LE CAVALIER éLECTRIQUE
The Electric Horseman - Etats-Unis - 1979
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Image de « Le Cavalier électrique »
Réalisateur : Sidney Pollack
Musique : Dave Grusin
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 26 juin 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Cavalier électrique »
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LE PITCH
Ancien champion de rodéo, Sonny Steele est devenu une pub vivante pour une marque de céréales. Lors d’un show à Las Vegas, il s’enfuit avec un magnifique pur-sang afin de lui rendre sa liberté. À ses trousses, une journaliste de télé en quête du scoop parfait.
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robbie fait de la résistance

Road-movie semblable à une bouffée d'air pur dans la classieuse filmographie de Sydney Pollack, Le Cavalier Électrique est une comédie dramatique à l'élégance pérenne. Un sursaut de résistance porté par un Robert Redford impérial et une mise-en-scène au classicisme revigorant.

Dans la catégorie «cinéma américain des années soixante-dix», l'œuvre de Sydney Pollack semble au premier abord être celle qui prend le moins de risques. Mais c'est un leurre. Le réalisateur fut un superbe raconteur d'histoire, un esthète confirmé et un directeur d'acteurs hors-pair. L'un de ceux, au sein du Nouvel Hollywood, qui resta le plus attaché aux schémas narratifs classiques et aux archétypes de l'âge d'or. De On achève bien les chevaux à Nos plus belles années, en passant par Jeremiah Johnson, Yakuza et Les Trois jours du condor, ses films ont toujours dégagé une sorte de force tranquille. Un romantisme affirmé, voire échevelé, mais jamais ringard. Difficile il est vrai de manquer sa cible lorsque votre acteur fétiche se nomme Robert Redford. Un «oldtimer» tout sauf cheapos; luxuriante incarnation du glamour à l'américaine.

 

l'atout charme


Redford est de quasi tous les plans et il scintille de mille feux. Au propre comme au figuré puisqu'il campe un champion de rodéo sur le retour contraint de vanter les mérites d'une boîte de céréales dans son costume de cow-boy parsemé de guirlandes luminescentes. La première demi-heure donne le ton. En seulement deux trois plans, Pollack scrute la dégringolade d'un sémillant cavalier devenu l'ombre de lui-même. Fait rare dans sa chatoyante carrière, le comédien casse son image de beau gosse vertueux pour se glisser dans les tiags d'un loser alcoolisé et bedonnant, dont le quotidien se résume à tailler la route entre deux représentations miteuses en grande surface. Mais ça ne dure qu'un temps. Même affublé d'un stetson biseauté et d'une moustache atrocement touffue, le mec a la classe, la vraie de vraie. Et lorsqu'il croise la route d'une journaliste télé jouée par Jane Fonda, là on explose carrément les compteurs. Pour le plus grand plaisir des cinéphiles, le couple de La Poursuite Impitoyable se reforme le temps d'une escapade amoureuse au coeur des grands espaces de l'ouest américain. Et c'est juste somptueux. Entre les mains d'un tâcheron anonyme, Le Cavalier Électrique aurait probablement flirté avec le ridicule. Trop soap, trop attendu. Entre celles de Pollack, nous restons happés par ce truc impalpable qu'on appelle le charme. Fidèle à lui-même, le metteur-en-scène joue la carte de la séduction et ça fonctionne à plein régime.

Sous son vernis de comédie légère et en apparence inoffensive, Le Cavalier Électrique insuffle un grand et beau message. Fable écologique et lyrique, le film suit la destinée d'un homme qui s'est trompé d'époque, soudain mué par une quête de rédemption et de liberté. Sa fuite de nuit et à cheval le long des boulevards phosphorescents de Las Vegas compose un spectacle aussi anachronique que puissant. Et la description du monde de l'argent, dominé par le cynisme et l'arrogance, est particulièrement percutante pour ne pas dire cruelle. Mais l'on sourit autant qu'on se surprend à verser une larmichette, grâce à une alternance de moments purement comiques et de séquences laissant la part belle aux sentiments et à l'émotion. Le sens du cadre, l'équilibre du rythme, la qualité du montage, la précision de la direction d'acteurs... Rien n'échappe à l'oeil avisé du cinéaste. Tout est sous contrôle et jamais il ne relâche la bride, notamment lors d'une course poursuite chevaleresque au pied des montagnes de l'Utah. Nous voilà face à de l'artisanat dans le noble sens du terme. Pollack invoque la beauté des vastes étendues sauvages et d'une certaine manière celle du western classique hollywoodien. Il se pose en résistant et en défenseur de valeurs universelles, à une époque où son pays (et son art) commençait à ne jurer que par le consumérisme et la conquête capitaliste. Chapeau bas, l'ami.

Gabriel Reppetati






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Image:
Comme à son habitude, Carlotta livre une copie haute-définition imparable. L'image a été décrassée de fond en comble et le résultat est juste fabuleux. De jour comme de nuit, en ville comme en montagne, les contrastes sont puissants, les couleurs sont parfaitement étalonnées et la profondeur de champ impose le respect.

 


Son:
C'est un peu moins convaincant. Notamment au niveau de la version originale qui se révèle parfois brouillonne en ce qui concerne les dialogues. La VF est un peu plus ronde et ample. Du côté de la musique, on saluera les sympathiques ballades country de Willie Nelson, qui fait également partie du casting en tant que compagnon de beuverie du cowboy Redford.

 


Interactivité:
Bernie Pollack, le propre frère du réalisateur, fait le point sur la carrière à la fois stylée et attachante de Sydney Pollack. Un éternel romantique amoureux des belles histoires, mais également un observateur affuté des dérèglements et des injustices de son époque. Le deuxième item se concentre sur la course-poursuite qui oppose un Robert Redford à cheval à une horde de véhicules de police.

Liste des bonus: «Le costumier électrique: entretien avec Bernie Pollack» (29'), «Point de mire sur la poursuite» (13'), bande-annonce.

 
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