'ailleurs virtuellement impossible d'établir une liste exhaustive des outrages que vous réservent les huit épisodes de cette première saison. Sachez seulement que vous serez les témoins d'une prostituée taillant une pipe à un maniaque déguisé en homard géant, d'un strip-club exclusivement fréquenté par des pères Noëls esseulés, d'une séance de torture bavarde virant sans prévenir au jeu de massacre gore ou encore d'un zombie possédé et tout nu se masturbant frénétiquement sur un banc public.

 

le père noël est une ordure !


Aussi innombrables soient-elles, les transgressions mises en scène n'ont rien de gratuites et participent d'une entreprise de déconstruction du mythe de Noël, une tradition populaire et sacrée devenue un évènement commercial sans âme et dont la fonction principale est de générer du profit tout en jetant un voile pudique et sucrée sur le cauchemar américain et la dégénérescence ambiante. D'un symbole à l'autre, Taylor et Morrisson use du marteau piqueur, de la masse, du virtiol et de la dynamite pour abattre ce simulacre de fête familiale où se déversent les pires névroses et perversions. Frénétique et jubilatoire, enrichi de références bien senties (Kubrick Tarantino, Shane Back, les talk-shows poubelles de Jerry Springer, la téléréalité et, plus surprenant encore, le Vice/Versa de Pixar), Happy ! s'aventure bien au-delà du simple délire de sale gosse, tente un retour inespéré vers le conte initiatique et célèbre les retrouvailles d'un père et de sa fille dont il ignorait même l'existence. Sous la crasse, le sang, le sperme et le plomb, il y a bel et bien un cœur qui bat.
Pour passer de la comédie la plus outrée à l'émotion la plus douloureuse tout en restant crédible dans la peau d'un dur à cuire revenu de tout forcé de se coltiner un ami imaginaire, il fallait bien un acteur de la trempe de Christopher Meloni (également co-producteur). Sous-exploité depuis le début de sa carrière, celui qui fut le pilier de la série New York Unité Spéciale pendant douze ( !) saisons trouve ici le rôle de sa vie et se livre à un abattage spectaculaire et courageux qui, on l'espère sincèrement, lui apportera la reconnaissance qu'il mérite. Face à une tête d'affiche aussi imposante, le reste du casting ne démérite pas Et notamment Patrick Fischler (éternel second rôle, dans Madmen et Lost, entres autres) dont le jeu à la Jack Nicholson donne une vraie présence au personnage de Smoothie, sociopathe sadique et pervers qui découpe, écorche et viol pour son plaisir personnel. Malgré un temps de présence un peu réduit (la faute à une sous-intrigue qui prend trop de place dans le dernier tiers), Joseph D. Reitman donne à son vilain Père Noël la carrure d'un ogre, tragique et monstrueux à la fois.

Le succès aidant, Happy ! a d'ores et déjà été renouvelé pour une nouvelle saison. Un retour annoncé à la fois par le virage fantastique (et relativement inutile) des trois derniers épisodes et un trailer alléchant diffusé sur la toile depuis octobre dernier. La première saison se suffisant à elle-même, l'idée d'une suite incite tout de même à la méfiance. Comme si la foudre pouvait frapper deux fois au même endroit !

Alan Wilson










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Image :
Surprise ! Alors que les abonnés Netflix ont pu découvrir Happy ! il y a quelques mois déjà dans une copie numérique tristement lisse et aux contrastes souvent faiblards, le blu-ray édité par Elephant Films est d'un tout autre calibre. La définition est acérée et les contrastes (surtout sur la palette de bleu) sont particulièrement vifs. Ainsi, le pelage fatigué et terni de ce pauvre Happy, blessé par le manque de foi de son « partenaire », se remarque presque immédiatement alors qu'il nous avait fallu une bonne dizaine de minutes et un dialogue surlignant l'effet pour qu'on le remarque lors de la diffusion sur la plateforme de streaming. Un vrai bond qualitatif qui en dit long sur la HD vantée par Netflix. Quant aux variations de sources lors des passages en vidéo « standard » (l'émission de Jerry Springer, la VHS d'archive de Sonny Shine, etc), elles sont parfaitement gérées.

 


Son :
Bien qu'énergiques (avec des basses puissantes sur le Blue Monday de New Order, reprise inévitable lors d'une scène bien corsée), les pistes stéréo ne font pas le poids comparées à un 5.1 forcément plus aéré et précise. Si la musique est la première à bénéficier de cet élargissement acoustique, les déplacements constants dans le cadre du personnage d'Happy (encore lui) donnent lieu à une véritable démonstration de spatialisation lors des dialogues. Pas vraiment en phase avec les personnages ni leurs voix d'origine, la version française est totalement dispensable.

 


Interactivité :
Outre un livret prometteur mais que nous n'avons pas pu découvrir (oups !), l'interactivité se résume à un double entretien passionnant avec Nico Prat et Thierry Mornet qui, extraits à l'appui, explore en détail la personnalité des trois grandes forces créatives derrière la réussite de la série : Grant Morrisson, Brian Taylor et Christopher Meloni. Certains diront que c'est peu mais cet unique supplément s'avère indispensable pour bien comprendre le propos et les ambitions de cette série qui tâche.

Liste des bonus : « Happy!, une adaptation coup de poing » : la série par Nico Prat et Thierry Mornet (25') / Bandes-annonces / Galerie photos / Livret exclusif en partenariat avec les éditions Delcourt (guide des épisodes, biographies, introduction de la série, texte analytique de Xavier Fournier) (48 pages)

 
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