ALITA : BATTLE ANGEL
Etats-Unis - 2019
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Alita : Battle Angel »
Réalisateur : Robert Rodriguez
Musique : Junkie XL
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos, Dolby True HD 7.1, DTS HD Master Audio 2.0, & Français DTS-HD 5.1…
Sous-titre : Français, Anglais, allemand, italien…
Durée : 121 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 24 juillet 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Alita : Battle Angel »
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site officiel
LE PITCH
Le XXVIème siècle. Après une guerre dévastatrice, Zalem est la dernière des cités célestes, suspendue au dessus des bidons villes d'Iron City. Parmi les montagnes de déchets que Zalem déverse chaque jour, un scientifique spécialisé en cybernétique, Dyson Ido, découvre le corps d'une cyborg qu'il baptise Alita…
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Gunnm n'Roses

L'histoire est connue de tous les geeks de la planète. Après quinze ans de development hell, James « King of the World » Cameron, trop occupé pat Avatar et ses innombrables suites, finit par refiler l'adaptation du Gunnm de Yukito Kishiro à Robert Rodriguez. Pour beaucoup, un choix inquiétant puisque le mexicain est capable du meilleur comme du pire et que sa filmographie est loin de témoigner de la même exigence que celle du réalisateur de Terminator. Bien plus complexe qu'il n'y paraît, le résultat est une œuvre bicéphale à la fois fidèle au matériau original et au cinéma de Cameron et au cœur de laquelle Rodriguez parvient à faire entendre sa voix. Vous avez dit inattendu ?

A longueur d'interviews promos, Rodriguez l'a pourtant répété ad nauseam. Il n'est qu'un mercenaire au service de la vision de James Cameron. Un exécutant appliqué et respectueux. Ni plus, ni moins. On aimerait bien le croire. Mais le réalisateur d'Une Nuit en enfer, de Desperado et des Spy Kids ne s'est manifestement pas contenté d'appliquer servilement les notes de son prestigieux producteur. Avant de tourner le moindre plan, Robert Rodriguez s'est impliqué dans la réécriture du scénario pondu par Cameron et Laeta Kalogridis. Après élagage, le pavé de presque 200 pages a été ramené à un shooting script plus raisonnable de 130 pages. On pourra toujours fantasmer sur ce qui a disparu du produit fini (et des ellipses parfois abruptes qui en résultent) mais il est préférable de s'attarder sur ce que les personnages y ont gagné.
En apparence, tous les thèmes du cinéma de Cameron répondent présent. Une héroïne forte, une histoire d'amour compliqué au romantisme le plus pur, un regard dédiabolisé sur les prouesses de la technologie et de la science (on ne juge un « outil » que sur ce que l'on en fait, pas sur sa nature supposément destructrice). Mais, qu'il s'agisse d'Alita, de Hugo ou d'Ido, Rodriguez a ajouter son grain de sel, un thème profondément ancré dans chacun de ses films : la quête d'identité.

 

sushi y tacos


Le mariachi jadis campé par Antonio Banderas, la Juliette Lewis d'Une Nuit en enfer, les lycéens de The Faculty, Marv dans Sin City, Cherry Darling dans Planet Terror et même ce bon vieux Machete : tous ces personnages ont en commun de ne pas (ou de ne plus) vraiment savoir qui ils sont avant que l'action ne vienne bouleverser leur destin et les amener à se remettre en cause. Chez Rodriguez, les fusillades, les empoignades et les morts en cascades agissent comme des révélateurs. Le constat est le même pour Alita, plus proche d'une Alexa Vega ou d'une Rose McGowan que d'une Linda Hamilton ou d'une Sigourney Weaver. Une petite chose, si fragile en apparence, mais indestructible et meurtrière une fois coincée au pied du mur. Magnifique de bout en bout, parfaitement servie par la Performance Capture des magiciens de Weta Digital, Rosa Salazar incarne la quintessence de la Femme selon Rodriguez, une nouvelle Eve née dans les flammes d'une guerre lointaine et ressuscitée en amoureuse transie et redoutable.
Dans le personnage d'Ido (Christoph Waltz, enfin libéré de ses rôles de salauds et de ses tics), scientifique talentueux refusant de servir la soupe à des entertainers sans foi ni loi, Rodriguez exprime son indépendance toujours vivace. Qu'on ne s'y trompe pas : s'il a toujours su s'effacer devant des artistes qu'il admire (Tarantino, Frank Miller, Cameron), le mexicain demeure un électron libre.
Quant à Hugo, le garçon du bidonville qui rêve d'un monde (d'un cinéma?) meilleur et des sommets luxueux de Zalem, il n'est pas autre chose qu'une relecture des personnages interprétés par David Arquette et Freddy Rodriguez dans Roadracers et Planet Terror, l'ado rebelle et opiniâtre auquel s'accroche Robert Rodriguez depuis ses débuts.
Trois personnages qui ne cessent de tourner leur regard vers Zalem, avec envie, défiance ou curiosité. Un homme, semblable à un dieu puisque sans doute immortel, règne en maître absolu sur la mégalopole suspendue: interprété par un Edward Norton non crédité et méconnaissable, il est le sosie troublant de James Cameron. Les deux cinéastes ont collaboré mais aucun ne s'est écrasé face à l'autre. Un angle d'attaque autrement plus passionnant que la métaphore politique de CM2 d'un Elysium, le blockbuster neuneu de Neill Blomkamp plagiant déjà plusieurs des éléments imaginés par Yukito Kishiro dans son manga phénomène.

S'il a beau pêcher par excès de propreté et de politesse (il aurait fallu un R au lieu d'un PG-13 frustrant), que le score de Junkie XL ne ressemble à rien et que les méchants sont à peine effleurés, Alita : Battle Angel prouve, comme le Ghost in the Shell mal-aimé de Rupert Sanders, que les américains peuvent adapter une œuvre japonaise sans la trahir, avec déférence et intelligence. Laissez vos a priori sur le bas côté et ne boudez pas votre plaisir, la surprise n'en sera que plus grande.

Alan Wilson














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Image :
Candidat idéal pour un transfert 4K, Alita : Battle Angel ne déçoit pas. Outre une incroyable profondeur de champ héritée d'un tournage en 3D native et une riche palette de couleurs, le gain en définition valide le travail des infographistes de Weta sur l'intégration d'Alita auprès de ses congénères humains. Le grain de peau est d'un réalisme presque palpable et l'animation est proche du photo réalisme absolu. Si vous voulez convaincre vos potes d'investir dans un système Ultra-HD, vous ne trouverez pas de meilleur argument.

 


Son :
Pour un blockbuster de ce calibre, on pourrait s'attendre à ce que les pistes son fassent feu de tout bois, quitte à s'attirer la haine permanente de ses voisins et une explosion du caisson de basse en fin de visionnage. Le résultat est autrement plus subtil et exigeant. Si les scènes d'action font le taf, les déambulations dans les rues d'Iron City ou la bagarre dans le bar des chasseurs de prime foisonnent d'ambiances magnifiquement découpées et immersives à souhait. En VF comme en VO.

 


Interactivité :

Sans se départir d'un discours promo très classique (on va finir par croire que faire du cinéma équivaut à se balader auprès des bisounours en chevauchant un petit poney), l'interactivité évite soigneusement la surenchère de featurettes pour se révéler plus informative que la moyenne. Premier sur la liste des suppléments, « Le monde d'Alita » propose des séquences animées (sommairement) dans le simple but de combler les trous et de développer l'univers du film mais se révèle plus fastidieux qu'autre chose. On est bien loin de l'époque d'Animatrix où l'on confiait de beaux budgets à des animateurs de génie pour faire vivre une franchise hors du grand écran. Robert Rodriguez oblige, on a également droit à une leçon de cuisine un peu gratuite et inutile mais sympathique.
On attaque les choses sérieuses avec un making of de près d'une demi-heure qui aborde l'intérêt de Cameron pour le manga, l'écriture du scénario, les dessins de production, l'entrée en scène de Robert Rodriguez, l'implication d'un Yukito Kishiro un peu gêné d'être accueilli sur le tournage comme un dieu vivant et le défi technologique que représente le personnage d'Alita. Un comparatif entre les scènes à l'état « brut » (sans ajout des SFX) et le résultat final confirme l'utilisation de décors en dur et un tournage à la fois physique et tactile (la scène de l'orange, à priori banale, est un véritable exploit technologique en soi). La vidéo de démonstration réalisée en 2005 pour vendre le projet aux investisseurs vaut également son petit pesant de cacahuètes en mélangeant dessins de production, pages du manga original, extrait du scénario et animatiques rudimentaires. Le reste des suppléments s'ingère sans passion : un sujet sur le Motorball, un sujet sur le manga et son créateur, un sujet sur Alita et une table-ronde avant la projection du film à Londres où les grands noms du film déballe un bon paquet de banalités sur un ton poli. A boire et à manger donc.

Liste des bonus : Le Monde d'Alita / L'adaptation du manga au cinéma / L'évolution d'Alita / Motorball / La projection à Londres : Questions-Réponses / Apprenez à cuisiner le chocolat en 10 minues avec Robert Rodriguez / Vidéo de démonstration de 2005 / Déconstruction des scènes

 
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