RAZORBACK
Australie - 1984
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Razorback  »
Genre : Horreur
Réalisateur : Russell Mulcahy
Musique : Iva Davies
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 10 juillet 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Razorback  »
portoflio
LE PITCH
Au fin fond du désert australien vit une créature indestructible capable de déchiqueter un homme en deux et de détruire une maison en quelques secondes. Plus de 400 kilos de défenses et de muscles avec pour unique objectif de terroriser la petite communauté isolée de Gamulla, une ville tout aussi violente et primitive que la bête qui la menace…
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Territoire sauvage

Signé par un jeune clipper qui n'avait pas encore filmé Christophe Lambert en kilt, ni bradé son talent dans une poignée de série B anecdotiques, Razorback fut l'un des points culminant de la fameuse Ozploitation et un véritable choc visuel sur grand écran. Etonnement, 30 ans après, le choc est presque plus frappant.

Là où on penserait retrouver un film d'exploitation sauvage marqué par les tics MTV des 80's et les effets de styles outrés de son metteur en scène, on découvre un objet fascinant qui s'est certainement bonifié avec le temps. Réalisateur de clips incontournables en ce début de décennie, Russell Mulcahy est certainement l'un de ceux qui à façonné l'esthétique contrastée et les outrances de cette décade bleutée et fluo avec les court-métrages dédiés à Video Killed the Radio Star des Buggles, I'm Still Standing d'Elton John et surtout un déluge de tubes pour Duran Duran. Son passage du coté du grand écran ne se fait absolument pas en abandonnant sa marque ou ses recherches graphiques, mais bien en y trouvant une certaine forme d'aboutissement. Comme pour David Fincher, et même si le scénario n'est pas dénué d'intelligentes subtilités, l'orchestration visuelle est absolument primordiale dans Razorback, et vient teinter cette étrange et barbare chasse, en un trip sidérant aux travers d'un outback rarement filmé avec autant d'onirisme.

 

charge mortelle


La photographie, travaillée avec le concours du grand Dean Semler (Mad Max 2, Danse avec les loups) sculpte un paysage primitif et inquiétant, tour à tour crasseux, purulent comme une charogne ou totalement surréaliste, comme si les mythes fondateurs aborigènes reprenaient leurs droits. En particulier d'ailleurs dans une longue et sublime séquence d'errance au travers d'un désert changeant et cauchemardesque, se rapprochant ouvertement des toiles de Salvador Dali. Il y a d'ailleurs quelques choses de profondément apocalyptique dans Razorback, autant dans ce surnaturel qui ne nait presque exclusivement que de la réalisation, que dans la manière de dépeindre un pays habité uniquement que bouseux viandards, transformé par une présence humaine destructrice en abattoir géant où se mélangent les restes pourrissants de kangourous, de sangliers et quelques victimes humaines qui passaient par là. Un cinéma d'horreur aux élans violemment écologistes, typique de l'Ozploitation justement, et qui résonne aujourd'hui comme un manifeste vegan assez éloquent. De Massacre à la tronçonneuse à Mad Max en passant par Wake in Fright de Ted Kotcheff, Mulcahy maitrise parfaitement ses références et les insuffle avec brio dans une version redneck des Dents de la mer, où la créature vorace n'a plus rien du prédateur mythologique mais répond directement à la violence humaine et à ses instincts répugnants (le prolongement de la tentative de viol en est un excellent exemple). D'ailleurs au classique de Spielberg, Razorback reprend, pour de même raisons techniques, une présence discrète du monstre géant, dont on aperçoit brièvement la tête en animatronics, mais dont le spectateur est surtout témoin des destructions massives. Voilà un autre bon moyen de résister efficacement au temps.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Véritable film culte en Australie, Razorback s'est largement vu choyé par là-bas avec une restauration luxueuse effectuée à partir d'un nouveau scan 4K du négatif original. C'est le travail que reprend bien évidement Carlotta, offrant ainsi un master qui, en dehors d'une ou deux taches et de quelques transitions plus douces, est une véritable petite merveille. Du coté de la définition tout d'abord, solide et profonde, riche tout en préservant le grain de pellicule, mais aussi avant tout des couleurs pétantes, puissantes et élégante qui soulignent constamment le soin apporté à la photographie. Les nuits sont impériales, les jours aveuglants et étouffants... Splendide.

 


Son :
Assez efficace, et en tout cas agréable dans sa disposition régulièrement d'effets d'ambiances latéraux et arrières le DTS HD Master Audio 5.1 était la seule piste présente sur la galette anglaise. Les amateurs français plus puristes pourront eux opter pour un DTS HD Master Audio 2.0 aussi franc et directe qu'à l'époque, la clarté et la stabilité en plus. Et le doublage français d'époque répond présent avec une piste équivalente mais à qui il manque clairement cette sonorité métallique, curieuse, qui fait beaucoup pour l'ambiance du film.

 


Interactivité :
Reprenant le nouveau visuel bestial et officiel du film, le steelbook de Carlotta dispose une section bonus plus complète, même si on peut remarquer la disparition de deux items de l'édition british. Commentaire audio plutôt informatif et assez technique du réalisateur, discussion très décontractée de journalistes australiens autour des thèmes et de l'impact du film et un making of rétrospectif plus tout jeune mais loin d'être inintéressant. Retraçant toutes les étapes de la fabrication du film, ce dernier surprend surtout pour le ton peu tendre que prennent les interventions quand au résultat final, voir même dans le cas de l'actrice Judy Morris avec ses collègues de travail...
L'indispensable de l'édition reste par contre sans conteste le très attendu VHS Cut inédit chez nous qui certes est bien loin des qualités du master 4K mais contient les plans coupées par la censure locale en 1984. Ces petits segments sont aussi visibles en tant que scènes coupées commentées, et permettent de découvrir quelques images beaucoup plus gores et surtout un massacre / viol de la journaliste franchement dérangeant. Vraiment dommage que les négatifs aient été perdus.

Liste des bonus : Commentaire audio de Russell Mulcahy et Shayne Armstrong, « Une certaine nature animale » (24'), Scènes coupées les plus meurtrières du film avec commentaire audio optionnel (3'), « Requins sur pattes » (74'), « VHS Cut » : version uncut de Razorback transférée depuis la VHS 4/3 australienne (95'), Bandes-annonces originale

 
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