JAMES BOND 007 CONTRE LE DR NO
Dr. No - Angleterre - 1962
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Genre : Espionnage
Réalisateur : Terence Young
Musique : John Barry
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et Français en DD 5.1, Français en DTS
Sous-titre : Français, anglais...
Durée : 110 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 8 novembre 2006
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Kingston, Jamaïque. Un agent des services secrets britanniques est assassiné en pleine enquête sur un dispositif de brouillage de missiles américains. James Bond, agent 007, est chargé de retrouver les meurtriers et de finir le travail. Ses recherches le conduisent vers l’île du mystérieux Dr No.
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Rien que pour ses yeux

Quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise, le débat durera aussi longtemps qu'il y a aura des James Bond. La question incessante et lancinante du meilleur interprète de 007 n'a pourtant pas lieu d'être, en particulier lorsque l'on revoit (pour la énième fois) le premier opus de cette saga inoubliable.

 

Au début des années 60, l'espionnage est le nouveau genre à la mode. Des séries de films comme OSS 117 (et oui...), des BD ou des romans se nourrissent des tensions politiques du monde moderne et de la Guerre froide. Loin d'être à l'origine de cette mode, les romans de Ian Flemming se font tout de même remarquer par leur qualité d'écriture et l'originalité des péripéties de leur héros, un certain James Bond. Macho, séducteur et capable de tuer ses adversaires de sang froid, le personnage ne se détache finalement de la concurrence que par son flegme purement britannique. La difficulté de transposer cette icône à l'écran repose donc sur la nécessité de se démarquer suffisamment des autres pour que le personnage devienne le modèle même de l'agent secret. Après des semaines de recherche, les producteurs Albert R Broccoli et Harry Saltzman font finalement le meilleur choix en confiant la réalisation de ce premier film à un technicien hors pair, Terence Young, et le rôle titre au « presque inconnu » Sean Connery. Un écossais de 32 ans, qui au fur et à mesure du tournage va réinventer le personnage. Sa façon de se mouvoir, ses petites phrases assassines, son humour à froid, son sourcil séducteur... Sean Connery n'est pas seulement l'interprète ultime de James Bond, il en est quasiment le créateur !

 

Le meilleur reste à venir

 

Si le roman Dr No est choisi pour servir de source à la première adaptation cinématographique de Bond (un téléfilm adaptant Casino Royale avait été diffusé quelques années plus tôt à la télévision américaine) c'est surtout pour son unité géographique et la simplicité de sa trame, assurant ainsi un plus grand contrôle du tournage et une meilleure gestion d'un budget limité. Ne profitant pas encore de sommes conséquentes, cette première mission a d'ailleurs parfois du mal à se mettre en branle. La superbe mise en scène de Terence Young (soulignée par la majestueuse restauration de cette édition) et la nervosité d'un montage alors totalement novateur n'arrivent pas toujours à cacher les lacunes d'un scénario un peu mince, qui s'étire artificiellement sur près de deux heures. Difficile aussi de ne pas avoir un petit sourire en coin lorsque apparaît le fameux Dr No, métisse chinois interprété par un Joseph Wiseman (Canadien pure souche) ayant bien du mal à se dépêtrer de ses fausses mains de métal. Un méchant très méchant qui rappelles les vilains de BD des années 50. Désormais un peu kitsch, Dr No présente indéniablement un petit côté serial, daté, qui bien entendu disparaîtra dès le métrage suivant, Bons Baisers de Russie, maître étalon d'une série dont il définira les codes les plus importants.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
L'argument premier de cette nouvelle collection, au-delà de ses documents d'archives exceptionnels et de ses nouveaux commentaires audio, concernait bien sûr la restauration des films à partir des copies originales, restauration particulièrement spectaculaire dans le cas des Sean Connery et des Roger Moore. En plus de retrouver leur exact format d'origine (certains cadres des précédentes éditions étaient tronqués), Dr. No, Bons baisers de Russie, Goldfinger, Opération Tonnerre et L'Espion qui m'aimait brillent aujourd'hui de mille feux, présentant une colorimétrie, un contraste et un piqué hallucinants. Les effets miniatures de Derek Meddings pour L'Espion qui m'aimait sont particulièrement mis à l'honneur, de la base maritime de Stromberg au navire gigantesque abritant une armada de sous-marins nucléaires. Même les scènes sous-marines impliquant la Lotus amphibie retrouvent leur puissance d'origine, la compression s'avérant de bout en bout parfaite (les bulles, vagues et autres brumes ne facilitaient en rien l'affaire). Seul regret : Dr No, pourtant le tout premier épisode de la saga, bénéficie d'une image tellement incroyable qu'elle eclipse totalement celles de l'ère Brosnan, Goldeneye et Demain ne meurs jamais ayant littéralement été oubliés dans cette opération de ravalement. Enfin, petit détail qui saura titiller les fans, la copie de Permis de tuer correspond bel et bien au montage non-censuré du film (des requins festoient, une tête explose et un homme maigrit à grand coup de rouleau compresseur), jusqu'ici introuvable en DVD.

 

Son :
Chaque film est aujourd'hui présenté en remixage Dolby Digital 5.1 dans les langues de Shakespeare et Molière, la version française héritant en sus d'une piste DTS variablement immersive (impeccable pour Goldfinger, beaucoup moins convaincante pour Moonraker). Les scores de John Barry et David Arnold, plus ou moins audacieux selon les épisodes et les époques (L'Espion qui m'aimait s'inspire du disco, Meurs un autre jour opte pour des basses électro), sont dans tous les cas mis en exergue, de même que les bruitages explosifs des films. Enfin, les génériques présentent des versions superbement restaurées de leurs chansons respectives, inoubliables (Goldfinger, L'Espion qui m'aimait), efficaces (Goldeneye), datées (Dangereusement vôtre) ou déjà ringardes en leur temps (Tuer n'est pas jouer). Dans l'ensemble, du très beau travail.

 

Interactivité :
Passée la redécouverte des métrages dans des conditions techniques jusqu'ici impensables, la collection Ultimate promettait un déluge de suppléments exclusifs et inédits, les éditorialistes de la MGM ayant fouillé des années durant les greniers d'Albert Broccolli. Les faits sont là, jamais les fans de James Bond n'avaient pu accéder à une telle interactivité, les documentaires massifs (plus d'une heure pour certains) succédant aux making of, aux rétrospectives, aux émissions télévisées d'époque ou encore aux images de tournage, le tout dans des menus cohérents d'une élégance toute bondienne.

Commentaires audio :
Joli effort, chaque film propose déjà au moins un commentaire audio, pour la plupart du temps enregistré spécialement pour ces nouveaux disques. Bel exemple, L'Espion qui m'aimait (de même que Moonraker, mais évitons d'en parler) réunit plusieurs décennies après son tournage le réalisateur Lewis Gilbert, le décorateur Ken Adam, le co-scénariste Christopher Wood et l'assistant de production Michael G. Wilson, tous nostalgiques d'un tournage où régnait bonne humeur et émulation. Sans rentrer réellement dans l'analyse thématique ou la décryption d'une mise en scène brillante, l'équipe témoigne de la fabrication hardue d'un métrage particulièrement ambitieux, qu'ils semblent redécouvrir avec passion après des siècles de silence. Parallèlement, Roger Moore consacre lui aussi à cet épisode un commentaire, expliquant entre un milliards d'anecdotes à quel point cet épisode fut son expérience bondienne la plus marquante. Pierce Brosnan, avant-dernier Bond en date, profitera lui aussi de Meurs un autre jour pour évoquer sa période, à travers un monologue jouissif et éreintant dépourvu de la moindre langue de bois. Enfin, les réalisateurs John Glen et Martin Campbell auront tout loisir de s'épancher sur leur labeur, tandis que les épisodes les plus anciens bénéficieront, à l'instar des anciennes éditions, de montages d'interviews savamment sélectionnées au fil des séquences.

Permis de restaurer : Disponible sur le second disque de Dr No, ce documentaire explique en un peu moins de douze minutes le processus de restauration dont a bénéficié la série. Passionnante et instructive, cette bobine permet de saisir l'ampleur du travail effectué non seulement sur ce premier épisode, mais également sur les épisodes suivants.

Les Dessous du MI6 : Dans cette nouvelle section dont profite chaque métrage sont rassemblés les documents d'archive inédits. Vieilles bobines 8mm du décorateur Ken Adam, retour sur les grandes Premières des films (histoire de se gargariser des people de l'époque), émission spécialisée d'époque sur l'Aston Martin de Goldfinger, junkets télévisés, bobines dédiées aux armes et aux gadgets, questions / réponses volées sur le feu des tournages, inauguration des studios 007 de Pinewood à l'occasion de L'Espion qui m'aimait (une date !), montage d'interviews savoureuses de Roger Moore sur le plateau du même film, tournages en Suisse (Au Service Secret de Sa Majesté), en Egypte (L'Espion qui m'aimait), à Rio (Moonraker), en Grèce (Rien que pour vos yeux), coulisses de scènes de combat (Les Diamants sont éternels), scènes en multi-angles, scènes coupées (Dangereusement vôtre), storyboards animés, voire essais d'acteurs envisagés pour le rôle (Sam Neill sur Tuer n'est pas jouer, et croyez-le ou non, il aurait fait un sacré Bond !)... De beaux trésors en perspectives, dont les plus enthousiasmants ne sont pas forcément les plus longs, car derrière certains programmes s'étalant sur près d'une heure (par exemple "Bienvenue au Japon Mr Bond" sur On ne vit que deux fois) se cachent des pubs gigantesques brodant laborieusement sur les éléments les plus célèbres de la saga : armes, gadgets, femmes et super vilains.

Documentaires : La somme de documentaires rassemblée au sein de cette collection frise l'indécent. Déjà présentés pour la plupart dans les DVD précédents (Dr. No, Goldfinger), les making of rétrospectifs (d'une durée variant entre 20 et 45 minutes) vont droit à l'essentiel, et apportent leur lot d'anecdotes et de révélations juteuses. Une poignée d'artistes (le metteur en scène Terence Young sur Dr. No, le décorateur Ken Adam sur L'Espion qui m'aimait, l'acteur Desmond Llewelyn, Q en personne, sur Au Service Secret de Sa Majesté, le producteur Albert Brocolli sur Les Diamants sont éternels, le créateur des génériques Maurice Binder sur On ne vit que deux fois) ont par ailleurs droit à un portrait en bonne et due forme par leur entourage ou les collaborateurs réguliers à la série, suppléments justifiant dans certains cas l'acquisition d'épisodes mineures. Dans ce lot de souvenirs, on retiendra enfin ceux, justement amers, de George Lazenby pour Au Service Secret de Sa Majesté, déçu d'avoir été évincé aussi farouchement de la série.Seul hic assez paradoxal : les épisodes les plus récents (l'intégralité des Brosnan par exemple) se voient boudés par les équipes de MGM, les making of rétrospectifs laissant place nette à des émissions d'époque interminables et absurdes, consacrées à l'instar de certaines curiosités des Dessous du MI6 aux gadgets, aux femmes et aux adversaires de Bond. Pire, l'édition "ultime" de Meurs un autre jour bénéficie certes d'un nouveau commentaire de Pierce Brosnan, mais perd au passage les deux tiers des suppléments du collector précédent, notamment un paquet de featurettes et un making of entier de 70 minutes. On a du mal à comprendre...

Les Missions de 007 : Amis des bonus inutiles, bonjour. Ce segment présenté en second disque ne propose en fait qu'une sélection d'extraits ciblés du film (cascades, gadgets, etc.), extraits directement accessible via le chapitrage en première galette. Du beau n'importe quoi.

Ministère de la propagande : Si vous aimez les bandes-annonces et les spots TV, cette section est faite pour vous. Une bonne occasion de se repencher en détails sur la manière dont la promotion cinématographique a évolué au fil des quarante dernières années.

Listes des bonus :  Commentaire audio, Archives de production, Archives promotionnelles, Making of, Featurettes, Documents d'archives, Banques d'images, Bandes-annonces / Spots TV

 

 
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