DUMBO (2019)
Etats-Unis - 2019
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Tim Burton
Musique : Danny Elfman
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, Dolby Digital Plus 7.1 français…
Sous-titre : Français, néerlandais, anglais, allemand…
Durée : 112 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 31 août 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Holt Farrier, une ancienne gloire du cirque, voit sa vie complètement chamboulée au retour de la guerre. Max Medici, propriétaire d’un chapiteau en difficulté, le recrute pour s’occuper d’un éléphanteau aux oreilles disproportionnées, devenu en quelques temps la risée du public. Mais quand les enfants de Holt découvrent que celui-ci peut voler, l’entrepreneur persuasif V.A. Vandevere et l’acrobate aérienne Colette Marchant entrent en jeu pour faire du jeune pachyderme une vé...
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La marche des derniers éléphants

Le Livre de la Jungle, La Belle et la bête, Le Roi lion et bientôt Mulan (et beaucoup d'autres)... Dans ce révisionnisme live de ce qui faisait l'identité créatrice du studio Disney, apparait le fragile Dumbo, petit éléphant que Tim Burton aide à s'envoler.

Recyclant à l'infini ses titres les plus connus et souvent les plus rentables, le studio Disney a entamé une mécanique qui a rapidement tourné à l'industrie de masse où les nouvelles versions ressemblent le plus souvent à des photocopies baveuses. Et perdu depuis bien longtemps dans une succession éreintantess de relectures sans inventions, Tim Burton ne semblait pas, de prime abord, à même de faire dérailler le train. Sans suspens, il n'y arrive pas vraiment d'ailleurs, mais il se livre avec ce Dumbo a une bataille énergique et étonnante avec la grosse machine qu'il dirige. Un remake donc, d'un film d'animation léger à destination des petits et dépassant tout juste les 60 minutes, avec un cahier des charge qu'on imagine imposé, obligeant de recaler quelques images connues, des chansons oubliées et autres détails d'un cartoon qui optait autrefois pour le point de vue des animaux. De la souris savante il ne reste quelques plans, de la cigogne un envol brièvement calé, de la furie des mamans éléphants quelques cadres subjectifs... Si scénaristiquement cette premier partie se révèle assez laborieuse, décousue et un peu forcé, les trouvailles du metteur en scène pour jouer avec les références sont bien plus subtiles que les citations horripilantes de Jon Favreau sur Le Livre de la jungle.

 

when i see an elephant fly


Un mieux certainement et l'amorce d'une déclinaison du classique de 1941 vers une chronique bien plus complexe d'un groupe d'artistes marginaux, figures des cirques d'autrefois, qui vont découvrir la gloire éphémère grâce aux prouesses de leur adorable éléphant volant. Centré sur le vétéran Holt Farrier (Colin Farrell), ex-cowboy acrobate aujourd'hui veuf et manchot, ses enfants plein d'esprit puis la séduisante et fière trapéziste Colette Marchant (Eva Green), le Dumbo de 2019, prend des allures avec sa photographie léchée et ultra colorée, de divertissement un peu rétro et relativement prévisible. Sauf qu'ici Burton bataille pour se réapproprier son outil, faisant de son directeur de cirque Max Medici (Danny DeVito) une allégorie troublante de sa carrière gâchée par les sirènes des grands studios personnifiés ici par le magna du divertissement V.A. Vandevere. Une contraction inquiétante et schizophrène du Max Schreck de Batman Returns et de Walt Disney. L'occasion pour le trop rare Michael Keaton de retrouver son génie théâtral et pour le film de s'inscrire dans un décor fastueux, baroque mais aussi angoissant, version décadente des joyeusetés du Disneyland californien. Quelques dialogues gentiment subversifs, une célébration de l'artisanat face à l'industrialisation du divertissement, le film reste cependant une production de major à l'attention du grand public et se doit de rester tout de même relativement sage. Un film constamment bipolaire où Tim Burton réussit heureusement a retrouver même sa verve visuelle et poétique à quelques occasions (le spectacle des éléphants roses, le plan séquence d'ouverture, les clairs-obscures intimes, l'ile des horreurs...) redonnant même, le temps d'une évasion pleine d'illusion, toute sa magie à sa petite troupe de bonimenteurs. Burton ne peut pas encore crier victoire, mais la bataille ne manque pas de panache.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Intégralement capturé en numérique, le nouveau Dumbo se montre pourtant excessivement généreux en textures. Les variations de tissus, la fabrique des bois, les détails de la peau (humaine et animale) sont souvent impressionnants de finesse et de précision si on excepte quelques éléments (le premier vol à dos de Dumbo par exemple) où les images de synthèses combinées sont rattrapées par la réalité. Tout aussi soutenues, les couleurs sont éclatantes, même sous les éclairages les plus sombres avec d'ailleurs dans ces moments là une intensité admirable sur les jeux de lumière. Splendide.

 


Son :
Etonnamment sobre, le DTS HD Master Audio 7.1 de la version originale joue certes sur la dynamique aérienne propre au métrage, installe confortablement les dialogues et délivre la charmante BO de Danny Elfman avec clarté, mais le spectateur a constamment l'impression qu'il manque quelques chose. Un peu plus d'intensité, voir de puissance, des effets de foule trop timorés ou des atmosphères de parc qui semblent bien lointaines. Rien de vraiment grave, mais c'est un peu dommage. Très équivalent et honorable, le doublage français est proposé dans un Dolby Digital Plus 7.1 qui fait le job.

 


Interactivité :
Sans demander une édition pachydermique (désolé) un tel projet méritait certainement bien plus qu'une courte série de featurettes promotionnelles. Un pas vers les acteurs et leurs personnages, un autre vers les costumes et les décors sans oublier l'indispensable création technique du nouveau Dumbo. Reste pour conclure le programme un petit bêtisier, un item sur les clins d'œil pas cachés, un clip insupportable et enfin quelques scènes coupées. Si on s'étonne de ne pas y trouver les éléments narratifs manquant au film (coupés dès le script ?), certaines viennent creuser brièvement Colette ou la relation entre Holt et ses enfants.

Liste des bonus : Les acteurs (8'), Les secrets de Dumbo (6'), Conçu pour émerveiller (8'), 9 scènes coupées (8'), Les références (3'), Clowneries (2'), « Baby mine » interprété par Arcade Fire, Bandes annonces.

 
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