CRIME à DISTANCE
The Internecine Project - Royaume-Uni, Allemagne, Etats-Unis - 1974
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : Ken Hughes
Musique : Roy Budd
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français PCM 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 29 mars 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Crime à distance »
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LE PITCH
Appelé à de hautes responsabilités à la Maison Blanche, l’ancien espion Robert Elliot n’entend pas quitter Londres sans avoir fait le ménage derrière lui. Son objectif : éliminer les quatre membres du réseau d’informateurs qui savent long sur son encombrant passé et ses méthodes. Pour ça, quoi de mieux que de monter un plan machiavélique pour les pousser à s’entretuer en quelques heures…
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la main sur le pouvoir

James Coburn (Il était une fois la révolution, Les 7 Mercenaires...) fait un petit tour en Angleterre pour ce thriller d'espionnage un peu oublié mais pourtant excentrique dans son apparente sobriété. Un traquenard machiavélique où l'assassin ne lève pas le moindre petit doigt. Qui dit mieux ?

Et cet assassin, ce commanditaire retors n'est autre que justement James Coburn en personne qui prenait un peu de distance avec ses rôles habituels, plus physiques, plus présents. Ici il reste essentiellement froid, distant, image même du politicien calculateur, intouchable, prêt à tout pour faire avancer sa carrière... en l'occurrence se présenter fièrement pour un poste glorieux à la Maison Blanche. Mais bien entendu les cadavres se bousculent dans le placard sous l'apparence de quatre indics rappelant le passé d'espion industriel du bonhomme. Il est temps de faire table rase, mais sans se salir les mains. Crime à distance, ou La Main du pouvoir son premier titre français, s'avère particulièrement habile dans son dispositif initial ciblant immédiatement les quatre victimes et suivant dans un premier temps James Coburn installer sa nasse inextricable et dresser brillamment ses quatre anciens collaborateurs les uns contre les autres. Dialogues bien cernés, acteurs british qui donnent du corps à des personnages parfois un peu caricaturaux (la prostituée, l'assassin misogyne en homo refoulé...), échafaudage qui se met en place lentement mais surement, trajectoires minutées avec précision, le métrage fait monter la pression avec de belles promesses... Qui ne pourront pas toutes être tenues.

 

mésalliances


La faute a une mise en scène calibrée certes, mais sans grandes audaces. Artisan anglais qui a connu quelques jolis succès avec le rayonnant Chitty Chitty Bang Bang et sa voiture volante, Cromwell avec Richard Harris et Alex Guiness et même une sympathique proposition de slasher sous la forme de Les Yeux de la terreur, Ken Hugues joue l'assurance plutôt que la prise de risque. Il monte l'ensemble avec efficacité, cadre à l'essentiel, sa plus grande prouesse étant ici de livrer un nouvel hommage à la scène de douche de Psychose, préférant manifestement laisser aux bons soins du compositeur Roy Budd (Get Carter) de rebondir sur les chutes de domino par des élans swing que n'aurait pas renier un James Bond de l'époque. Difficile de ne pas se prendre au jeu cependant, quitte justement à partager l'attente du personnage de James Coburn, dont la carrière est en train de se jouer et dont il ne note l'avancé que par la succession de coup de fil et de sonneries qu'il avait mis en place. C'est pourtant bel et bien lui le salaud de l'affaire, Crime à distance décortiquant, pas toujours avec beaucoup de finesse, l'effondrement moral du monde politique moderne, entre carriérisme, arrivisme, lobbysme tout puissants (tiens un magna du pétrole...) avec constamment un regard désespéré, sombre et fataliste qui va trouver un écho joliment ironique dans un petit twist final bien acide.

Imparfait, mais passablement tordu, Crime à distance profite d'un concept atypique d'anti-Mission Impossible assez réjouissant. La gueule incomparable de James Coburn, orchestrateur en maitre enchainant les cigares et les regards en biais, y est sans doute pour beaucoup.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Ne jouant déjà pas sur des teintes chaleureuses, des ambiances lumineuses et un cadre foncièrement net, Crime à distance manque d'impact pour sa sortie HD. Le master d'origine n'a manifestement pas été restauré à la source et uniquement retravaillé à partie d'une copie vidéo datant un peu. Les petites griffures de pellicules et autres défauts physiques sont toujours là tandis que le grain se transforme trop souvent en matière neigeuse... voir en petits amas d'artefacts sur certains fonds noirs. Décevant donc, mais les couleurs resituent fidèlement le réalisme de la photo (particulièrement notable sur les couleurs chairs) et offre même quelques plans soignés et au joli piqué.

 


Son :
Là encore, on est très loin de la démo technique et les deux pistes mono s'avèrent sobres et plutôt bien maintenues, mais avec un manque attendu d'amplitude et quelques petits effets de saturations. L'écoute est confortable mais directe et sans relief ce qui se fait d'ailleurs régulièrement au dépend des musiques enlevées de Roy Budd.

 


Interactivité :
Ici c'est au journaliste Frédéric Albert Lévy de prendre la parole dans une présentation plutôt complète du film. Quelques évocations des filmographies des grands noms, de petites anecdotes sur la naissance du film ou sur sa réception (et son titre original imprononçable) et une tentative notable de creuser un peu les thèmes, parfois à peine visibles, du film. Sobre mais intéressant.

Liste des bonus : Entretien autour du film avec Frédéric Albert Lévy (23‘)

 
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