ESCALOFRIO
Espagne - 1977
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Genre : Horreur
Réalisateur : Carlos Puerto
Musique : Librado Pastor
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et espagnol mono
Sous-titre : Français
Durée : 79 minutes
Distributeur : Uncut Movies
Date de sortie : 20 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Escalofrio »
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LE PITCH
Ana et Andrés, un jeune couple d’amoureux, décident de partir en ballade pour profiter de leur week-end ensoleillé. Au cours de leur périple ils croisent la route d’un autre couple, Bruno et Berta, qui les aborde en prétextant les connaître et en évoquant auprès d’eux de lointains souvenirs d’école. Ana et Andrés, séduits par cette rencontre fortuite, acceptent de passer la soirée en leur compagnie mais à peine sont-ils arrivés dans la maison de leurs hôtes qu’un violent...
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le diable aux corps

Aperçu partiellement sur le marché français sous le nom Le Sang de Satan, le film espagnol Escalofrio retrouve enfin son montage intégral grâce au bien nommé Uncut Vidéo. Pas plus de sang, mais plus de sexe pour un traquenard satanique qui sait mettre ses arguments en avant.

Franchement méconnu en France (voir totalement oublié dans les tréfonds des mauvaises VHS), Escalofrio fit pourtant date en Espagne, venant rejoindre les symboles d'un relatif assouplissement de la censure du régime franquiste. Franco mis en terre deux ans plus tôt, certains se dirent ainsi qu'ils pouvaient enfin se livrer aux mêmes débauches que leurs voisins européens. Dommage pour Carlos Puerto, scénariste du sympathique Le Continent fantastique (Viaje al centro de la Tierra) très inspiré par Jules Verne et réalisateur du thriller El Francotirador avec Paul Nashy, qui va connaitre l'une des premières catégorisations S, soit une interdiction aux mineurs, équivalent au X français. Il faut reconnaitre que pour un pays qui a connu un régime moralement étouffant pendant presque 40 ans, la nudité exposée frontalement et généreusement dans Escalofrio a du donner quelques frissons. Une sexualité qui n'a cependant rien de gratuit puisqu'elle nourrie naturellement la nature même d'un film qui tend à explorer avec sérieux et conviction un piège dans lequel une secte satanique entraine un jeune couple un peu trop naïf.

 

le pacte


Une approche sans doute trop didactiquement exposée par son introduction laborieuse dans laquelle le pseudo spécialiste en démonologie Dr Jimenez De Oso, qui explorait alors les grands mystères foireux de notre monde dans sa propre émission télévisée. Elle est beaucoup plus convaincante dans une scène d'exposition relativement gratuite où une très jolie femme se fait violer par un prêtre satanique devant le reste de son culte, avant d'être poignardée froidement. Inégal, Escalofrio est toujours réussi quand il reconstitue avec précision quelques rites démoniaques, dispose des symboliques bien senties et décrit avec naturel un couple relativement ordinaire. Comme cette simple scène dans la salle de bain, montrant ces deux personnages dans le plus simple appareil sans détour mais sans voyeurisme, se titillant avec amusement avant de s'enlacer amoureusement en pensant à leur enfant en devenir. Un peu de tendresse dans une demeure des plus inquiétantes, dirigées par cet autre couple, libertin, affirmé, mais aussi violent, sadique et... cannibale. Quelques rares détails gores bien amenés, une séquence de cauchemar tordu, si Escalofrio souffre parfois de petites langueurs, Carlos Puerto connait son métier et fait naitre une atmosphère morbide et angoissante plutôt efficace. Et ce même lorsqu'il se confronte directement à son modèle Rosemary's Baby de Roman Polanski dans un final aux révélations glaçantes. Mais étrangement la séquence la plus remarquable, reste cette superbe séquence d'orgie réunissant les quatre amants dans une étreinte presque douce, sensuelle, filmée avec délicatesse et chaleur... Attirant et donc totalement hérétique.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Petite copie mais traitée avec soin, celle d'Escalofrio se montre agréablement propre avec une absence de véritables défauts de pellicule (pas de taches ou autre griffures visibles), mais faiblit parfois sur les couleurs (un peu ternes) et la gestion du grain (légèrement neigeuse par instant). Pour du DVD le rendu général est tout à fait convaincant même si l'éditeur a manifestement du composer avec une matière un peu fluctuante et une définition oscillante.

 


Son :
Classiquement les pistes audio sont glissées dans leurs mono d'origine avec une mouture espagnole tout à fait clair et sobre et un doublage anglais un peu moins convaincant que l'on peut percevoir comme une petite curiosité. Pas de doublage français cependant, ce dernier ne concernait à l'époque de toute façon qu'un montage très charcuté du film.

 


Interactivité :
Nouveau Mediabook pour Uncut Movies avec cette fois-ci deux visuels disponibles au choix sur leur site (et au passage l'élégance de ceux-ci devraient servir d'exemple à quelques confrères), pour un contenu bien entendu identique. Un poster, un livret d'une trentaine de pages qui retrace avec sérieux les grandes années du cinéma d'horreur espagnol (avec tout plein d'inédits sur notre territoire), sans oublier les suppléments vidéos présents sur le DVD. Auteur de la revue Vidéotopsie et d'ouvrage sur des thèmes aussi poétiques que la collection Gore et l'oeuvre de de Bruno Mattei, David Didelot signe une longue et très complète présentation du film, évoquant son contexte culturel et sa distribution souvent censurée, et retraçant à la fois les grandes lignes du genre et les carrières des visages les plus connus. L'ensemble s'achève par une note d'originalité avec le court métrage français La Maison des Ténèbres, essais courageux jouant avec peu sur les ambiances et les peurs psychologiques.

Liste des bonus : Un livret de 32 pages, Un poster collector, Escalofrio : érotisme et satanisme à Madrid par David Didelot (50'), La Maison de Ténèbres : court-métrage de Jonathan Faugeras (25'), Galerie de photos, Bandes-annonces.

 
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