UN, DEUX, TROIS
One, Two, Three - Etats-Unis - 1961
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Un, Deux, Trois »
Genre : Comédie
Réalisateur : Billy Wilder
Musique : André Previn
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 4 juin 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un, Deux, Trois »
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LE PITCH
1961, Berlin Ouest. Directeur de la filiale d’une célèbre multinationale américaine, CR MacNamara rêve de conquérir le marché soviétique. Alors qu’il est en pleine négociation, son patron l’informe que sa fille arrive à Berlin et le charge de la chaperonner.
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1,2,3 nous irons à l'est

Citer Billy Wilder c'est tout de suite offrir à la mémoire du cinéphile des souvenirs de comédies aussi drôles qu'acerbes. Médecin de l'image, il aimait occulter le monde dans lequel il vivait pour en ressortir des pellicules au charme certain où chaque dialogue était passé au scalpel du scénariste de renom qu'il était. Il aborde cette nouvelle décennie des années soixante comme il avait clôturé la précédente : avec brio.

1,2,3 est un peu un film un peu à part dans son cœur. Lui qui est né en Pologne issu d'une famille juive, il a du fuir l'Allemagne avec l'arrivée au pouvoir d'Adolph Hitler. Il reviendra néanmoins au bercail pour y réaliser une comédie sur la guerre froide. Sans haine et avec beaucoup de recul, il plantera ses cameras dans une Allemagne en pleine reconstruction, partagée entre le communisme et l'occidentalisation pour mieux y confronter les stéréotypes américains avec celles de la vieille Europe. Cette opposition Est/Ouest lui fera une belle excuse pour nous parler avec son style iconoclaste et caricaturiste des problèmes de communication et de culture imposés par des idéaux pas toujours idéaux.

 

4,5,6 passer à l'ouest


Le scénario sera comme à son habitude aux petits oignons. Voulant conquérir le marché de l'est, une multinationale verra ses plans chamboulés par l'arrivée de la fille du patron éprise d'un communiste. Wilder n'aura pas beaucoup de mal à trouver une firme emblématique américaine connue du monde entier pour représenter sa multinationale car quoi de plus ricain que Coca Cola ? Symbole à lui tout seul, il personnifie à merveille l'occident. L'entreprise implantée ici en plein Berlin se trouve sous la camera de Wilder confrontée à toute la rigueur allemande où l'esprit de l'endoctrinement militaire est encore bien présent dans les attitudes des salariés. Ils se lèvent quand le directeur entre dans une pièce, saluent, claquent du pied lorsqu'ils reçoivent un ordre... Ce qui a le don d'exaspérer leur patron interprété avec verve par James Cagney. Et de verve, il en est bien question ici. Rarement la dynamique rythmique fut maintenue avec autant de grâce que dans ce film. Trépident, ce ping-pong vocal entre les dialogues des différents protagonistes est si rapide et touffu qu'une seconde vision est nécessaire pour en apprécier toutes ses saveurs. Les répliques fusent avec autant de finesse que les situations incongrues. La fille du patron américain partie épouser un communiste au-delà du mur alors en construction laisse exploser nombres de cocasseries. Si les américains se moquent des partisans du régime de l'est au détour de dialogue « ils ne peuvent pas commettre d'erreur car ils ne votent pas » ceux-ci font de même en utilisant de la musique américaine en guise de torture psychologique. Billy Wilder s'amuse et amuse sans jamais céder aux facilités propices à ce genre de dénonciation.

Wilder confronte avec maestria les idées arrêtées de chacun par le biais d'un mariage impossible. Mais cette union compromise est surtout celle de deux blocs se tournant le dos. Aussi indissociables que les deux faces d'une pièce, ces deux visions du monde n'ont malheureusement pas toujours le regard acerbe et plein de finesse du grand Billy.

Cédric Lemaire




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Image :
Une restauration de qualité qui ne trahit pas l'argentique. Rimini nous offre une belle copie, parfaitement propre et profonde avec de belles nuances de gris et des contrastes de qualité tout en conservant le grain d'origine.

 


Son :
En Dual Mono DTS HD Master Audio sur le français comme sur la version originale, les joutes verbales qui ponctuent le film ont tous le relief qu'ils méritent. A prioriser la VO pour pouvoir apprécier les différents accents des interprètes et la virulence de James Cagney.

 


Interactivité :
Le bonus le plus intéressant est le plus inattendu puisqu'il s'agit d'un interview audio de 1970 de Billy Wilder, qui, une heure durant nous confie des anecdotes sur sa carrière avec beaucoup d'humour et de narcissisme assumé. Savoureux comme ses films. Une conversation plus convenue entre les Frédéric Mercier et Mathieu Macheret, journalistes, se veut plus analytique sur leur perception du film.

Liste des bonus : Conversation entre les journalistes Frédéric Mercier et Mathieu Macheret 36', interview audio de Billy Wilder 58', Bande annonce 2'.

 
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