SHAMPOO
Etats-Unis - 1975
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Shampoo  »
Réalisateur : Hal Ashby
Musique : Paul Simon
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 1.0, Français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 6 mai 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Shampoo  »
portoflio
LE PITCH
Los Angeles, à la veille des élections présidentielles de 1968. Coiffeur pour femmes aux talents multiples, George Roundy a toujours usé de ses charmes pour séduire sa clientèle. C’est par ce biais-là qu’il a rencontré sa petite amie Jill, sa maîtresse Felicia et son ex-petite amie Jackie. Sexuellement comblé, George est pourtant professionnellement frustré : simple employé, il ambitionne d’ouvrir son propre salon de coiffure…
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Un simple balayage

En pleine gloire, Warren Beaty produit et coécrit une curieuse comédie satirique sur un coiffeur libertin s'évertuant à financer son propre salon à la veille de l'élection de Richard Nixon. Un film vagabond, parfois vain, qui décrit par la racine la disparition du mythe, celui de l'Amérique du self made man.

La star Warren Beaty ne s'est jamais rêvée coiffeur dans une autre vie, et il use, avec son célèbre coscénariste Robert Towne (Chinatown, La Firme...) de ce milieu entièrement dévoué à l'apparence, à l'esthétique et à la mode du moment, pour dresser le portrait acide d'une culture qui s'est manifestement perdue en cours de route. Le choix du soir des élections qui verront la victoire de Richard de Nixon n'est bien entendu pas un hasard mais tout un symbole, celui de l'amorce de l'effondrement du rêve américain, de la foi aveugle en son système et ses promesses. Dans Shampoo plus personne n'en est vraiment dupe d'ailleurs, à commencer par le superbe casting d'actrices Julie Christie, Goldie Hawn, Lee Grant et une toute jeune Carrie Fisher, moins portées par les éléments romantiques que par une quête cynique du confort, du bon parti et, mécaniquement, d'une bonne partie de jambes en l'air en parallèle. Une instrumentalisation, une marchandisation du sexe, que ne pratique cependant pas leur amant commun, George Roundy, infidèle certe, mais clairement le plus honnête du lot car ne couchant que pour « le fun ».

 

hair


Cowboy un peu paumé qui se trimbale d'une maitresse à l'autre, d'une cliente à l'autre, dans ce Los Angeles pré-70's, chevauchant sa Triumph un sèche-cheveux dans la ceinture, le styliste capillaire de Warren Beaty est déjà une relique, tournant en ridicule les postures d'Easy Rider et le fantasme malheureusement vain des années hippies, de la liberté et des possibles. Doux rêveur qui pense qu'il peut encore s'en sortir à la fin du film avec son grand amour malgré tout, il est confronté constamment au règne de l'argent, des entreprises bancaires, des puissants le zieutant, au mieux, comme une curiosité attendrissante. Un monde triste, prête à s'enterrer dans la morosité matérielle, que le Hal Ashby de Harold et Maud et En Route pour la gloire, refuse de filmer avec une méchanceté complaisante, de tourner le drame en farce. Il préfére les observer avec une tristesse communicative, une mélancolie profonde qui dès lors empêche les scènes les plus burlesques (la tentative de fellation en plein diner politique, le quiproquo sur l'homosexualité du métier) d'apparaitre comme des éléments d'une comédie classique. Une comédie noire, cruelle et particulièrement lucide, qui se double d'une lecture plus intime. Celle d'un acteur / producteur / auteur qui tourne ici aux cotés d'anciennes et de nouvelles conquêtes et faisant ainsi constamment planer le doute sur la cible de certains dialogues troublants. Il dresse ainsi le portait d'un autre séducteur, lui, artiste indépendant assistant à la métamorphose de l'industrie cinématographique hollywoodien où la jolie blonde ne s'échappe plus aux cotés du beau héros, mais bien dans la Rolls du gros producteur pervers. Visionnaire ?

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Photo vaporeuse, scènes très sombres nombreuses, couleurs volontairement ternes et uniformes, Shampoo n'est pas forcément le film le plus spectaculairement vif en HD. Le travail fourni ici n'en reste pas moins admirable et profond grace à un tout nouveau master 4K effectué à partir du négatif 35 mm original. Les cadres ont été entièrement nettoyés des imperfections de pellicules, mais sans jamais abimer la matière très organique d'un film au grain prononcé et aux riches reflets argentiques. Sans doute le meilleur que l'on puisse espérer sur ce métrage.

 


Son :
On peut se demander qui a eu la riche idée de produire un mix en DTS HD Master Audio 5.1 pour un film qui n'en demandait vraiment pas tant. Uniquement, ou presque, porté par les dialogues, vaguement épaulé parfois par les quelques rares mélodies de Paul Simon, Shampoo peine à convaincre avec cette dynamique forcée, ses ambiances jamais marquante et sa balance perturbée. Rien de mieux qu'un bon mono remasterisé, clair, net, harmonieux et franc.

 


Interactivité :
Neuvième volume de la collection Prestige de Carlotta, Shampoo est proposé dans un très joli coffret comprenant le bluray et le DVD dans un petit digipack et surtout toute une série de goodies pour collectionneurs, soit les reproductions de la séance de photos promotionnelles, les cartes postales, le magnet et le poster. Sympathoche mais cela ne fera pas oublier que malheureusement les disques proprement dits ne contiennent aucun supplément vidéo.

Liste des bonus : 10 reproductions du shooting photo avec Warren Beatty, Julie Christie et Goldie Hawn, 5 cartes postales, 1 magnet, l'affiche du film (40 x 60).

 
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