REQUIEM POUR UN ESPION
The Groundstar Conspiracy - Etats-Unis - 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Espionnage
Réalisateur : Lamont Johnson
Musique : Paul Hoffert
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Digital 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 21 mai 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après qu’une explosion ait détruit un centre spatial top secret, un agent du gouvernement va tout mettre en œuvre pour faire parler le coupable tout désigné, un homme amnésique et défiguré par l’explosion.
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paranoia Syndrome

Les années 70, c'était les cheveux longs et les tambourins, d'accord. Mais c''était aussi le Vietnam, la conquête spatiale et la guerre froide. Entre deux grands classiques, ESC nous gratifie cette fois d'un film totalement méconnu mais emblématique de cette époque, et qui mérite largement d'être redécouvert sur format numérique.

L'histoire de The Groundstar Conspiracy, titre original du film, est basée sur le roman de science-fiction The Alien de l'auteur britannique L.P. Davies. Pourtant, même si son introduction fait douter le spectateur l'espace d'un instant, le film de Lamont Johnson est bien un pur film d'espionnage, produit d'une époque porteuse d'un syndrome paranoïaque comme plus jamais le 20ème siècle n'en connut. Il commence par le vol d'un composant électronique sensé faire fonctionner une sonde spatiale révolutionnaire. A l'issue du larcin, six personnes trouvent la mort dans l'explosion du centre aérospatiale où le composant est détenu et son auteur, cruellement blessé, est rattrapé par les autorités militaires. Défiguré et amnésique, il est alors interrogé par un porte-flingue violent et zélé travaillant pour le gouvernement qui va utiliser toutes les méthodes possibles, y compris les plus répréhensibles, pour apprendre la vérité et récupérer le précieux composant. Jusqu'à ordonner un acte de chirurgie faciale afin de redonner à l'homme son visage, qu'il ne parviendra même pas lui-même à reconnaître. Mais était ce bien le sien, finalement ? N'est-il pas, lui-même, victime d'une terrible machination ? Et son geôlier est-il bien celui qu'il prétend être ? Autant de questions que le film alimente efficacement tout au long de son intrigue jusqu'à une conclusion vertigineuse qui réveille les vieux démons d'une époque où le citoyen lambda ne pouvait faire confiance à personne, et surtout pas aux hommes qui gouvernaient son pays.

 

L'opération diabolique


Avec son histoire d'homme défiguré en quête d'identité, The Groundstar Conspiracy (qu'on est en droit de préféré au titre français qui, comme souvent, ne veut absolument rien dire) fait immanquablement penser aux grands classiques du genre. Le cultissime Seconds de John Frankenheimer, mais aussi son Un Crime dans la tête. Deux exemples parfaits sortis quelques années avant le film de Lamont Johnson mais dont celui-ci arrive pourtant particulièrement bien à s'émanciper. D'abord grâce à une réalisation plutôt énergique dès son introduction et qui, malgré le fait qu'elle trahit le savoir-faire télévisuel de Johnson (le réalisateur n'a pratiquement travaillé que pour la télévision), se fait facilement oublier. Grâce aussi au talent des comédiens, tous quasi parfaits dans leur rôle respectif. Mention spécial à George Peppard, inoubliable Hannibal de L'Agence Tous Risques, qui campe un agent gouvernemental sans scrupule, immonde salaud prêt à tout pour faire éclater la vérité. Face à lui, Michael Sarrazin, immortalisé à jamais dans le traumatisant On achève bien les chevaux de Sydney Pollack, ici en victime idéale. Quant au rôle féminin, bien que décevant dans son écriture (il ne sert finalement à pas grand-chose), il est incarné avec classe et charisme par Christine Belford, actrice venant de la télévision et qui y retournera juste après pour ne pratiquement jamais la quitter. Une frontière très poreuse, donc, avec le petit écran, qui se sent également dans les partitions de Paul Hoffert, entre cuivres virulents incarnant plus que jamais toutes les séries policières et d'espionnage et sons synthétiques rappelant eux les meilleures heures de la SF de l'époque.

Excellente idée d'ESC, donc, de nous gratifier d'un bien beau titre tombé injustement dans l'oubli et qui saura, par toutes ses qualités insoupçonnées, contenter les cinéphiles (et les autres) en mal de pépites inédites.

Laurent Valentin




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Image :
Grain, flou, manque de détails... rien ou presque ne nous est épargné en terme de scories pelliculées. Les noirs, très présents, sont toutefois bien profonds. Mais on pourra toujours considérer les très nombreux défauts de l'image comme une chance pour profiter au mieux de l'atmosphère délétère et paranoïaque du film.

 


Son :
Sans surprise, la galette ne nous propose que les simples pistes mono d'origine. Mais elles sont suffisantes pour profiter de la belle énergie de la bande son et surtout du doublage français d'origine, délicieusement rétro, avec les voix chéries de nos meilleurs doubleurs de l'époque.

 


Interactivité :

Comme souvent chez ESC, un seul entretien à se mettre sous la dent. Cette fois, c'est Frédéric Albert Lévy (cofondateur de la revue Starfix) qui s'y colle et nous éclaire sur quelques éléments dissimulés derrière la caméra. Surtout sur Lamont Johnson, réalisateur méconnu chez nous mais d'importance au pays de l'oncle Sam. Notamment grâce à la réalisation de quelques téléfilms aux sujets difficiles (l'homosexualité, l'objection de conscience) et aussi par sa participation à des séries d'anthologie (dont la mythique The Twilight Zone). Un réalisateur victime du Maccarthysme, aussi, information qui donne un tout autre éclairage à son intérêt pour le roman The Alien et sa volonté d'en faire un véritable pamphlet politique à peine caché dans les méandres d'une intrigue d'espionnage. Encore une bonne raison de découvrir le film donc.

Liste des Bonus : Passeport pour l'oubli : entretien avec Frédéric Albert Lévy (31'22).

 
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