JAMES BOND 007 : TUER N'EST PAS JOUER
The Living Daylights - Angleterre / Etats-Unis - 1987
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Genre : Espionnage
Réalisateur : John Glen
Musique : John Barry
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français en DD 5.1, Français en DTS
Sous-titre : Français, anglais...
Durée : 130 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 8 novembre 2006
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après que Bond ait aidé un officier soviétique à traverser le Rideau de Fer pour passer à l'ouest, il découvre avec stupeur que celui-ci a été retrouvé et kidnappé. La piste le mène sur les traces d'une belle violoncelliste, Kara, qui va l'entraîner dans une suite de situations dangereuses, avec comme paroxysme une base militaire en Afghanistan où il doit stopper un trafic d'armes.
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Jeux de mains, Jeux de vilains

Et de quatre ! Tuer n'est pas jouer (The Living Daylights) marque effectivement l'arrivée d'un nouvel acteur dans le costume trois pièces de James Bond : Timothy Dalton. Un changement de physionomie qui entraîne logiquement une nouvelle orientation pour la série, laquelle tente de séduire un public profane tout en se rapprochant du Bond de Sean Connery.

 

Roger Moore se montrant désormais dans l'incapacité d'assumer le rôle de 007 (ou alors en chaise roulante, faut voir), la production repart dès 1986 en quête d'un nouvel interprète. Après être passée par Dalton (déjà envisagé en 74), Sam Neil (dont les essais présent sur le DVD sont bluffants) puis par un certain Pierce Brosnan qui sera obligé de se retirer à cause de son engagement sur la série Remington Steele, la production valide finalement à la volée son tout premier choix. Ironiquement, Dalton se retrouve largué dans l'aventure alors que le tournage est déjà entamé. Rien ni personne ne lui facilitera la tâche, l'artiste subissant de plein fouet la comparaison avec Connery et Moore et devant servir de véhicule à l'écran au virage à 180° qu'envisage la série. Se détachant clairement de l'esprit pop de ses prédécesseurs, cenouvel opus se veut plus réaliste, plus sec, plus 90's. Effectivement moins dandy que Moore et moins séduisant que Connery, Dalton se montre particulièrement crédible lors des scènes d'action (qu'il effectue sans doublure) et véritablement convaincant comme « vrai » agent secret. Déambulant les trois quarts du film avec un blouson de cuir en lieu et place du costard habituel, il se montre également d'un romantisme rare avec sa belle, carrément expéditif avec ses adversaires... Avec le recul, ce Bond nouveau ressemble étrangement à celui du récent Casino Royale !

 

Pas de bras, pas de chocolat

 

Le film a beau afficher toutes les meilleures intentions du monde, il peine à convaincre par autre chose que l'interprétation de Timothy Dalton qui, on l'affirme, se montrera bien plus intéressant dans son approche du personnage que Roger Moore ou Pierce Brosnan. De nouveau confié à John Glen (Dangereusement vôtre), le 15ème chapitre officiel  est sans cesse tiraillé entre les clichés dans lesquels s'est enfermée la licence et une ambition débordante. Pas crédible une seconde dès lors qu'il est question de gadgets, de scènes spectaculaires gratuites (la poursuite où l'étui à contrebasse est transformé en luge est particulièrement ridicule) et de méchants outranciers, le film est un régal dès qu'il montre un Bondnerveux,agressif et calculateur. Jamais totalement convainquant, cet épisode a bien entendu souffert d'une genèse difficile (arrivée tardive de l'acteur principal, scénario réécrit au fildu tournage, budget inférieur aux chapitres précédents) maisla mollesse habituelle du réalisateur n'est ici pas totalement innocente. Véritable brouillon de l'excellent Permis de tuer qui suivra deux ans plus tard et offrira au personnage l'un de ses chapitre les plus matures et les plus violents, Tuer n'est pas jouer est un film bancal. Un plantage qui sera bien trop souvent mis sur le dos de l'interprète principal, paradoxalement son atout majeur.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
L'argument premier de cette nouvelle collection, au-delà de ses documents d'archives exceptionnels et de ses nouveaux commentaires audio, concernait bien sûr la restauration des films à partir des copies originales, restauration particulièrement spectaculaire dans le cas des Sean Connery et des Roger Moore. En plus de retrouver leur exact format d'origine (certains cadres des précédentes éditions étaient tronqués), Dr. No, Bons baisers de Russie, Goldfinger, Opération Tonnerre et L'Espion qui m'aimait brillent aujourd'hui de mille feux, présentant une colorimétrie, un contraste et un piqué hallucinants. Les effets miniatures de Derek Meddings pour L'Espion qui m'aimait sont particulièrement mis à l'honneur, de la base maritime de Stromberg au navire gigantesque abritant une armada de sous-marins nucléaires. Même les scènes sous-marines impliquant la Lotus amphibie retrouvent leur puissance d'origine, la compression s'avérant de bout en bout parfaite (les bulles, vagues et autres brumes ne facilitaient en rien l'affaire). Seul regret : Dr No, pourtant le tout premier épisode de la saga, bénéficie d'une image tellement incroyable qu'elle eclipse totalement celles de l'ère Brosnan, Goldeneye et Demain ne meurs jamais ayant littéralement été oubliés dans cette opération de ravalement. Enfin, petit détail qui saura titiller les fans, la copie de Permis de tuer correspond bel et bien au montage non-censuré du film (des requins festoient, une tête explose et un homme maigrit à grand coup de rouleau compresseur), jusqu'ici introuvable en DVD.

 

Son :
Chaque film est aujourd'hui présenté en remixage Dolby Digital 5.1 dans les langues de Shakespeare et Molière, la version française héritant en sus d'une piste DTS variablement immersive (impeccable pour Goldfinger, beaucoup moins convaincante pour Moonraker). Les scores de John Barry et David Arnold, plus ou moins audacieux selon les épisodes et les époques (L'Espion qui m'aimait s'inspire du disco, Meurs un autre jour opte pour des basses électro), sont dans tous les cas mis en exergue, de même que les bruitages explosifs des films. Enfin, les génériques présentent des versions superbement restaurées de leurs chansons respectives, inoubliables (Goldfinger, L'Espion qui m'aimait), efficaces (Goldeneye), datées (Dangereusement vôtre) ou déjà ringardes en leur temps (Tuer n'est pas jouer). Dans l'ensemble, du très beau travail.

 

Interactivité :
Passée la redécouverte des métrages dans des conditions techniques jusqu'ici impensables, la collection Ultimate promettait un déluge de suppléments exclusifs et inédits, les éditorialistes de la MGM ayant fouillé des années durant les greniers d'Albert Broccolli. Les faits sont là, jamais les fans de James Bond n'avaient pu accéder à une telle interactivité, les documentaires massifs (plus d'une heure pour certains) succédant aux making of, aux rétrospectives, aux émissions télévisées d'époque ou encore aux images de tournage, le tout dans des menus cohérents d'une élégance toute bondienne.

Commentaires audio :
Joli effort, chaque film propose déjà au moins un commentaire audio, pour la plupart du temps enregistré spécialement pour ces nouveaux disques. Bel exemple, L'Espion qui m'aimait (de même que Moonraker, mais évitons d'en parler) réunit plusieurs décennies après son tournage le réalisateur Lewis Gilbert, le décorateur Ken Adam, le co-scénariste Christopher Wood et l'assistant de production Michael G. Wilson, tous nostalgiques d'un tournage où régnait bonne humeur et émulation. Sans rentrer réellement dans l'analyse thématique ou la décryption d'une mise en scène brillante, l'équipe témoigne de la fabrication hardue d'un métrage particulièrement ambitieux, qu'ils semblent redécouvrir avec passion après des siècles de silence. Parallèlement, Roger Moore consacre lui aussi à cet épisode un commentaire, expliquant entre un milliards d'anecdotes à quel point cet épisode fut son expérience bondienne la plus marquante. Pierce Brosnan, avant-dernier Bond en date, profitera lui aussi de Meurs un autre jour pour évoquer sa période, à travers un monologue jouissif et éreintant dépourvu de la moindre langue de bois. Enfin, les réalisateurs John Glen et Martin Campbell auront tout loisir de s'épancher sur leur labeur, tandis que les épisodes les plus anciens bénéficieront, à l'instar des anciennes éditions, de montages d'interviews savamment sélectionnées au fil des séquences.

Permis de restaurer : Disponible sur le second disque de Dr No, ce documentaire explique en un peu moins de douze minutes le processus de restauration dont a bénéficié la série. Passionnante et instructive, cette bobine permet de saisir l'ampleur du travail effectué non seulement sur ce premier épisode, mais également sur les épisodes suivants.

Les Dessous du MI6 : Dans cette nouvelle section dont profite chaque métrage sont rassemblés les documents d'archive inédits. Vieilles bobines 8mm du décorateur Ken Adam, retour sur les grandes Premières des films (histoire de se gargariser des people de l'époque), émission spécialisée d'époque sur l'Aston Martin de Goldfinger, junkets télévisés, bobines dédiées aux armes et aux gadgets, questions / réponses volées sur le feu des tournages, inauguration des studios 007 de Pinewood à l'occasion de L'Espion qui m'aimait (une date !), montage d'interviews savoureuses de Roger Moore sur le plateau du même film, tournages en Suisse (Au Service Secret de Sa Majesté), en Egypte (L'Espion qui m'aimait), à Rio (Moonraker), en Grèce (Rien que pour vos yeux), coulisses de scènes de combat (Les Diamants sont éternels), scènes en multi-angles, scènes coupées (Dangereusement vôtre), storyboards animés, voire essais d'acteurs envisagés pour le rôle (Sam Neill sur Tuer n'est pas jouer, et croyez-le ou non, il aurait fait un sacré Bond !)... De beaux trésors en perspectives, dont les plus enthousiasmants ne sont pas forcément les plus longs, car derrière certains programmes s'étalant sur près d'une heure (par exemple "Bienvenue au Japon Mr Bond" sur On ne vit que deux fois) se cachent des pubs gigantesques brodant laborieusement sur les éléments les plus célèbres de la saga : armes, gadgets, femmes et super vilains.

Documentaires : La somme de documentaires rassemblée au sein de cette collection frise l'indécent. Déjà présentés pour la plupart dans les DVD précédents (Dr. No, Goldfinger), les making of rétrospectifs (d'une durée variant entre 20 et 45 minutes) vont droit à l'essentiel, et apportent leur lot d'anecdotes et de révélations juteuses. Une poignée d'artistes (le metteur en scène Terence Young sur Dr. No, le décorateur Ken Adam sur L'Espion qui m'aimait, l'acteur Desmond Llewelyn, Q en personne, sur Au Service Secret de Sa Majesté, le producteur Albert Brocolli sur Les Diamants sont éternels, le créateur des génériques Maurice Binder sur On ne vit que deux fois) ont par ailleurs droit à un portrait en bonne et due forme par leur entourage ou les collaborateurs réguliers à la série, suppléments justifiant dans certains cas l'acquisition d'épisodes mineures. Dans ce lot de souvenirs, on retiendra enfin ceux, justement amers, de George Lazenby pour Au Service Secret de Sa Majesté, déçu d'avoir été évincé aussi farouchement de la série.Seul hic assez paradoxal : les épisodes les plus récents (l'intégralité des Brosnan par exemple) se voient boudés par les équipes de MGM, les making of rétrospectifs laissant place nette à des émissions d'époque interminables et absurdes, consacrées à l'instar de certaines curiosités des Dessous du MI6 aux gadgets, aux femmes et aux adversaires de Bond. Pire, l'édition "ultime" de Meurs un autre jour bénéficie certes d'un nouveau commentaire de Pierce Brosnan, mais perd au passage les deux tiers des suppléments du collector précédent, notamment un paquet de featurettes et un making of entier de 70 minutes. On a du mal à comprendre...

Les Missions de 007 : Amis des bonus inutiles, bonjour. Ce segment présenté en second disque ne propose en fait qu'une sélection d'extraits ciblés du film (cascades, gadgets, etc.), extraits directement accessible via le chapitrage en première galette. Du beau n'importe quoi.

Ministère de la propagande : Si vous aimez les bandes-annonces et les spots TV, cette section est faite pour vous. Une bonne occasion de se repencher en détails sur la manière dont la promotion cinématographique a évolué au fil des quarante dernières années.

Listes des bonus :  Commentaire audio, Archives de production, Archives promotionnelles, Making of, Featurettes, Documents d'archives, Banques d'images, Bandes-annonces / Spots TV

 

 
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