L’EXORCISTE III
The Exorcist III: Legion - Etats-Unis - 1990
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L’Exorciste III »
Genre : Horreur
Réalisateur : William Peter Blatty
Musique : Barry De Vorzon
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 116 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 9 avril 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Exorciste III »
portoflio
LE PITCH
Près de vingt ans se sont écoulés depuis les tragiques évènements qui ont failli coûter la vie à la jeune Regan possédée par Satan. Le lieutenant Kinderman, témoin privilégié de cette affaire terrifiante, est depuis toujours resté en éveil non sans raison car le mal rôde toujours. Après une enquête serrée et quelques morts, Kinderman s’aperçoit que les nouveaux meurtres sont l’exacte réplique de ceux commis par un tueur fou mort douze ans plus tôt.
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l'antichambre des enfers

Intouchable, sacré, brillant et terriblement novateur, L'Exorciste de William Friedkin ne pouvait rester sans suite pour la firme Warner Bros qui avant de dénaturer le projet dans une série tv, avait déjà commandité trois opus supplémentaires (dont un film double) espérant renouveler l'impact initial. Avec son rythme de thriller télévisuel teuton, L'Exorciste III en est loin, mais quelques images sont restées dans la légende...

17 ans après la déflagration planétaire provoquée par L'Exorciste, sortait sur les écrans français un certain L'Exorciste, la suite, titre français abusif tentant de faire oublier un précédent épisode, L'Hérétique, expérience mystique profondément païenne signé John Boorman largement boudée par le public et à laquelle William Peter Blatty ne goûttait franchement pas. Auteur du roman d'origine, producteur envahissant du premier film sur lequel il ne réussit à imposer sa vision purement théologique que lors de la ressortie du film en 2000 pour une version bien moins efficace, Blatty est effectivement compulsivement obsédé par l'opposition entre le bien et le mal, qu'il transpose exclusivement vers un combat christique dont le monde humain ne serait qu'un triste décor. C'est tout le sens d'ailleurs de son roman Legion, variation autour des thèmes de SON Exorciste, qu'il remanie à la fin des années 80 pour le transformer en une suite plus évidente de son plus grand succès littéraire et cinématographique. Comble du bonheur, après le rejet du projet par un John Carpenter renâclant à se confronter au film culte, c'est Blatty en personne à qui la Warner et Morgan Creek finissent par offrir la réalisation. Malheureusement, il est indéniable que ce dernier n'a rien d'un immense metteur en scène. Préférant axer son métrage sur une enquête opaque et une réflexion constante sur la nature du mal et la fragilité de la vie, portée par le duo formé par le lieutenant William Kinderman et le père Joseph Kevin Dyer (les deux « survivants » du premier film mais recastés), L'Exorciste III se refuse ainsi d'appartenir totalement au cinéma d'horreur.

 

le diable est dans le détail


La plupart des meurtres, scabreux, restent ainsi hors champs, les démons sont à couvert et, avec une mise en scène très plan-plan et une direction d'acteur peu inspirée, cette suite affiche très souvent les caractéristiques esthétiques d'un téléfilm de luxe, peinant malheureusement à mettre en valeur le potentiel réel d'un script aux airs de Seven avant l'heure et l'impériosité flippante du serial killer insaisissable incarné par l'excellent Brad Dourif. Si Blatty s'efforce de creuser une ambiance délétère, de transformer un simple hôpital public au blanc aveuglant en antichambre de l'enfer et de construire son suspens uniquement sur des confrontations psychologiques, il se montre bien incapable à préserver la tension jusqu'au bout, en particulier dans son premier montage (disponible dans les bonus) où tout semble se déliter dans les dernières minutes. Pourtant, lorsqu'il se donne la peine et embrasse totalement l'univers cinéma de L'Exorciste, le réalisateur peut se montrer particulièrement effrayant, voir terrorisant, avec deux séquences traumatisantes l'une reposant sur une lente mais implacable montée en pression autour d'un plan fixe et froid sur un couloir de l'hôpital, l'autre donnant tout son sens à l'expression « une araignée au plafond ». Des jaillissements trop rares pour le spectateur qui ne cachera pas quelques petits bâillements, ni pour les producteurs stupéfaits qui exigeront de coûteux jours de tournages supplémentaires pour mettre en boite un exorcisme en apothéose de fête foraine, et le retour de l'acteur Jason Miller (Damian Karras), bouffi et éreinté, pour apparaitre comme l'une des facettes dominantes du monstre psychotique Legion. Un bricolage de dernière minute qui ne peut gommer la mauvaise route choisie par William Peter Blatty qui, comme le prouve une nouvelle fois les retouches opérées en 2000, n'a jamais compris ce qui faisait le génie du premier Exorciste : transformer un film d'horreur puissant en drame intime déchirant. Ici le drame de notre pauvre George C. Scott (vieillesse, fatigue et exaspération) est bien loin de pouvoir compenser les faiblesses d'un metteur en scène que l'on soupçonne de s'estimer au-dessus de ces artifices du cinéma d'horreur.

Nathanaël Bouton-Drouard
Un Autre avis :

« Bavard et médiocre pour certains, plombé par un troisième acte imposé par les producteurs et tourné en catastrophe, L'Exorciste III est pourtant une vraie proposition de cinéma horrifique et théologique, très ambitieuse sur le fond et baignant dans une ambiance lourde et menaçante où affleure une poignée de visions réellement flippantes. A redécouvrir d'urgence. »

Alan Wilson





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Image :
Alors que le film de Friedkin avait très rapidement connu une restauration d'envergure par la Warner, ses suites n'ont clairement pas été logées à la même enseigne et c'est comment souvent dans ce cas là du coté des éditeurs indépendants qu'il faut se tourner pour observer un peu d'investissements. En l'occurrence, la nouvelle copie HD présentée ici est celle retravaillée par les américains de Shout Factory il y a trois ans pour leur édition collector. Un master inédit scanné en 2K, une source solidement restaurée offrant des cadres propres et stables, et surtout une réévaluation de la palette de couleurs avec en particulier des noir plus intenses, plus variés qui ne s'épanchent et ne vrillent pas en artefact. Une superbe copie qui délivre au passage un grain de pellicule très naturel et subtile.

 


Son :
Les pistes son disponibles ici sont tout de même un peu moins sensationnelles. Les mixages DTS HD Master Audio 2.0 sont les plus francs et directes avec un respect marqué des ambiances d'origine et un léger dynamisme stéréo plutôt efficace. La version 5.1 de son coté, essaye bien d'apporter quelques présence sur les enceintes arrières et de donner un soupçon de coffre supplémentaire à la séquence finale, mais cela reste aussi rare que légèrement artificiel.

 


Interactivité :
Se servant là aussi généreusement dans le matériel regroupé par Shout ! Factory, ESC Distribution n'a cependant pas repris l'intégralité des suppléments de l'édition Collector américaine. Une interview audio de Blatty et trois chapitres du making of (sur les effets spéciaux, la musique et les « phénomènes » qui ont entouré le tournage) ont ainsi été laissés de coté. L'essentiel - ouf - demeure.

Et en particulier ce très attendu « Director's cut », disposé sur un second bluray, enfin reconstitué malgré la disparition définitive de la copie du premier montage. L'objet basé sur le scénario et les notes du réalisateur a donc été reconstitué en prenant pour base la nouvelle copie 2K et en y incluant ou remplaçant les passages incriminés par des sources très aléatoires en SD trifouillée voir hérités d'une vieille VHS au format 1.33. Cela reste un document d'exception qui permet de découvrir une version beaucoup plus logique du film, beaucoup plus développée sur la personnalité de légion (avec la vraie performance de Dourif), mais aussi de montrer les limites bavardes de William Peter Blatty qui nous servait alors une dernière bobine abrupte, un peu mole et peu convaincante.

Il est bien entendu souvent question de cette première mouture dans les deux documentaires produits pour ce format avec d'un coté un « making of » qui prend un peu trop de temps à s'épancher sur la découverte du premier film, et de l'autre une interview captivante de Brad Dourif (tout, tout, vous saurez tout sur le remontage...) même s'il se montre particulièrement violent avec L'Exorciste II de John Boorman. Le programme est abondamment complété par de nombreuses vidéos d'archive avec une petite sélection de scènes coupées ou ratées, une featurette promo d'époque et surtout 40 minutes d'interviews (réal, producteur, acteurs...) enregistrées pendant le tournage. Cerise sur le gâteau et moyen efficace de résumer tout cela avec bonne humeur, monsieur Christophe Lemaire ouvre le bal sur le premier disque par une présentation plus sobre qu'à l'accoutumée.

Liste des bonus : Director's cut (104'), Présentation de Christophe Lemaire (25'), Reportage d'époque (7'), Prologue inédit (3'), Scènes coupées, scènes alternatives et bêtisiers (6'), Entretiens d'époque (38'), « Signs of the Gemini », avec l'acteur Brad Dourif (17'), A «Wonderfull» Time (24') documentaire autour du film, Bande annonce.

 
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