LE RETOUR DE RINGO
Il ritorno di Ringo - Italie, Espagne - 1965
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Western
Réalisateur : Duccio Tessari
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Français et italien 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 5 juin 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Retour de Ringo »
portoflio
LE PITCH
De retour de la guerre de Sécession, Ringo retrouve sa ville sous la coupe réglée de bandits mexicains. Au milieu des habitants terrorisés et du shérif impuissant, il voit sa femme aux côtés du chef des bandits. À lui seul, Ringo va entreprendre la reconquête de la ville.
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Ringo II

Après l'énorme succès populaire Un Pistolet pour Ringo, Giuliano Gemma embraille la même année avec son cinéaste fétiche pour un nouveau Le Retour de Ringo. L'occasion d'affirmer avec plus de sérieux sa nouvelle stature de star du western. Une première pour un acteur italien.

Il faut dire d'ailleurs que l'ancien cascadeur a vu sa carrière littéralement exploser en quelques mois, enchainant les grandes productions populaires Angélique Marquise des anges et Merveilleuse Angélique, tout en signant les deux westerns purement italiens Le Dollar troué et surtout Le Retour de Ringo, sous le pseudonyme américanisant de Montgomery Wood. Déjà responsable du péplum Les Titans qui marqua le premier vrai rôle à l'écran du jeune homme, Duccio Tessari y signait un divertissement réjoui, décontracté et laissant la part belle à la comédie. Un petit quelque chose de Lucky Luke, que l'on ne retrouve que de manière très succincte, et clairement moins appuyé, dans le suivants Le Retour de Ringo. Une commande des producteurs bien entendu, mais qui n'intéresse pas tant que ça Tessari et Gemma qui ne goutte pas trop au concept de la suite directe. Si une grande part de l'équipe technique et la plupart des têtes d'affiches sont identiques dans les deux métrages, et que le héros partage le même patronyme de Ringo (qui sera rapidement pillé par le reste de l'industrie italienne), le lien entre les deux épisodes est plus que nébuleux. Surtout, Le Retour de Ringo tranche sévèrement avec la légèreté totale du premier. Et pour cause, aidé par Fernando Di Leo (Les Longs Jours de la vengeance) le metteur en scène s'inspire de la dernière partie de L'Odyssée d'Homère dans le décor de l'Ouest sauvage, faisant de Ringo, vétéran de la guerre de sécession, un pauvre Ulysse de retour à Ithaque qui découvre que sa Pénélope a été ravie par des prétendants. Ici Pénélope s'appelle Hally et les vilains sont une bande de truands mexicains qui ont asservis toute la ville.

 

à bon port


Un soupçon de tragédie (mais alors juste un soupçon) qui sert de canevas à une vengeance longuement calculé, Ringo décidant de se faire passer pour un pauvre peone afin d'ourdir son plan et se trouver des alliés. L'occasion de le faire croiser un indien mutique, la belle prostituée tireuse de carte aux pulsions un poil sadiques (troublante Nieves Navarro), de redonner du courage au sheriff déchu, et bien entendu de faire frémir son épouse d'impatience (qui met le temps à le reconnaitre tout de même), avant de livrer un assaut final qui fait sans mal oublier les petites longueurs de la mise en place. Pas forcément un esthète, ni un génie du 7ème art, Tessari fait partie de ces artisans solides typiques du cinéma italien de cette époque, embrassant tous les codes du genre et leur offrant une mise en valeur remarquable. Montage précis, gunfights nerveux, déchainement de la violence, léger intermède humoristique (en particulier avec la petite du héros) : le spectacle est total. Surtout que comme à son habitude Guliano Gemma glisse, entre deux sourires et deux balles en pleines têtes, ses fameuses cascades bondissantes qui ont fait sa renommée. Doté d'un superbe Technicolor, d'une interprétation générale convaincante et d'une bande son iconique servie par le maestro Ennio Morricone, Le Retour de Ringo a sans doute été un peu trop rapidement classé parmi les classiques du western italien. Mais quoi qu'il en soit, il reste un divertissement franchement réussi.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Restauré à partir d'une copie 35mm Techniscope d'origine et scannée en 2K, Le Retour de Ringo n'aura jamais été aussi beau de toute son existence. Le travail fourni ici par un studio italien est impressionnant de finesse, rendant visible un master entièrement dénuée de la moindre trace des années, tout en lui redonnant un second souffle grâce à une colorimétrie revitalisée. Les couleurs sont sublimes, chaudes et éclatantes, et seules finalement quelques plans nocturnes, laissent apercevoir un très léger affadissement mais uniquement dû à la captation d'époque. La définition est implacable et les argentiques sublimés. C'est ce qu'on appel viser juste.

 


Son :
Bien entendu les pistes sonores ont, elles aussi, été restaurées, mais préservent leur mono d'époque. La version française n'est pas désagréable mais reste tout de même en deçà de la prestation et de la crédibilité italienne. Cette dernière, qui avait été honteusement exclue du DVD Seven 7 il y a quelques années, se montre particulièrement stable, soignée et joliment équilibrée.

 


Interactivité :
Proposé sous la forme d'un Mediabook, Le Retour de Ringo se présente avec un Bluray et un DVD, mais aussi un généreux livret d'une soixantaine de page qui profite des liens existant entre ce film et la saga d'Homère pour brasser plus largement le western spaghetti et ses références à la tragédie scénique. Un document intéressant qui vient compléter les deux bonus vidéos présents sur les deux formats de disques : soit une présentation enthousiaste et efficace du spécialiste Curd Ridel et un document constitué des interviews de Sergio D'Offizi (chef op) et Lorella De Luca (actrice et épouse du metteur en scène). Quelques anecdotes et autres souvenirs de tournage autant qu'une certaine époque, où pointe surtout un immense respect pour la star Gulianno Gemma.

Liste des bonus : livret 64 pages « Les grandes tragédies dans le western européen », Présentation du film par Curd Ridel (13'), L'Odyssée de Ringo (30'), Diaporama d'affiches et de photos, Film-annonce original

 
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