COLD SWEAT (DE LA PART DES COPAINS)
Italie, France, Belgique - 1970
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Genre : Action, Thriller
Réalisateur : Terence Young
Musique : Michel Magne
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 28 août 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Les anciens complices de Joe réapparaissent dans sa vie, menaçant de bouleverser l’existence à présent rangée de l’ancien truand. Pris au piège du chantage, il est contraint de les aider…
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avec des potes comme ça...

Tourné en plein milieu de sa fructueuse période européenne, Cold Sweat, alias De la part des copains, était en 1970 une énième machine entièrement échafaudée sur les solides épaules de Charles Branson. Un héros viril, froid et sec, à qui on ne la fait pas. Même sur la côte niçoise.

Le sourire aux lèvres (si, si), le t-shirt noir moulant, les muscles bronzés saillants et les pieds lovés dans une paire de chaussures bateau, Charles Bronson est « l'américain » du port de Nice, ancien truand qui va être rattrapée par son passé sous la forme d'un gang de truands disparates et pas franchement à la hauteur. Défendre son nouveau mode de vie apaisée, son bateau et dans une moindre mesure sa femme et sa fille, Bronson est en terrain connu même s'il faut reconnaitre que son personnage est moins taciturne que d'habitude et sans doute un poil plus ambigu. Tourné dans la foulée des succès d'Il était une fois dans l'Ouest, Adieux l'ami, Les Passagers de la pluie ou La Cité de la violence, Cold Sweat est une coproduction européenne certes très classique à la fois dans ses emprunts vagues au film noir et dans son action purement B movie (d'où cette sensation constante de visionner un Jason Statham avant l'heure), mais reste tout de même un peu bizarroïde.

 

l'ennemi de mon ennemi


Déjà par son casting, hétéroclite et improbable ou à côté des gueules Jean Topart et Luigi Pistilli, on croise tout de même l'excellent Michel Constantin qui s'essaye à la bagarre avec la tête d'affiche, un James Mason en leader fatigué et même la grande Liv Ullman de Ingmar Bergman. Comme un instantané du cinéma du vieux continent, dirigé par l'artisan Terence Young, célèbre pour avoir mis en boite trois classiques de James Bonds (James Bond contre Dr No, Bons Baisers de Russie et Opération Tonnerre), un peu moins pour ses autres essais où bien souvent sa mise en scène trop pépère ne faisait pas de miracle. C'est malheureusement un peu le cas ici, son rythme à Papa peinant clairement à dynamiser un scénario rarement crédible malgré un roman source signé par l'illustre Richard Matheson (Je suis une légende) et quelques dialogues bien troussés où l'on reconnait la patte d'Albert Sominin (auteur des romans Les Tontons flingueurs et Le Cave se rebiffe). Entre l'efficacité américaine d'un Bronson, 50 ans toutes ses dents et son mordant, qui tord des cous et savate sèchement dans les ascenseurs, et un contexte généreusement franchouillards (paysages, humour et dialogues), la curiosité est souvent titillée jusqu'à être récompensée par un vrai morceau de bravoure prenant la forme d'une intense poursuite en voiture dans les rues de Nice, puis les landes avoisinantes. Une longue prouesse, excessive et totalement gratuite (il faut l'avouer) et donc indispensable dont l'intensité est entièrement au crédit du maitre du genre, Rémi Julienne.

Aussi crédible que l'apparition d'une Jill Ireland en hippie hystérique, De la part des copains avec ses petits airs de nanar sauvé des eaux, n'a pas changé la face du cinéma ni fait dévier la carrière bien lancée de Mister Bronson, mais reste avec la distance un petit actionner des familles, tranquille et viril qui marquait la première collaboration de l'acteur avec Terence Young. Suivra directement le beaucoup plus spectaculaire Soleil Rouge, western pop où il partage l'affiche avec le copain Alain Delon, Toshiro Mifune et Ursula Andress.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
En dehors de deux-trois brefs plans manifestement constitués d'une source plus abimée, le nouveau master de Cold Sweat est d'une qualité surprenante. Les couleurs sont bien balancées et joliment saturées, les contrastes marqués et les noirs s'imposent harmonieusement. Le grain surtout, très présent, est plutôt bien géré avec une matière naturelle qui dans la majorité des cas n'entame pas la définition. Et tout ça sans trace notable d'utilisation d'un lissage numérique.

 


Son :
Rien à redire, les deux pistes monos d'origine retrouve leur clarté et leur efficacité première avec des DTS Master Audio 2.0 limpide et sobre. Pas d'instabilité ou de perditions à noter.

 


Interactivité :
Nouveau volume de la collection Make My Day, et même si on peut douter de la pertinence de l'intégration d'un tel film, l'éditeur a gardé la même ligne directrice concernant les suppléments. On retrouve donc la présentation, moins enthousiaste que d'habitude, du directeur de collection JB Thoret, suivie d'une longue interview de Philippe Setbon. Un touche à tout, ancien de Metal Hurlant, scénariste de Détective pour Godard, réalisateur de Mister Frost avec Jeff Goldblum et de divers téléfilms et séries pour la télévision française, il est invité ici pour son livre sur Charles Bronson. Locace, l'intervenant dessine efficacement les particularités de la star, retrace son étrange carrière et évoque plus concrètement Cold Sweat tout en délivrant quelques anecdotes bien sympathiques sur le bonhomme.
Du coté des archives, l'édition a de nouveau pioché du coté de l'émission belge Cinévision pour un programme entier dédié à Michel Constantin. Un personnage et une interview passionnante qui va faire plaisir aux cinéphiles.

Liste des bonus : Présentation de Jean-Baptiste Thoret (7'), Cold Sweat vu par Philippe Setbon (44'), Emission Cinévision consacrée à Michel Constantin (52').

 
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