UN DOLLAR ENTRE LES DENTS
Un dollaro tra i denti - Italie, Etats-Unis - 1967
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Western
Réalisateur : Luigi Vanzi
Musique : Benedetto Ghiglia
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 4 juin 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un détachement de la cavalerie américaine convoie un coffret rempli d’or pour le gouvernement mexicain. Le bandit Aguila, prenant la place de l’officier chargé de la réception, le dérobe, avec l’aide d’un homme surgi de nulle part : l’Étranger. Quand vient le moment du partage, les deux ne s’entendent pas…
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On ne l'appelait pas, mais il venait quand même

Pas forcément considéré comme un classique du western spaghetti en Europe, Un Dollar entre les dents, ou plutôt A Stranger in Town fut acclamé lors de sa diffusion américaine et donna même naissance à trois suites plus roublardes encore. Mais alors qui est donc cet étranger ?

En l'occurrence cet étranger c'est Tony Anthony, jeune acteur / producteur dans le cinéma indépendant qui, comme beaucoup d'habitués aux seconds rôles, va tenter sa chance un temps en Italie et va décrocher la timbale avec une petite production un peu fauchée dont le seul but avéré est de profiter du succès colossal rencontré par la première trilogie de Sergio Leone : Pour une poignée de dollar, Pour quelques dollars de plus et Le Bon, La brute et le truand. Pas besoin de se prendre énormément la tête, le petit artisan Luigi Vanzi dont on se souvient essentiellement du sympathique péplum Sept à Thèbes, récupère un scénario qui en retape tous les poncifs, rejoue bien souvent les mêmes scènes et les mêmes antagonismes, tout en s'efforçant d'installer une nouvelle figure du genre : L'étranger. Vanzi n'aillant vraiment pas les même talents que Leone, il peine forcément à donner la même allure opératique à l'ensemble, la même emphase fascinante, et doit composer qui plus est avec un décor bien moins grandiose que celui d'Almeria, des paysages sauvages restreint par des tractopelles qui attendent pour reprendre le travail et des erreurs de continuité qui sautent aux yeux (la script-girl fut elle virée ?). Il maintient cependant l'entreprise, signant une réalisation sobre, propre et efficace, délivrant quelques chevauchées sympathiques, un gunfight final très inspiré là encore (oh une machinegun...) mais en tout cas particulièrement meurtrier et rythmé, et se laissant porté par la prestation de la « star » Tony Anthony.

 

carte de séjour


S'appuyant sur les notes d'humour imaginées par le réalisateur se moquant gentiment du héros américain, Anthony n'hésite pas à transformer son Etranger en authentique parodie de L'Homme sans nom, ou en négatif exacerbé : poncho qui ressemble à une vieille serpillère, Long John rose miteux, regard blasé, démarche trainantes... Comme antihéros, L'étranger se pose là surtout que ses airs de looser ne sont pas totalement volés, lui qui finira par se faire rosser par toute la bande, passant son temps à perdre son colt ou à s'enfuir pour mieux revenir éliminer le mexicain en traitre. Tirer dans le dos : ça ne lui pose manifestement pas de problème ! Etonnant. Et ce personnage assez veule et traitre dans les règles de l'art teinte le film d'une petite dose de cruauté déjà bien portée par le couple de truands incarnés par Frank Wolff (Le Grand Silence, Il était une fois dans l'ouest) et Gia Sandri (Les Nuits érotiques de Poppée), l'un violant les innocentes et menaçant de flinguer un bébé, l'autre frissonnant lorsque le héros se fait rouer de coups et enchainant avec quelques coups de fouets lascifs. C'est souvent pour ces sorties de routes que l'on aime tant le western italien, et ce qui fit en partie le grand succès du métrage lors d'une distribution triomphante orchestrée par Tony Anthony et son collègue Allen Klein (manager des Rolling Stones et grand ami de Ringo Star, entre autres), qui permit la mise en chantier express d'un suivant Un Homme, un cheval et un pistolet plus porté encore sur le second degré, puis le premier western soja avec Le Cavalier et le samouraï, à chaque fois conçus par la même équipe. Le quatrième opus, plus tardif, intitulé Pendez-le par les pieds et dirigé par Fernando Bald n'hésitait pas lui, à envoyer notre brave étranger à travers le temps pour contrer une armée de vikings et les forces du mal ! Une saga à l'ouest jusqu'au bout... et au-delà.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Comme pour le reste de la collection Mediabook, Un Dollar entre les dents est présenté ici sous la forme d'une toute nouvelle copie héritée d'un scan 2K restauré avec soin. Les petites cicatrices des années se font très rares, tandis que la colorimétrie est largement rehaussée et la définition admirablement poussée. Reste un métrage à petit budget qui dû composer avec une pellicule au grain très présent et surtout à des séquences sombres un peu moins performantes. Respectant les origines modestes de l'objet, le Bluray lui offre quoi qu'il en soit un très joli écrin et sans doute le meilleur que l'on puisse attendre.

 


Son :

Simples mono retranscris en 2.0 les pistes française et italienne ne sont forcément pas de première jeunesse mais sont tout de même très agréables. Assez propre et équilibrée, la mouture italienne profite d'un mixage beaucoup plus naturel et dynamique, là ou le doublage français (plutôt bon) a tendance, comme souvent, à écraser les effets d'arrière-plans.

 


Interactivité :
Comme de coutume l'objet est tout à fait réussi et élégant avec en son centre un livret plutôt conséquent. Signé par l'habituel Alain Petit, il est composé de potos d'exploitation et d'un dossier assez complet sur le film et ses artisans, mais aussi une présentation plus complète de Tony Anthony et sa saga de L'étranger. Il en est de nouveau question du coté des suppléments vidéos avec une interview filmée lors d'une projection publique de Tony Anthony et son producteur Ron Schneider. Petites anecdotes, souvenirs qui se perdent un peu, c'est surtout un bon moyen de percevoir la liberté certaine avec laquelle l'acteur imaginait ses différents projets. Plus classique, la présentation d'usage enregistrée par Curd Ridel résume assez efficacement les deux autres suppléments, non sans s'amuser des petits défauts d'un opus atypique.

Liste des bonus : Un livret de 64 pages intégré à l'étui : « La saga de l'Étranger » par Alain Petit, Présentation du film par Curd Ridel (9'), Entretien avec Tony Anthony et Ron Schneider (23'), Générique français, Diaporama d'affiches et de photo, Bande-annonce originale

 
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