CASSE-NOISETTE ET LES QUATRE ROYAUMES
The Nutcracker and the Four Realms - Etats-Unis - 2018
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Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 français, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, espagnol…
Durée : 99 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 5 avril 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Tout ce que souhaite Clara, c’est une clé. Une clé unique en son genre, celle qui ouvrira la boîte contenant l’inestimable cadeau que sa mère lui a laissé avant de mourir. À la fête de fin d’année organisée par son parrain, Drosselmeyer, Clara découvre un fil d’or qui la conduit jusqu’à cette précieuse clé … mais celle-ci disparaît aussitôt dans un monde étrange et mystérieux. C’est dans ce monde parallèle que Clara va faire la connaissance d’un soldat nommé Ph...
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un bon coup de ballet

Ecrasé entre les sorties plus reconnaissables de Jean-Christophe & Winnie et Le Retour de Mary Poppins, l'évocation inédite du conte de Casse-noisette par la firme Disney est relativement passée inaperçue, handicapée de toute façon par une promotion très limitée et une notoriété blessée par une postproduction chaotique. La magie s'est-elle vraiment évaporée ?

Casse-noisette et les quatre royaumes raisonnait pourtant au départ comme une vraie bouffée d'air frais dans le département des fictions live des studios Disney, semble-t-il presque uniquement partagées entre des suites de productions célèbres (de Maléfique à Mary Poppins) et des remakes contre-nature de classiques de l'animation (qui a envie de voir cet Aladdin ? ). Car aussi curieux que cela puisse paraitre ce si célèbre conte d'Hoffmann, repris librement par notre Alexandre Dumas national et sublimé dans un ballet majestueux de Tchaïkovski, n'avait jamais été adapté par la firme si ce n'est dans un superbe segment de Fantasia. Une œuvre (presque) vierge remaniée ici pour s'inscrire plus aisément dans le paysage du Disney du 21ème siècle, imaginant ainsi une suite directe au conte d'autrefois, plaçant désormais la fille de Clara qui découvre le fameux royaume des jouets mécaniques, livré à lui-même et donc une certaine décadence. Impossible autant dans son introduction pseudo-historique et son échappée attendue de la structure du conte de fée vers un divertissement plus spectaculaire et démonstratif, de ne pas reconnaitre la trame laborieuse du Alice au pays des merveilles de Tim Burton. Pourtant si ce dernier est aujourd'hui unanimement reconnu pour sa laideur fluorescente, Casse-noisette et les quatre royaumes illumine constamment son univers par une direction artistique riche, élégante, fastueuse et toujours élégante. Les couleurs sont certes puissantes, les architectures régulièrement excessives, les costumes furieusement romantiques, mais tout cela reste maitrisé, sculpté par de superbes clairs obscures, par des teintes chaleureuses plutôt que flashy et cette alliance constante entre un mélange de constructions en studio et de retouches numériques subtiles.

 

dyarchie


L'univers qu'inscrit le film sur grand écran n'est pas forcément le plus original de tous, mais il est en tout cas l'un des plus évocateurs que l'on ait vu depuis longtemps dans ce type de productions. Un divertissement qui ne manque pas d'imagination et qui retrouve à quelques occasions ce qui faisait véritablement la magie de la grande époque de Walt Disney, que ce soit par la découverte du Royaume des divertissements - entre la présence incomparable de Helen Mirren, ses clowns flippants en poupées gigogne et un roi des souris impressionnant - ou par un hommage combiné au grand classique Fantasia et au ballet d'origine faisant office de flashback féerique. Quelques moments de grâce dans une production dont les coulisses tourmentées sont malheureusement très souvent visibles à l'écran. Par le biais d'un scénario très inégal tout d'abord, entre ellipses, explications lourdes et personnages secondaires inexistants (le gentil soldat uniquement là pour le titre), sous-exploités ou mal exploités (Keira Knigthley crispante), qui n'arrive jamais à s'extraire justement d'atours aussi prévisibles. Dans la réalisation ensuite où l'abandon du projet par l'inégal Lasse Hallström (Gilbert Grape, Le Chocolat) au profit du plus discret mais solide artisan Joe Johnston (Captain America, Jurassic Park III, Rocketeer) pour un mois complet de reshoot, fait craquer les coutures d'un montage très aléatoire, et se perd entre des élans virevoltants et des séquences entières filmées sans inspiration aucune. Impossible aujourd'hui d'affirmer la paternité de quoi que ce soit à l'un ou a l'autre (si ce n'est que Johnston a déjà largement fait ses preuves dans la maitrise de projets de grandes envergures), mais le résultat est forcément un spectacle inégal, assez creux, mais dont les idées de designs, les peintures et la splendeur certaine vaut le voyage.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Visuellement festoyant, cette production Disney a en plus la belle particularité d'avoir été capturée sur film et non par des caméras numériques. De quoi ajouter encore aux lustres des textures, à la richesse des couleurs et à l'excessivité des contrastes. Le Bluray célèbre à chaque plan la photographie de Linus Sandgren (First Man) accompagnant avec vigueur contrastes, clairs obscures et profondeurs des paysages sans jamais faiblir. Le moindre détail des maquillages, la moindre orfèvrerie d'un meuble ancien resplendit dans le cadre avec une chaleur et une lumière radieuses. De quoi aussi assurer une nouvelle fois du savoir-faire des techniciens aux commandes, tant la frontière entre les éléments physiques et en images de synthèses est quasiment invisible en HD.

 


Son :
Pas de bol pour les gamins qui ne peuvent visionner le métrage qu'avec un Dolby Digital 5.1 dépassé et à la dynamique mécanique là où la version originale dispose d'un DTS HD Master Audio 7.1 de haute volée. Accompagnant avec limpidité la moindre évocation de l'œuvre de Tchaïkovski, enveloppant les spectateurs dans une fluidité aussi douce que puissante, le mixage délivre d'excellentes performances autant dans les séquences les plus spectaculaires et féeriques que dans les instant plus calmes, plus intime. Tout est parfaitement équilibré et rigoureusement exploité.

 


Interactivité :
Après le revers rencontré au box office on ne s'étonne qu'à moitié devant la pauvreté tristounette des bonus proposés. Une featurette promotionnelle en guise de making of, une interview charmante avec la danseuse étoile Misty Copeland, de très courtes scènes coupées pas inintéressantes (en particulier les deux consacrées à la vilaine fée) et c'est tout. Personne ici n'évoquera jamais les changements d'orientation, les reshoots et la substitution de réalisateur... De toute façon Lasse Hallström et Joe Johnston sont soit invisibles soit relégués au second plan dans les rares images de tournages.

Liste des bonus : Une discussion avec Misty Copeland (5'), Making of (7'), Scènes coupées (4'), clips, Bandes annonces.

 
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