LES OISEAUX II
The Birds II: Land's End - Etats-Unis - 1994
Image plateforme « DVD »
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Réalisateur : Rick Rosenthal
Musique : Ron Ramin
Image : 1.33 4/3
Son : Français & Anglais Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 82 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 10 avril 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Oiseaux II »
portoflio
LE PITCH
Marqués par la mort de leur fils 5 ans auparavant, Ted et May Hocken décident de passer l'été sur la petite île de Gull Island avec leurs deux filles. Bientôt, des nuées d'oiseaux prennent la direction de l'île et attaquent les habitants …
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En faisant les poubelles du catalogue Universal, Elephant Films a souvent déniché des pépites oubliées (au hasard, le téléfilm de Frank Darabont, Enterré Vivant). Ce n'est malheureusement pas le cas, pour rester poli, de ces Oiseaux bis, séquelle tardive du classique d'Alfred Hitchcock. La preuve, le réalisateur Rick Rosenthal a préféré retirer son nom du générique pour laisser la place à un prête-nom infamant : Alan Smithee.

Quitte à choquer les puristes, donner une suite à un monument indéboulonnable du 7ème Art n'est pas forcément un crime de lèse-majesté. Avec Psychose 2, Richard Franklin était parvenu à surprendre son monde, prolongeant intelligemment les méfaits de Norman Bates. Avec 2010, Peter Hyams n'a pas eu à rougir de la comparaison avec le film de Stanley Kubrick. Pour peu que l'on ait un peu de talent et quelque chose à dire, la manœuvre peut s'avérer valable. Pour le public comme pour la critique. Bien assisté par un John Carpenter pourtant réticent, Rick Rosenthal (alors débutant) ne s'en était d'ailleurs pas trop mal sorti avec Halloween 2, suite généreuse et très honorable de La Nuit des Masques.
Hormis Bad Boys (à ne pas confondre avec le son et lumière 90's de Michael « Boom Boom » Bay), drame plutôt réussi avec un Sean Penn encore pubère et mis en musique par Bill Conti, la filmographie de Rick Rosenthal n'offre rien de bien substantiel à se mettre sous la dent. Du savoir faire ? Tout au plus celui d'un fonctionnaire hollywoodien docile. Du talent ? Circulez, y a rien à voir. L'échec au box-office en 1988 de Distant Thunder, un drame (un de plus) animé par John Lithgow et Ralph Maccio le pousse même à se réfugier à la télévision. Avec des résultats décevants puisque ni le pilote de Yesterday Today, ni celui de The Witches of Eastwick (nouvelle adaptation du roman de John Updike) ne trouveront preneurs. On peut donc en conclure que, si Rick Rosenthal a accepté de se lancer dans Les Oiseaux 2, c'est avant tout pour éviter de pointer au chômage. Vu sous cet angle, le produit fini parle de lui-même.

tir aux pigeons


Avec un mélange de lucidité et d'humilité, Rosenthal évite la confrontation directe avec son prédécesseur de 1963 et s'engage en douce dans la voie du remake. A parcourir la liste interminable des mauvaises idées qui plombe Les Oiseaux 2, celle-ci apparaît aisément comme la moins pire. Seules une réplique citant les incidents de Bodega Bay et la participation (dans un rôle différent) d'une Tippi Hedren qui se demande visiblement ce qu'elle fout là rattachent cet étron télévisuel au film d'Hitchcock. Deux pauvres clins d'œil qui ne trompent personne.
Dès la scène d'ouverture où une mouette attaque un quidam sur son bateau, impossible de ne pas lever les yeux au ciel, consterné. Rick Rosenthal tente un hommage aux Dents de la Mer, histoire de boucler la boucle et de mettre en avant les liens entre le film de Steven Spielberg et celui d'Alfred Hitchcock. Manque de pot, la scène évoque davantage les inénarrables productions Roger Corman des 90's et souffre d'un score fauché et d'une symbolique écolo risible. Mais le plus drôle (ou le plus triste) est à venir avec l'entrée en scène du couple formé par Brad Johnson et Chelsea Field, mauvais comme c'est pas permis. Clichés obligent, les deux tourtereaux amènent avec leurs bagages une paire de fillettes blondes, un gentil toutou (le meilleur acteur de la famille) et un bon gros trauma lourdement appuyé par une scène de cauchemar qui flirte avec la parodie. On se met alors à espérer que les oiseaux attaquent. Vite. Et le plus souvent possible, histoire de ne pas s'endormir avant la fin. Mais la menace principale vient d'abord de James Naughton (issu de la série télé La Planète des Singes), fringuant quinqua au sourire ultra-bright ayant des vues sur madame. Roulements de tambours, adultère à l'horizon. Il faut attendre les vingt dernières minutes pour que les piafs meurtriers passent la seconde et lancent les hostilités. D'abord en assiégeant de nuit la maison de nos héros (spoiler : le chien y passe, picoré à mort) puis en pétant une durite sur la population locale lors d'un climax qui a au moins le mérite d'être drôle. Tippi Hedren erre parmi les figurants, James Naughton prend des photos jusqu'à la mort, le maire et les alcoolos du coin sortent les shotguns et font tout exploser ! Huit petites minutes en roue libre brusquement clôturées par un ultime rebondissement : les oiseaux se dirigent vers le continent. Quelqu'un, quelque part, espérait nous faire les honneurs d'une nouvelle suite. Sans doute y avait t-il là une franchise aussi juteuse que les Carnosaur et les Sharknado. Tant pis ? Non.

Alan Wilson






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Image :
Plutôt zélé, l'éditeur se fend d'une copie aussi propre que possible et respectant le format 4/3 original. Les couleurs sont vives et la compression est robuste, notamment lors des scènes nocturnes ou lors de l'attaque finale. Pour un transfert sur DVD d'un obscur téléfilm un peu honteux, c'est même inespéré.

 


Son :
La version française est assez ridicule mais elle présente un mixage stéréo qui n'a rien à envier à la version originale. C'est encore une fois très propre mais faîtes une croix sur les effets multidirectionnels ou l'immersion acoustique. Vos enceintes ne se réveilleront que pour une explosion finale tout droit sortie d'un épisode de L'Agence tous risques !

 


Interactivité :

Hormis des bandes-annonces, c'est le calme plat. Pour le coup, on aurait bien aimé en savoir plus sur les raisons qui ont poussé le studio à donner le feu vert à une telle aberration.

Liste des bonus : Bandes-annonces

 
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