SHAZAM !
Etats-Unis - 2019
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Shazam !   »
Réalisateur : David F. Sandberg
Musique : Benjamin Wallfisch
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français Dolby True HD Atmos, Dolby Digital 5.1 français, hongrois…
Sous-titre : Français, anglais, portugais, grec…
Durée : 132 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 7 août 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Shazam !   »
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site officiel
LE PITCH
On a tous un super-héros qui sommeille au fond de soi… il faut juste un peu de magie pour le réveiller. Pour Billy Batson, gamin débrouillard de 14 ans placé dans une famille d’accueil, il suffit de crier « Shazam ! » pour se transformer en super-héros. Ado dans un corps d’adulte sculpté à la perfection, Shazam s’éclate avec ses tout nouveaux superpouvoirs. Est-il capable de voler ? De voir à travers n’importe quel type de matière ? De faire jaillir la foudre de ses mai...
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Il y a bien longtemps (avant les eighties)

Le monde des super-héros costumés se divise en deux catégories : ceux dont l'univers, le style et la force de frappe font saliver d'avance à l'idée de leur transposition sur grand écran... et ceux dont la désuétude, l'accoutrement et parfois même le nom sont comme une épine dans le pied du studio qui sera obligé de s'y coller tôt ou tard. Dans la première catégorie, celle des valeurs sûres, on trouve par exemple The Punisher, Batman ou Wolverine. Dans la seconde, celle des essais qu'il s'agira tant bien que mal de transformer en croisant les doigts, on pourrait citer Wonder Woman, Captain America ou... Shazam !

Fut un temps où le succès public de Shazam en bande dessinée était comparable à celui de Superman. Il s'appelait alors Captain Marvel. Mais ça, c'était avant ! Aujourd'hui Captain Marvel est devenu un autre super-héros, chez l'écurie concurrente dont il possédait déjà le nom, et les hasards du calendrier font que sa première apparition au cinéma - sous les traits de Brie Larson - a précédé d'à peine un mois celle qui nous intéresse ici. D'ordinaire, Marvel prend peu de risques et cartonne à tous les étages avec ses Avengers et leurs déclinaisons successives. Dans le camp de DC en revanche, on a toute une galerie de héros devenus embarrassants qui ont eu leur heure de gloire dans les années 1940, mais déjà passés de mode lorsque les Spider-man, Iron Man et autres X-Men cartonnèrent en librairie vingt ou trente ans plus tard ; c'est peut-être cette culture du défrichement, de la « première main », qui explique la politique beaucoup plus téméraire des adaptations Warner/DC au cinéma, avec les immenses réussites et les mémorables cassages de gueule que cela peut supposer.
On se demande en l'occurrence ce qui a pu présider au choix de David Sandberg, réalisateur suédois de deux films d'épouvante parrainés par James Wan (lui-même réalisateur d'Aquaman - la réponse est peut-être dans la question !), pour mettre en image le personnage solaire et décontracté de Shazam. Toujours est-il qu'en l'état, le film n'est pas tant un concurrent direct à Captain Marvel qu'une réponse au moins récent Spider-Man Homecoming, lequel embrassait les thématiques et la tonalité du teen movie en profitant du jeune âge de son héros.

 

skadoosh ! 


Visant de fait un public très large, Shazam ! se montre très décomplexé dans sa représentation du super-héros rétro (Zachary Levi, moins méconnaissable que dans les deux suites de Thor, et qui arbore ici une naïveté dans le costume, l'attitude et le sourire publicitaire déjà plus tellement assumée du temps de Superman version Christopher Reeve), mais tout autant dans l'univers qui gravite autour de lui, avec ses Sept péchés capitaux en forme de gargouilles monstrueuses, son super-vilain monolithique (Mark Strong, toujours très efficace dans ce registre, mais qui se contente de décalquer ses précédentes prestations type John Carter) et son magicien de parc d'attraction campé par un Djimon Hounsou en mode cosplayer. De ce point de vue, le film ne cache pas ses options esthétiques, ni la relativité de ses ambitions en rendant l'enveloppe corporelle de Shazam aussi embarrassante qu'idéale pour celui qui la porte - ou en situant notamment son climax au cœur d'une modeste fête foraine !

En fait, plutôt que vers le Man of Steel de Zack Snyder ou le Wonder Woman de Patty Jenkins (réadaptant eux-mêmes, en les actualisant, de très vieilles figures-phares du monde des comics), le film de Sandberg lorgne davantage vers une tonalité à la Kung Fu Panda ! Non seulement il emprunte à la trilogie de Dreamworks l'un des gags les plus drôles de son deuxième opus, mais il entretient avec elle une réelle parenté thématique avec son personnage d'orphelin qui déboule dans une famille recomposée et disparate (ici la famille d'accueil : un couple et ses cinq enfants et adolescents hébergés). Le même sujet les traverse également les deux œuvres : celui de la famille - un thème éculé comme aucun autre, auquel Shazam ! prête néanmoins une définition propre : n'est « famille » qu'une somme d'individus qui s'agrègent naturellement entre eux par leur seule volonté et font équilibre. La trajectoire de Billy n'est pas celle du protagoniste qui trouve ou retrouve une famille, mais celle de l'individu qui la construit à sa juste place. Ni liens du sang (par ailleurs méchamment torpillés dans le film), ni liens du sol, du genre et de l'appartenance ethnique ou communautaire n'ont leur place dans cette définition. Familles unies ou disfonctionnelles, nucléaires ou symboliques, peuplent logiquement le métrage à cette fin.

Mal logé dans son époque, Shazam ! risque de ne pas s'attirer le succès facilement ; mais la vraie question est de savoir comment il trouve, en tant qu'objet particulier, sa place dans la famille protéiforme des productions Warner/DC. À coup sûr, celle du film familial, un peu hors des canons qui commencent décidément à scléroser la masse des blockbusters ; le film pour ceux qui en ont marre de l'exploitation trop évidente de la culture geek des eighties, marre des bandes originales à l'enclume et au marteau signées Hans Zimmer, marre du cynisme pseudo-moderne ; le film pour les enfants rêveurs, pour ceux qui préfèrent encore le divertissement peu offensif aux révolutions artificielles. Et pour les pandas.

Morgan Iadakan
Un Autre Avis :

« Tiens, la Warner se met enfin à produire des films de super-héros...
Pas cassant, mais décontracté et plutôt fun, Shazam ! est une adaptation plutôt réussie de l'humour bon enfant et teen du comic. » 4/6

Nathanaël Bouton-Drouard









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Image :
A l'instar du précédant Aquaman, Shazam ! a été enregistré en 3.5K avant de passer par la magie des nouvelles technologies en 4K avec un réétalonnage profitant largement des capacités HDR. Si sur Bluray, malgré une tenue générale plutôt carrée, on aperçoit encore quelques petites sorties de bruits numériques, ces derniers sont totalement effacés en UHD. Le Bluray 4K apporte donc une stabilité et une précision beaucoup plus impressionnante ainsi qu'un travail bien plus fluide, chaud et naturel sur la palette colorimétrique.

 


Son :
Cela fait longtemps que la Warner a totalement intégré les mix Dolby Atmos sur ses galettes (aussi bien Bluray que 4K d'ailleurs) et cela s'entend. Une fois encore le mélange de déflagration de puissance, de finesse des ambiances, de fourmillement des détails auditifs et de clarté constante fait des merveilles sur un film comme Shazam !

 



Interactivité :
Rien de bien neuf dans la section bonus de Shazam ! mais la catégorie reste assez conséquentes avec quelques curiosités comme cette BD un peu animée en forme de scène supplémentaire, un reportage sur le tournage, le bêtisier prévésible et une featurette consacrée à la dernière castagne. Plus conséquent et pertinent, le making of n'arrive jamais à se délester de son ton promotionnel mais réussit tout de même à évoquer sobrement la gestation du projet, et il est complété pour les origines BD du personnage par un item très efficace d'à peine 6 minutes. Reste une pelleté de scènes coupées, avec début et fin alternatifs, quelques gags supplémentaires avec la famille de Billy, qui certes ne font pas avancer la dramaturgie mais lui donne un peu plus de rondeur.

Liste des bonus : Le Monde magique de Shazam (27'), Sur le tournage avec Zachary Levy (3 ‘), Scènes coupées et alternatives (38'), Bêtisier (3'), Les origines de Shazam ? (6'), Etude de scène (10'), Valeurs familiales (6'), Comics animé exclusif : « Le super-héros fait l'école buissonnière ».

 
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