BLEEDING STEEL
机器之血 / Ji qi zhi xue - Chine, Hong-Kong - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Bleeding Steel  »
Réalisateur : Leo Zhang
Musique : Fei Peng
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 109 minutes
Distributeur : AB Vidéo
Date de sortie : 21 août 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Une invention biochimique permet de sauver la fille malade de Lin Dong, un inspecteur de police de Hong Kong. Mais cette invention révolutionnaire est convoitée par un mystérieux groupe criminel. Afin de la protéger, Lin Dong n’a pas d’autre choix que cacher sa fille loin de lui. Malheureusement, les criminels finissent par retrouver sa trace et Lin Dong va tout faire pour la protéger…
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Plaie ouverte

Précédé d'une réputation calamiteuse et d'une sacrée déculottée au box-office chinois, Bleeding Steel est enfin visible en France. L'occasion de retrouver un Jackie Chan increvable... Même si on peut se demander comment il a pu se relever d'une telle gamelle.

L'icône de la kung-fu comedy n'a jamais pris sa retraite, et ce même après son long et calamiteux passage du côté des grosses comédies américaines. En Chine, le vétéran enquille encore et toujours les projets, alternant entre les documentaires pour la protections de la nature, les doublages de dessins-animés et bien entendu les grosses productions presque entièrement montées sur son simple patronyme. Inutile de préciser que la flamboyance des années 80/90 est depuis longtemps dissipée, mais il y a encore quelques beaux restes comme le rigolo et nostalgique Chinese Zodiac. Soixante-ans passés et le petit dragon continue à jouer les trublions et les héros aux grands cœurs avec une frénésie impressionnante. Rien que pour 2017, on compte quatre longs métrages (dont le thriller honorable The Foreigner avec Pierce Brosnan) et deux animés américains en synthèse. Trop peut-être ? Car aux côtés du carton local du surestimé Kung Fu Yoga, il y a l'accident industriel Bleeding Steel. De prime abord tout ressemble à une production Jackie Chan lambda de ces dernières années avec un tournage essentiellement censé se dérouler dans une Australie plus exotique, un casting international (avec des occidentaux pas très gentils) et deux jeunes costars chanteurs de tubes : Show Lo (vu tout de même dans l'extraordinaire The Mermaid de Stephen Show) et Na-Na OuYang. Et pour les séquences de combats les plus rapides et spectaculaires ? On peut compter ici sur l'inconnue mais convaincante Erica Xia-Hou. Sauf que Bleeding Steel n'a rien d'un titre ordinaire dans la filmo de Jacky : c'est un film de science-fiction.

 

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Enfin se voudrait de la SF, avec un soupçon d'anticipation acrobatique et de space opera italien. Et on est bien incapable de trouver une quelconque logique dans ce scénario totalement schizophrénique hésitant entre la farce teenage pimpante, le polar sombre et tragique, le grand mélodrame larmoyant sur la séparation forcé entre un père et sa fille et un techno-thriller à la chronologie cafouilleuse. Souvent impénétrable, l'histoire générale perd clairement pied dès la sortie de la scène d'ouverture - plutôt réussie elle - et s'embarque dans une contraction violente entre une pluie de sous-plot piqués à une série tv sur fond de course effrénée après un secret scientifique improbable. Et ce dernier est convoité par une armée des vilains échappés des Power Rangers, usant de leur fusil laser avec autant de précision qu'un stormtrooper. Et un vaisseau spatial piqué à Star Trek en prime...Bien entendu, pas une once de second degré à l'horizon, Jackie Chan et sa troupe semblent y croire dur comme fer, avec un petit œil humide pour marquer le coup. Difficile de ne pas pouffer devant un tableau aussi incompréhensible, collage hasardeux et calamiteux de tout et de rien. Jeune réalisateur balancé dans la gueule d'un monstre au budget de 65M de dollars (il n'en a rapporté que 48), Leo Zhang se vautre dans une direction artistique terriblement datée (le fluo, vraiment ?) et un montage clipesque censé dynamiser le tout. Reste tout de même pour relever le niveau, le savoir-faire de Jackie Chan et son école de cascadeur / acteurs martiaux, qui délivrent un gunfight sous la pluie assez spectaculaire, une poursuite sur le toit de l'Opera de Sidney et quelques combats tout en souplesse. L'honneur est sauf, mais la pilule est très dure à avaler.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Capturé avec les meilleures caméras numériques 3.2K, Bleeding Steel se donne des airs de superproduction internationale. Le Bluray rend à la perfection cette explosion de détails, cette profusion de matières et de couleurs pétantes avec une précision redoutable et musclée. Trop parfois même, surtout lorsque dans la séquence suivante quelques manipulations synthétiques en post-production font glisser dangereusement le tout vers un mélange de blur et de banding beaucoup moins spectaculaire. Un petit manque de stabilité à la source, mais le Bluray reste techniquement inattaquable.

 


Son :
On mettra de coté le doublage français toujours aussi épineux sur les films asiatiques pour privilégier naturellement la mouture originale majoritairement en mandarin et parfois en anglais (ça fait plus cool). Le DTS HD Master Audio 5.1 est en l'occurrence très généreux dans les scènes d'action, emportant l'installation avec énergie aux rythmes des chorégraphies, cascades et explosions avec une dynamique bien troussée et une puissance non feinte. Le rendu est peu plus chiche sur les ambiances ou les scènes plus calmes, mais rien d'étonnant vu l'identité du film.

Liste des bonus : Bande annonce.

 
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