OVERLORD
Etats-Unis, Canada - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Overlord »
Genre : Horreur, Guerre
Réalisateur : Julius Avery
Musique : Jed Kurzel
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos True HD Anglais et allemand, Dolby Digital 5.1 français, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, arabe…
Durée : 100 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 27 mars 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Overlord »
portoflio
site officiel
LE PITCH
À la veille du débarquement, un groupe de parachutistes est largué en France occupée. Alors qu’ils luttent pour accomplir ce qui ressemble à une mission impossible, ils tombent sur un laboratoire secret dans lequel sont menées des expériences surnaturelles, aussi étranges que terrifiantes.
Partagez sur :
les morts qui marchent au pas

Longtemps présenté un peu bêtement comme un rip off du jeu vidéo Wolfenstein, le légèrement plus subtile Overlord est moins une série Z hystérique qu'une honnête série B militaire contaminée par un peloton de zombies du Reich. Pas de quoi nourrir les pulsions des fanas de naziploitations sordides et douteuses.

Cette distance prise avec les exactions d'un cinéma d'exploitation un peu honteux dont justement la saga bordélique Wolfenstein a réussit à se nourrir sans vomir son dessert, n'était a priori pas aussi marquée au tout début du projet Overlord. Un concept ultra simple, Nazy + Zombies = Yeaaaaaah !, qui a connu manifestement de nombreuses modulations ces dernières années, passant même curieusement par la case d'un nouveau chapitre dérivé de l'univers Cloverfield. Omniprésent, le producteur J.J. Abrams a cependant confié le bébé au jeune réalisateur Julius Avery (une Palme d'or pour son court métrage Jerrycan tout de même) en grande partie pour son insistance à creuser l'aspect humain du scénario, à accentuer les élans réalistes et plus simplement à se tourner franchement vers les codes du film de guerre sur la Seconde Guerre Mondiale. Un choix louable et particulièrement payant qui permet à Overlord de prendre un temps nécessaire à la présentation de la troupe de jeunes fraichement débarquée en Normandie pour faire tomber un relais radio à la vieille du D Day. Dès la première séquence, l'intensité et de mise lorsque la flotte aérienne se fait lapider en plein ciel avec un réalisme et une violence qui n'est pas sans rappeler l'ouverture de Il Faut sauver le soldat Ryan. Preuve s'il en est que l'essence d'Overlord est bien d'approcher cette notion d'une jeunesse sacrifiée, confronter aux horreurs de la guerre dont finalement les monstruosités à venir ne sont que des métaphores grotesques... Mais finalement presque plus supportables que les véritables expériences infâmes de Mengele et sa clique de psychotiques.

 

guerre secrètete


Constamment cruel avec ses personnages, qui tombent comme des mouches ou explosent à la tronche des autres en marchant sur une mine, mais s'efforçant d'en tirer un vrai capital sympathie qui n'évite pas certains clichés, le film de Julius Avery ménage son glissement progressif dans un fantastique inquiétant, puis dans un cinéma d'horreur plus baroque, sans jamais perdre de vue son ambition première. Les fameux morts-vivants attendus n'ont donc à l'arrivé pas grande chose en rapport avec leurs homologues popularisés dans The Walking Dead, mais ressemblerait plus volontiers aux créatures du modeste Mutants (petite péloche française trop vite oubliée). Des prédateurs relativement discrètes malgré leur forts grognements d'Übermensh galopants à coté de quelques visions bien plus sordides dont une pauvre femme agonisante malgré un corps réduit à une tête et une colonne vertébrale amorphe. Des images aussi frappantes, il y en a malheureusement assez peu dans Overlord qui dretombe un peu dans son dernier tiers trop basique, entre combats de boss vénères (dont le fiston de Kurt Russel) et héroïsme un peu laborieux. Sans tomber dans les travers du foutraque Frankenstein's Army ou les effluves de gores parodiques, le film aurait sans doute gagné à embrasser plus ouvertement ses voies malades et à propulser le trio de tête dans un véritable enfer sous-terrain, glauque et malsain, plutôt qu'un simple labo encastré dans un studio étriqué. On est loin du futur film culte annoncé par Bad Robots, mais cette proposition hybride réussit tout de même à s'en tirer avec les honneurs. Pas de médaille, mais un salut mérité.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Rejeton pur jus de l'ère numérique, Overlord a été capturé par des caméras Arri Alexa bien costaudes et en 2.8K. Le transfert UHD (4K) n'est donc pas si indispensable surtout que le transfert HD en annonce les limites avec quelques plans moins lumineux (et manifestement assombris en postproduction) qui baisse légèrement la définition de l'image. Idem pour quelques SFX, mais le master est tout de même particulièrement solide, plutôt généreux dans sa palette colorimétrique et surtout d'une profondeur imposante. Il nous manquera toujours le léger grain de pellicule plus en adéquation avec « l'époque » évoqué, mais là le Bluray n'y peut pas grande chose.

 


Son :
S'il y en a encore qui doute de l'importance du dernier standard Dolby Atmos par rapport aux formats concurrents, ils peuvent essayer Overlord qui va sans aucun doute mettre leur permanente à rude épreuve. Il y est bien entendu question de puissance, de déflagrations spectaculaires, immédiatement imposées lors de l'ouverture spectaculaire, mais aussi d'une restitution subtile, fine et dynamique. Une spatialisation ronde et omniprésente, généreuse et fine qui écrase méchamment le pauvre DTS 5.1 de la version française.

 


Interactivité :
Là où certains annoncent une grosse interactivité et se révèlent terriblement creux, le disque d'Overlord surprend. Affiché comme une série de six petites featurettes thématiques, les items présents sur la galette constituent pour le coup un véritable making of chapitré d'une cinquantaine de minutes. Si bien entendu aucun sujet tendu ne sera évoqué ici, le ton n'en reste pas moins très instructif et évoque les évolutions dans l'écriture du scénario, le choix des jeunes acteurs, les effets spéciaux ou les scènes les plus « lourdes » a mettre en place alternant la paroles entre les producteurs (très présents tout de même), le réalisateur, le cast et les techniciens engagés. Rien de nouveau, mais bien produit.

Liste des bonus : Création (11'), La mort dans les airs (7'), La mort sur le terrain (9'), La mort sous terre (6'), Mort-vivant (12'), Frères d'armes (5')

 
Crédits & mentions légales - Un peu d'histoire - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019